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Valeo : Marqué par la révision en baisse des ambitions dans l'électrification, le plan stratégique de Valeo déçoit

mardi 10 décembre 2019 à 11h30
Valeo déçoit le marché, son titre corrige mardi matin

(BFM Bourse) - L'équipementier automobile français a dévoilé mardi ses nouveaux objectifs financiers à horizon 2022, mais ceux-ci sont froidement accueillis par le marché. En cause notamment, l'abaissement des perspectives de la coentreprise avec Siemens dans le domaine de l'électrification haut voltage. Très bien orienté depuis deux mois, le titre Valeo corrige donc lourdement mardi à la Bourse de Paris.

Valeo déçoit le marché et celui-ci le fait savoir. Le titre de l'équipementier qui affichait une hausse de près de 25% sur les deux derniers mois lundi en clôture, cède 4,6% -plus forte baisse du SRD à ce stade- à 34,01 euros mardi vers 10h30, dans un marché parisien lui-même en net repli (-0,83% pour le CAC 40). En cause, la présentation du nouveau plan stratégique et des nouveaux objectifs financiers à horizon 2022 du groupe lors de sa journée investisseurs.

Doublement des flux de trésorerie, communication sur l'Ebitda et non plus sur l'Ebit

Dans un communiqué publié lundi après Boure, l'équipementier automobile a annoncé viser un doublement de son flux de trésorerie disponible sur la période 2020-2022, à un niveau compris entre 1,3 et 1,5 milliard d'euros, et un chiffre multiplié par deux par rapport à la période 2017-2019. Sur la même période, Valeo ambitionne également d'atteindre une croissance organique de son chiffre d’affaires supérieure d'environ 5 points à celle de la production automobile mondial et une marge d'Ebitda supérieure à 15% du chiffre d'affaires d'ici 2022 (à comparer à 12,8% l'an dernier).

"Le groupe communiquera désormais sur l’Ebitda (et non plus sur l'Ebit), avec une définition qui intègre les dividendes de la co-entreprise avec Siemens (Valeo Siemens eAutomotive), dont les pertes sont donc désormais exclues" relève Michael Foundoukidis, analyste en charge du secteur automobile chez Oddo BHF. "Pourquoi communiquer uniquement sur l’Ebitda, [un indicateur] qui masque l’intensité capitalistique et donc une partie des coûts comme les dépréciations et amortissements ?" s'interroge également Pierre-Yves Quemener, qui suit le dossier pour Mainfirst.

Objectifs nettement abaissés sur la co-entreprise avec Siemens

En outre, concernant la co-entreprise avec Siemens, qui se présente comme un acteur majeur dans le domaine de l’électrification haut voltage, "les objectifs ont été largement abaissés" par rapport à ceux énoncés précédemment, note Sascha Gommel, analyste chez Jefferies. De fait, le groupe évoque désormais un chiffre d'affaires de 1,4 milliard d'euros en 2022, contre plus de 2 milliards d'euros auparavant (l'atteinte de ce dernier niveau étant reportée à 2024).

Cette nouvelle guidance constitue "sans doute une déception" pour le marché, selon Michael Foundoukidis, qui précise dans sa note sur Valeo publiée ce matin que "la co-entreprise a enregistré depuis sa création (en 2016, NDLR) des pertes bien plus importantes que prévu (le PDG indique avoir investi 1.2 milliard d'euros sur la période 2017-2019 avec Siemens)". La mise à jour de ces perspectives était donc "très attendue" selon le spécialiste du secteur.

Michael Foundoukidis constate tout d'abord que "le groupe ne le mentionne pas, mais il nous semblerait logique que la porte soit désormais ouverte à un décalage du rachat des 50% appartenant à Siemens au-delà de 2022". Ensuite, le groupe a donc procédé à une "baisse prononcée (-30%)" de ses objectifs initiaux, "que de nouvelles hypothèses de production plus prudentes ne peuvent, selon nous, totalement expliquer". "Face à cela, le groupe vise désormais une marge d’Ebitda de 8% en 2022 et de plus de 12% en 2024 (versus un objectif précédent d’une marge en ligne avec le groupe en 2022) ainsi qu’un free cash-flow à l’équilibre en 2022" développe l'analyste. "Même en 2024, la rentabilité de ce joint-venture serait significativement en dessous de la moyenne groupe" déplore ainsi Pierre-Yves Quemener.

"Si nous apprécions la meilleure visibilité sur la trajectoire, ces nouveaux objectifs nous confortent dans notre opinion prudente sur la JV qui, sur le plan financier, restera dilutive pour au moins les cinq prochaines années" regrette également Michael Foundoukidis, qui n'est de surcroît, "pas convaincu, sur un plan stratégique, de l’intérêt pour un équipementier comme Valeo d’être présent dans ce métier (notamment dans les moteurs) compte tenu de la forte pression concurrentielle y régnant et de l’incertitude quant aux perspectives court-moyen terme"

"Valeo fera moins de 50% des objectifs de 2019 fixés en 2017"

La chute du titre de l'équipementier mardi matin est également à mettre en perspective avec la performance du titre sur l'année 2019, expliquent de concert les analystes interrogés par BFM Bourse. "La performance du titre depuis le 1er janvier 2019 atteint +34% alors que Valeo fera moins de 50% des objectifs de 2019 fixés en 2017 et que sa génération de cash restera faible" souligne ainsi Thomas Besson, analyste chez Kepler Cheuvreux.

"Sur le plan boursier, il nous semble que le titre a largement anticipé ces annonces (revalorisation de 71% malgré révisions en baisse du bénéfice par action 2020) et intègre désormais un profil opérationnel et financier pour l’équipementier au moins en ligne avec les nouveaux objectifs (qui restent à atteindre)" détaille Michael Foundoukidis. "En effet, poursuit l'analyste, le titre se traite désormais sur un "price-earning ratio" (ratio cours sur bénéfices) 2021 de 11, correspondant à une prime par rapport à la moyenne du secteur (de 10 fois les bénéfices), et nous n’attendons pas de révisions en hausse suite à la journée investisseurs".

"Ainsi, sur le plan fondamental, il nous semble difficile d’envisager une poursuite du rerating du titre à court terme et nous maintenons notre opinion "alléger" [...] Au sein des équipementiers, nous privilégions Plastic Omnium sur qui nous sommes à l'achat et qui offre des perspectives plus attractives (croissance similaire mais davantage de progression de marge et un FCF plus soutenu) et une valorisation plus faible (price-earning ratio inférieur à 10 en 2021 avec taux de flux de trésorerie disponible d'environ 8% sur 2020-2022)" conclut l'analyste.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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