Nicox : "Nos interlocuteurs attendent les derniers résultats de phase 3" Lundi 28 juillet 2008 à
17:15
(Tradingsat.com) - Le second semestre 2008 sera décisif pour le naproxcinod, le composé phare
développé par NicOx dans le traitement des signes et symptômes de l'arthrose. Michele Garufi,
PDG de NicOx, fait le point sur la situation à l'occasion de la publication des résultats
semestriels de la société de biotechnologies.
Tradingsat.com : Le programme Naproxcinod est entré dans sa dernière ligne droite. Etes-vous de
plus en plus confiant ?
Michele Garufi : D'ici à la fin de l'année 2008 en effet, tous les résultats des essais
cliniques les plus importants – les études 302 et 303 de phase 3 menées chez des patients
souffrant d'arthrose du genou et de la hanche, et les deux études cliniques de Mesure Ambulatoire
de la Pression Arterielle (MAPA) aux Etats-Unis – seront connus. Nous avançons conformément à
notre calendrier en vue d'un dépôt de dossier d'autorisation de mise sur le marché auprès de
la FDA à l'été 2009. Ma confiance dans le projet ne date pas des derniers communiqués. Tous les
résultats sont allés dans la même direction positive jusqu'à présent. Mais comme dans un
match, il faut attendre la dernière minute pour connaître le résultat.
Tradingsat.com : Le potentiel commercial du naproxcinod pourrait varier du simple au triple en
fonction des résultats...
Michele Garufi : Nous n'avons pas vraiment d'inquiétude sur l'efficacité du produit dans le
traitement des signes et symptômes de l'arthrose. Et à vrai dire nous ne craignons pas non plus
de grands effets secondaires, parce que le naproxcinod dérive d'un produit connu, le naproxène,
auquel nous avons ajouté une fonction de donneur d'oxyde nitrique. C'est sur cette fonction que
repose la sécurité du profil de tension artérielle du produit. Celle-ci ne doit pas augmenter,
surtout chez les patients à risque. Si nous y parvenons, la mise en vente du naproxcinod pourra se
faire avec la mention des données sur la pression artérielle dans la notice du médicament, ce qui
est important pour la future commercialisation du produit. Le marché visé par le naproxcinod sera
alors le plus vaste possible. Les agents anti-inflammatoires actuellement utilisés dans le
traitement de l'arthrose ont en effet souvent été associés des effets secondaires importants,
qui ont entraîné l'arrêt de la commercialisation de plusieurs d'entre eux.
Tradingsat.com : Avez-vous une préférence sur le profil du partenaire souhaité pour le
naproxcinod ?
Michele Garufi : Parmi les candidats avec lesquels nous discutons depuis douze mois, nous avons
focalisé notre attention sur ceux ayant une forte présence aux Etats-Unis, pour toucher la cible
des médecins généralistes. C'est notre priorité absolue. Parce que la valeur ajoutée du
naproxcinod ne pourra se révéler qu'à la condition qu'il soit vendu auprès des patients
américains. Le conseil d'administration est d'accord avec le management sur cet aspect des choses
très important. Nous discutons ainsi à la fois avec des grands groupes pharmaceutiques
américains, européens ou asiatiques, bien implantés aux Etats-Unis, mais également avec des
sociétés de taille un peu moins grande. Tous nos interlocuteurs croient au profil du produit.
L'autre point primordial de ces négociations est notre volonté de partager les ventes et une
partie des profits et de ne pas nous contenter des royalties. Cette demande ne freine absolument pas
les discussions. La seule chose qu'attendent nos interlocuteurs et nous-mêmes, ce sont les
derniers résultats cliniques.
Tradingsat.com : Projetons-nous dans le futur. A supposer que tout se passe bien au cours des
prochains mois, quels autres programmes pourriez vous lancer grâce aux revenus générés par le
naproxcinod ?
Michele Garufi : C'est vrai qu'un succès du naproxcinod nous donnerait les moyens financiers
d'étendre l'utilisation de notre technologie à de nouvelles applications. Et après dix ans de
développement, nous avons bien compris où celle-ci fonctionne le mieux. Si les résultats sont
positifs sur le naproxcinod, alors nous pourrons envisager de passer à la vitesse supérieure sur
des projets encore au stade préclinique ou en recherche. Certains de ceux que nous avons en tête
n'ont pas encore été divulgués. Mais il est évident par exemple que nous pourrions faire
avancer le développement du composé NCX 6560, un dérivé donneur d'oxyde nitrique d'une statine
utilisée dans le traitement des pathologies cardiovasculaires. Nous avons toujours dit que nous
souhaitions faire entrer ce produit en phase clinique.
Tradingsat.com : Votre trésorerie de 141.6 millions d'euros vous permet-elle de faire face à tous
les scénarios ?
Michele Garufi : Avec un peu plus de 140 millions d'euros en caisse à fin juin, nous pouvons
terminer tranquillement toutes les études de cette année. Bien sûr, si le naproxcinod est un
succès, nous obtiendrons du cash supplémentaire de notre futur partenaire. Dans l'éventualité
malheureuse d'un échec, l'arrêt du programme fera diminuer nos frais drastiquement. Nous aurions
donc encore assez de trésorerie pour investir dans nos autres projets, comme le développement
clinique futur du NCX 6560 et peut-être la sélection d'autres candidats précliniques. Dans les
deux cas, nous sommes tranquilles sur le plan de la trésorerie. Il faut se souvenir aussi que nous
avons dans notre pipeline beaucoup d'autres produits en partenariat, comme le TPI 1020 en
développement avec Topigen pour le BPCO, les donneurs d'oxyde nitrique développés avec Merck
pour le traitement de l'hypertension et le NCX 1047, développé pour le traitement de la dermatite
avec Ferrer.
Tradingsat.com : Un mot sur un autre produit, le PF-03187207, pour lequel Pfizer a décidé de ne
pas lancer de programme mondial de phase 3, mais sans exclure une poursuite du développement en
Asie.
Michele Garufi : En fonction des résultats de phase 2 menés au Japon, Pfizer décidera ou non de
poursuivre le développement en Asie. Le produit s'est montré supérieur au Xalatan de Pfizer mais
pas autant que le laboratoire américain l'espérait. Si Pfizer devait l'abandonner en Asie, cela
ne signifierait pas que le produit n'a pas de valeur, mais simplement que le PF-03187207 n'a pas
un potentiel suffisant – il n'atteindra pas le milliard de dollars – pour intéresser une
big-pharma telle que Pfizer. Le produit pourra donc très bien convenir à une société de taille
plus réduite. A condition qu'il n'y ait pas de mauvaise surprise au Japon, le PF-03187207 est un
produit enregistrable avec un potentiel, qu'une société en pleine transformation comme... NicOx,
pourrait, pourquoi pas, amener seule sur le marché.
Propos recueillis par François Berthon
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