Vincent Ganne Business Development Manager chez Tradingview France
Stratégiste de marché, analyse technique des marchés financiers, formateur, intervenant sur BFM Business.
Diplômé d’Audencia Nantes, l’école supérieure de commerce de Nantes, et du diplôme international d’analyse technique des marchés financiers (CFTe 2). Approche globale des …
(BFM Bourse) - Le Dollar américain a fini la semaine au plus bas pour la 8ème semaine consécutive notamment à cause d'une croissance domestique faible et d'un raffermissement de l'appétit pour le risque. Les solides profits des entreprises et le soulagement entrainé par les tests de résistance des banques européennes ont tiré les marchés actions vers le haut. Les chiffres du logement ont encouragé l'optimisme alors que les ventes de biens durables en déclin de 1% relançaient les craintes quant à une croissance ferme de la plus grande économie du monde. La deuxième lecture du PIB est tombée à 2.4% après 3.7% au trimestre précédent ce qui va aussi dans ce sens. Cependant, la surprise créée par l'indice PMI de Chicago et celui du Michigan concernant la confiance des consommateurs ont renforcé l'appétit pour le risque, ce qui a pesé sur le billet vert.
Le PIB du premier trimestre a connu une amélioration de 1% à sa lecture finale porté par une montée de l'investissement dans le privé de 14.7% à 29.1%, les compagnies augmentant leurs achats d'équipements et de logiciels. Cette tendance a continué au second trimestre avec une autre augmentation de 28.8% palliant la consommation des particuliers en berne. L'amélioration des dépenses dans le privé pourrait être un prélude à un avenir favorable. Toutefois, le dernier rapport du Livre Beige est venu tempérer ces bons chiffres faisant état d'améliorations dans 12 régions mais des avancées seulement modestes concernant les ventes au détail, la construction et le logement. « Une reprise inégale »est et restera semble-t-il le message de la FED au regard de sa politique monétaire mais est-ce le bon message ? Le membre du comité de la FED Bullard a exprimé ses inquiétudes qu'une telle rhétorique pourrait finir par faire caler l'économie et mener à la déflation.
Le chiffre le plus important de la semaine sera le NFP (chiffre de l'emploi) de ce vendredi. Sont attendus 60 000 destructions d'emplois et un taux de chômage à 9.6%. Des chiffres mitigés pourraient continuer de peser sur la devise de référence et son rôle de refuge ne semble pas prêt de le tirer d'affaire.
Parallèlement à cela, l'Euro s'inscrit toujours dans un rally haussier débuté début juin et le voici la paire EUR/USD à 1.31 USD, son niveau de mai dernier. Or, la semaine à venir pourrait le voir consolider d'autant que la BCE devrait maintenir ses taux inchangés pour le moment. En même temps, les résultats des tests de résistance des banques européennes ont apparemment calmé les marchés et les tensions autour du système bancaire européen alors que seules 7 des 91 banques ont échoué aux tests. La transparence fait son retour ce qui devrait jouer en faveur de la monnaie unique.
La prudence reste de mise. En effet, la BCE a fait état de perspectives prudentes concernant l'économie et elle attend des banques un resserrement des normes d'emprunt pour les mois à venir sachant que le système financier reste fragile. Point positif au niveau économique, l'indice CPI (consumer price index) est ressorti en hausse à périmètre comparable à 1.7% en Juillet contre 1.4% marquant ainsi un plus haut depuis novembre 2008 et plaidant pour un changement de rhétorique de la part de la BCE concernant les taux afin de garantir la stabilité des prix. A ce sujet Mr Trichet s'attend à voir une reprise inégale tout comme aux USA pour la fin de l'année voire la suivante ce pourquoi les taux ne bougeraient pas. A cela, il ajoute que la situation reste délicate d'autant que les gouvernements opérant sous la devise unique se débattent actuellement pour remettre à flot leurs finances publiques et abaisser leurs déficits budgétaires. Par conséquent, le consensus des intervenants s'attend à des taux inchangés à 1% en août.
Aujourd'hui, ce ne sont pas tellement les taux d'intérêt qui agitent les marchés pour la Zone Euro mais c'est encore et toujours les questions de dette, de mesures d'austérité et de crédibilité vis-à-vis des opérateurs. C'est en ce sens que la conférence de presse de Mr Trichet est importante, même si celui-ci s'attache à ne donner aucun détail à ce sujet restant sur le fait que le mandat premier de la BCE est le contrôle des prix. La volatilité devrait donc aussi être au rendez vous ce jeudi sur la paire EUR/USD.
Graphique hebdomadaire

En données hebdomadaires, les 38.2% que nous attendions à 1.312 USD ont été atteints et les acheteurs n'en démordent pas, la paire cotant plus de 1.325 USD à l'heure actuelle. Dans cette périodicité le prochain objectif théorique se situe à 1.35 USD soit les 50% de retracement de la baisse débutée début 2010 mais il faudra s'affranchir des 1.325 USD au préalable. A la baisse, en cas de non confirmation du dépassement des 38.2% en cours de clôture à 1.312 USD, un retour vers les 1.3 USD puis la moyenne mobile à 20 semaines actuellement vers 1.283 USD serait envisageable.
Les plus prudents pourront matérialiser une partie de leurs gains sur les cours actuels. Profondément positif depuis les plus bas de la paire jusqu'au 1.3 USD, je passe désormais de haussier à neutre. Même si une accélération devait avoir lieu, je pense que l'EUR/USD doit respirer.
Graphique journalier

A plus court terme, les 1.3 USD ont volé en éclat et une accélération haussière puissante a suivi en direction des objectifs théoriques que nous avions escomptés à 1.312 puis 1.325 USD. Malgré l'alerte baissière de vendredi dernier avant le PIB américain, les velléités baissières ont rapidement été contrecarrées et les acheteurs rassurés par la bonne tenue du cross. A la hausse, au-dessus des 1.325/1.33 USD et étant donné le caractère puissant du mouvement en place, les 1.35 USD pourraient bien être ralliés. A l'inverse, une consolidation pourrait prendre forme sur les cours actuels et seul un retour au-dessous des 1.312 USD dans un premier temps remettrait à plus tard ces perspectives haussières.
Il faudra désormais faire preuve de prudence au vu des indicateurs techniques comme le RSI et la stochastique qui pointent en zone de surachat. La paire la plus liquide du monde s'est appréciée de plus de 1300 pips en seulement deux mois et évolue à proximité de niveaux significatifs. Même si il convient de suivre la tendance, il faudra ajuster ses stops en conséquence. Les vendeurs prendront leur mal en patience et continueront d'attendre une figure de retournement, un élément graphique et/ou fondamental significatif avant de prendre position. Seuls les plus offensifs habitués aux stratégies spéculatives mettront à profit la zone de résistance des 1.325 USD profitant ainsi d'un timing optimum.
Pour finir, tout comme je l'avais fait lorsque le Dollar index flirtait avec ses plus hauts de 2008/2009, j'attire votre attention sur le fait que le Dollar index flirte avec les 50% de retracement de sa hausse de 2010 et un support psychologique et technique à 80 points. Il se « pourrait » qu'un rebond ne serait-ce que technique prenne forme dans cette zone ce qui plaiderait également pour des mouvements contraires sur la paire EUR/USD.
Graphique hebdomadaire

FXCM – Département Recherche