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Stellantis : Grâce au bond des volumes, Stellantis renoue avec les bénéfices et génère de nouveau du cash, mais la rentablité déçoit et les stocks aux États-Unis inquiètent, l'action chute de 4,5%

Aujourd'hui à 08:25
Stellantis renoue avec les bénéfices

(BFM Bourse) - Le constructeur automobile a annoncé des résultats en hausse, portés par la croissance des livraisons, notamment en Amérique du Nord, sa région clef. Mais le niveau des stocks aux États-Unis préoccupent les analystes, ces dernières semaines.

Comme le résume assez bien Bernstein, Stellantis reste une "show me story", c'est-à-que la société se doit de faire ses preuves auprès du marché pour regagner sa confiance.

Le groupe a connu une véritable déchéance boursière à compter du printemps 2024 (l'action perd 71% sur trois ans) , plombé par des stocks élevés aux États-Unis qui ont fini par entraîner un plongeon de ses ventes.

L'an passé la société a accusé une perte opérationnelle de 842 millions d'euros et une perte nette de plus de 22 milliards d'euros, lestée par de lourdes dépréciations sur ses actifs industriels dans l'électrique.

Le nouveau directeur général, Antonio Filosa, s'est efforcé de corriger les travers d son prédécesseur, Carlos Tavares (accent exagérément mis sur les réductions coûts et sur le "pricing power", pertes de parts de marché).

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Le dirigeant a dévoilé en mai son plan stratégique pour relancer le constructeur, baptisé " "FaSTLAne 2030" ("voie rapide 2030"). Ce projet acte un recentrage sur l'Amérique du Nord et sur quatre marques, à savoir Jeep, Ram, Peugeot et Fiat.

Si la feuille de route proposée aux investisseurs s'est avérée plutôt convaincante, les analystes ont globalement estimé que Stellantis doit surtout démontrer qu'il exécute bien stratégie.

Autrement dit, le constructeur né en 2021 de la fusion entre Fiat Chrysler et Peugeot SA, doit pouver chaque trimestre qu'il est sur la bonne trajectoire.

Le cash revient

C'est dans ce contexte que le constructeur automobile a publié ce jeudi 30 juillet ses résultats du deuxième trimestre.

D'avril à fin juin, le groupe a dégagé des revenus en hausse de 13% à 43,48 milliards d'euros. Le chiffre d'affaires a été soutenu par une hausse des volumes, Stellantis ayant précédemment indiqué que ses livraisons avaient progressé de 10% au deuxième trimestre, avec notamment un bond de 38% en Amérique du Nord.

Le résultat opérationnel courant du groupe a grimpé de 263% à 773 millions d'euros, traduisant une marge de 1,8% contre 0,6% un an plus tôt.

Le flux de trésorerie industriel de la société est redevenu positif à hauteur d'1 milliard de dollars, après un décaissement de 1,9 milliard d'euros sur le précédent trimestre et un flux positif de 31 millions d'euros au deuxième trimestre 2025.

Le résultat net est repassé dans le vert à 293 millions d'euros contre une perte nette de 1,87 milliard d'euros un an plus tôt.

Point crucial, le résultat opérationnel ajusté en Amérique du Nord, région clef de Stellantis, est redevenu positif à 284 millions d'euros pour une marge de 1,6% contre -3,2% un an plus tôt. A contrario, l'Europe est restée dans le rouge avec un taux de -0,6% contre -2,2% sur la même période de 2025.

Données "inquiétantes" sur les stocks aux États-Unis

À l'issue de ce trimestre, Stellantis a confirmé ses objectifs 2026, à savoir une progression de ses revenus autour de 5% et une marge opérationnelle ajustée "low-single-digit", c'est-à-dire entre 1% et 3%. Le groupe compte par ailleurs brûler moins de cash en 2026 qu'en 2025.

À la Bourse de Paris, l'action Stellantis dévisse toutefois de 5,7% en début de séance.

Citi note que la marge opérationnelle ajustée déçoit, avec un taux de 1,8% contre un consensus (la prévsion moyenne des analystes), calé à 2,4%.

"En Europe, la marge a manqué son objectif de 0,3 point, tandis qu'en Amérique du Nord, elle a manqué son objectif de 1 point", développe de son côté Bernstein.

"Alors que Stellantis continue d'enregistrer une évolution positive en glissement annuel, avec notamment une très bonne performance en termes de coûts industriels (2 milliards d'euros), les résultats du deuxième trimestre 2026 par rapport au premier trimestre 2026 se sont révélés décevants compte tenu de la hausse du chiffre d'affaires d'environ 5 milliards d'euros d'un trimestre à l'autre", déplore Citi.

"La marge opérationnelle ajustée en Amérique du Nord est restée stable (d'un trimestre à l'autre, NDLR), tandis que l'Europe a enregistré une perte au deuxième trimestre 2026 en raison de la très faible évolution des prix sur le marché européen", ajoute la banque.

Citi déplore ainsi le manque de levier opérationnelle de Stellantis, c'est-à-dire sa faible capacité à faire croître ses bénéfices avec la hausse de ses revenus.

Par ailleurs, l'important aux yeux du marché se trouve peut-être ailleurs. Ces derniers mois, les chiffres de ventes aux États-Unis font quelque peu sourciller, car les rabais s'avèrent de plus en plus généreux tandis que les stocks augmentent à nouveau. Au début du mois, Citi évoquait des données "inquiétantes" sur mai et juin.

"Pour soutenir les ventes aux États-Unis, étant donné le manque actuel et continu de nouveaux moteurs de croissance pour les modèles, Stellantis maintient des incitations (des promotions, des rabais, NDLR) les plus élevées par voiture sur le marché américain, à 4.995 dollars par voiture, contre 3.208 dollars pour Ford et 3.953 dollars pour General Motors", expliquait la banque américaine.

"Stellantis a augmenté les incitations sur presque tous ses modèles clés en juin, à l'exception de RAM, dont les incitations restent de toute façon plus élevées que celles des concurrents, à 6.806 dollars contre 4.900 dollars pour le Ford F150 et 5.700 dollars pour le GM Silverado", poursuivait l'établissement.

"Pendant ce temps, alors que les stocks sur l'ensemble de l'industrie américaine restent bien contrôlés à 2,7 millions d'unités, en hausse de seulement 100.000 depuis le début de l'année, mais encore à seulement 49 jours de ventes, les stocks de Stellantis ont bondi à 391.000 en juin, soit 94 jours", écrivait encore Citi.

UBS écrivait, dans une note "preview" des résultats trimestriels, que l'action Stellantis dépendait désormais davantage des niveaux de stocks que des résultats.

"Nous voyons des risques pour Stellantis à cause de l'accumulation de stocks chez ses concessionnaires, ce qui pourrait entraîner des arrêts prolongés des usines et des baisses de prix (comme au second semestre 2024)", prévenait de son côté HSBC dans une note publiée le 23 juillet.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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