(BFM Bourse) - La banque canadienne a entamé le suivi de Thales avec une recommandation à "surperformance", équivalent d'acheter sur le titre. L'établissement loue les perspectives de croissance affichées par la société.
Plutôt une valeur consensuelle (11 analystes sur 17 recommandent d'acheter son action), Thales obtient un soutien supplémentaire en la personne de Royal Bank of Canada.
L'établissement canadien a initié sa couverture sur un ensemble d'actions du secteur de la défense en Europe, dont celle de Thales.
Royal Bank of Canada a ainsi initié son suivi avec un conseil à "surperformance", équivalent d'acheter, et un objectif de cours de 330 euros. Cette cible confère un potentiel de près de 25% à l'action au cours de clôture de lundi (267,4 euros).
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"Vive La Défense"
Dans sa note intitulée "Vive La Défense", la banque canadienne loue les perspectives de croissance de la société, qui se combinent à un bilan opération "robuste" et à une valorisation peu exigeante.
En particulier, Royal Bank of Canada souligne les opportunités de la division défense de Thales qui représente environ 55% de ses revenus et demeure le point d'attention principal du marché.
"Nous voyons (Thales) comme faisant partie des groupes les mieux placés pour profiter des tendances de dépenses de défense en Europe", écrit la banque canadienne.
L'établissement estime que ce segment clef affichera une croissance de 15% par an en données comparables entre 2025 et 2030, soit davantage que l'ensemble des groupes de défense qu'il couvre (+12% sur la même période et même +10% en excluant Rheinmetall).
Cette surperformance s'explique par l'exposition géographique du groupe qui dérive notamment 37% de ses revenus de la France, où le marché de l'approvisionnement en équipement militaire devrait progresser de 20% par an, selon les estimations de la banque.
Le SAMP-T comme source d'opportunités additionnelles
Par ailleurs, le "mix produit" de Thales est le bon, juge Royal Bank of Canada. Thales est ainsi bien positionné pour répondre aux deux priorités de l'Europe qui sont l'adoption de nouvelles technologies (missiles, systèmes de défense aériens, drones) et le rééquilibrage des dépenses vers le naval et le terrestre au détriment de l'aérien.
Royal Bank of Canada s'avère, par ailleurs, beaucoup plus optimiste sur le résultat opérationnel ajusté que le consensus. La banque canadienne retient un montant d'environ 5,5 milliards d'euros en 2030 (après 2,74 milliards d'euros en 2025), soit 20% de plus que le consensus.
À ce scénario de base, Royal Bank of Canada liste une série de catalyseurs supplémentaires qui pourraient encore gonfler le résultat opérationnel ajusté de l'entreprise et le faire passer à 6,5 milliards d'euros en 2030.
Le programme spatial Iris² pourrait augmenter les revenus de Thales d'un maximum d'1 milliard d'euros d'ici à 2030. Le projet "Bromo" qui propose de combiner en une seule coentreprise les activités spatiales d'Airbus, Thales et Leonardo ajouterait une partie des économies de coûts captées par Thales (160 millions d'euros).
Le redressement de la division "cyber et digital", (cybersécurité, cartes à puces pour les services bancaires, solutions de connectivité pour l'internet des objets, solutions biométriques) pourrait par ailleurs dépasser les objectifs de la société, considère la banque. Et si la croissance ne venait pas à décoller dans cette division, la direction pourrait être tentée de la vendre, juge Royal Bank of Canda.
La plus grande source d'"upside" (de potentiel supplémentaire), comme on dit le dans le jargon, provient toutefois du système SAMP-T, pour "systèmes sol air moyenne portée terrestre", un système de missiles de défense contre les attaques aériennes qui peut être utilisé contre des avions de chasse, des drones, des missiles de croisière et certains missiles balistiques.
Thales conçoit ce système avec le missilier européen MBDA qui, considère Royal Bank of America, est devenu une alternative crédible au système rival américain Patriot.
"Plusieurs pays européens ont montré de l'intérêt pour le système, le Danemark ayant signé le premier contrat d'exportation européen en 2025", souligne la banque canadienne.
"D'autres contrats pourraient générer un important potentiel de gains, en supposant un besoin du marché pour 400 systèmes de missiles intercepteurs supplémentaires (selon les commentaires de l'OTAN et les installations européennes existantes) et une part de marché de 20 % (compte tenu de la domination continue du Patriot, ainsi que de la croissance des exportations israéliennes), cela représenterait une opportunité totale adressable de 15,6 milliards d'euros pour Thales – avec des contributions possibles au chiffre d'affaires de un à quatre milliards d'euros en 2030".
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