Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Le patron de Wells Fargo étrillé devant le Sénat américain

Marché : Le patron de Wells Fargo étrillé devant le Sénat américain

La Sénatrice Elizabeth Warren a eu des mots dévastateurs pour le patron de Wells Fargo.La Sénatrice Elizabeth Warren a eu des mots dévastateurs pour le patron de Wells Fargo.

(Tradingsat.com) - "Manager lâche", "Fraudeur" et "Bon pour la prison" ! La commission bancaire du Sénat américain a proprement pulvérisé en place publique John Stumpf, le patron de Wells Fargo, la vieille dame de la banque américaine.

C’est une tradition américaine bien établie, en cas de dysfonctionnement du système financier : le Sénat aime faire passer ses banquiers malhonnêtes sur le grill. Et même quand on s’appelle Jamie Dimon (patron de JPMorgan), et Lloyd Blankfein (Goldman Sachs, 2 fois), la commission des affaires bancaires est impitoyable dans ses réquisitoires et ses commentaires. L’enjeu est capital pour l’opinion publique.

Mais c’est sans doute John Stumpf, président de la très réputée Wells Fargo, une des plus vieilles banques américaines, fondée à San Francisco aux temps de la Conquête de l’Ouest, qui a dû subir ces derniers jours les attaques les plus violentes jamais entendues au sein de l’institution américaine.

Gonflage artificiel des comptes

John Stumpf était entendu à propos d’un dossier récemment réglé "à l’amiable" par sa banque, via le paiement d’une amende de 185 millions de dollars. Wells Fargo, entre 2011 et 2016 au moins, a reconnu avoir truqué ses comptes et s’être livré à des pratiques commerciales illégales.

Mise en difficulté par des opérations malheureuses sur des crédits à risques pendant la crise de 2008, Wells Fargo a tenté de redresser ses finances via ce qui a toujours fait sa force : la banque de détail. Mais l’enquête des régulateurs bancaires a révélé que la banque avait utilisé des moyens totalement illégaux pour gonfler ses chiffres.

Wells Fargo plaide coupable

Vente forcée de nouveaux comptes bancaires aux clients, ouverture de faux comptes, trucage comptable… Avec même à la clé une pression maximale sur les commerciaux pour qu’ils réalisent des objectifs aussi fous que "faire en sorte que chaque client ait 8 comptes".

Des pratiques que le patron John Stumpf, en préambule à l’audition, a dit "profondément regretter", tout comme le fait de n’avoir "pas réagi à temps pour empêcher ces pratiques malhonnêtes". Il s’est également dit prêt à assumer ses responsabilités, même s’il refuse de reconnaître que ces pratiques constituaient pour autant une "stratégie orchestrée".

"Incroyable lâcheté"

Des excuses loin d’avoir convaincu les sénateurs. Et la plus virulente aura été Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusets. Son réquisitoire, long et argumenté, ressemble à une véritable exécution en place publique.

"Vous vous rendez compte qu’après ce qu’on vous reproche, vous n’avez pas démissionné, vous n’avez pas rendu un centime aux clients qui ont été floués, ni nettoyé vos instances dirigeantes… votre pratique du management repose sur une incroyable lâcheté", dit-elle. Et ce n’est qu’un début.

Employés pressurés, clients trompés

"Il y a vraiment quelque chose qui me rend folle, là-dedans" poursuit-elle. "Si un de vos conseillers bancaires est pris à voler dans la caisse, ça se termine en prison, non ? Vous, vous avez pressurés vos employés jusqu’au burn-out pour tromper vos clients, et faire grimper le cours de votre action en bourse !"

"Et quand le pot-aux roses a été découvert" continue, implacable, Elizabeth Warren, "vous conservez votre emploi, vos primes de plusieurs millions de dollars… Et vous avez le toupet de débarquer sur les plateaux de télévision pour rejeter la faute sur vos employés, qui travaillaient 12 heures par jour pour tenter de réaliser vos objectifs délirants ? Monsieur, vous devriez au mieux démissionner, et être livré à la justice ainsi qu’aux autorités boursières !"

Fraude caractérisée

John Stumpf répond ensuite aux question des sénateurs, visiblement peu ébranlé par la violence du réquisitoire de la sénatrice, et expliquant que ce genre de pratique, le "Cross Selling" de produits financiers à l’origine, n’est pas illégale.

Mais le Sénateur de Pennsylvanie, Pat Toomey, en remet une couche. "Ah non, je regrette, ce n’était pas du "Cross-Selling". Ne pas informer les clients de ce qu’on fait de leur argent, ça s’appelle de la fraude caractérisée, Monsieur".

"Envoyer les banquiers en prison"

Le reste de l'audition de John Stumpf se passera mal, et va immanquablement faire revenir l’ensemble des protagonistes au débat sur la généralisation des pratiques bancaires illégales, et du besoin de régulation et de sanctions plus sévères à ce niveau.

C’est la Sénatrice Warren qui concluera d’ailleurs : "Les banquiers de Wall Street ne sont jamais responsables de rien, à les écouter. Pas plus maintenant que lors de la crise de 2008, quand ils ont ruiné le système financier. Les choses ne changeront que quand la justice les enverra enfin en prison. Sans cela, ça restera "Business As Usual".

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...