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Nanobiotix : "Notre levée de fonds découle de l'accélération de notre plan de développement"

Laurent LevyLaurent Levy

(Tradingsat.com) - Nanobiotix a lancé fin février une augmentation de capital d’un montant d’environ 24 millions d’euros, à laquelle les actionnaires peuvent souscrire jusqu’au 11 mars 2014 inclus. Laurent Lévy, président du directoire et co-fondateur de la société, revient à cette occasion sur les perspectives prometteuses que laissent entrevoir les nanoparticules dans le traitement local du cancer, soulignant l’importance des dernières données cliniques obtenues sur le produit phare de Nanobiotix, le NBTXR3.

Tradingsat.com : Nanobiotix est une société pionnière en nanomédecine. Sur quoi repose votre approche thérapeutique ?

Laurent Levy : Nos recherches portent sur l’utilisation de l’infiniment petit pour changer la donne dans le traitement du cancer. Or, qui dit, cancer, dit radiothérapie dans environ 60% des cas. La radiothérapie est une technologie puissante, dont les rayons vont déposer de l'énergie dans les cellules cancéreuses pour les détruire, avec pour but de tuer la tumeur. Le problème vient du fait que l’on ne peut irradier les tumeurs sans irradier les tissus sains qui sont autour, ce qui entraîne des « dommages collatéraux ». L’enjeu consiste par conséquent à pouvoir augmenter la dose de rayons dans les tumeurs, sans l’augmenter dans les tissus sains. Notre technologie NanoXray utilise des nanoparticules - c’est-à-dire des particules extrêmement petites - constituées de matériaux dont les propriétés physico-chimiques leur permettent justement d’absorber les rayons X. L’injection au préalable de ces nanoparticules dans les tumeurs des patients dans le cadre d’une séance de radiothérapie normale, permet d’augmenter l’absorption des rayons X et devrait permettre d’augmenter l’efficacité du traitement. Le développement de ces nanoparticules est complexe, mais le concept est d’une grande simplicité : le produit est injecté en une seule fois, avant la première séance, puis doit rester dans la tumeur, permettant de bénéficier à chaque séance de radiothérapie de l’effet supplémentaire apporté par les nanoparticules.

Tradingsat.com : Est ce que l’utilisation de ces particules présente un risque ?

Laurent Levy : L’ensemble des essais précliniques (chez l’animal) ainsi que les résultats chez les patients traités pour un sarcome des tissus mous ont démontré un bon profil de sécurité de ce produit.

Tradingsat.com : Vous comptez désormais obtenir le marquage CE pour la commercialisation du NBTXR3 en 2016, avec un an d’avance sur vos plans, dans l’indication du sarcome des tissus mous. Peut-on avoir une idée du marché potentiel pour votre technologie ?

Laurent Levy : En parallèle du programme de développement dans le sarcome des tissus mous, qui est une maladie rare, nous visons aussi une mise sur le marché de notre technologie dans le cancer du foie. Au delà de ces deux indications, le marché potentiel de nos produits est très large puisqu’il pourrait concerner une grande partie des patients traités par radiothérapie. D’une part, nous ciblons la population pour qui la radiothérapie pourrait être rendue plus efficace, ce qui concerne dans le monde à peu près 2 millions de personnes par an. D’autre part et dans un deuxième temps, le marché visé comprend aussi les patients sur lesquels la radiothérapie est efficace mais pour lesquels notre technologie pourra permettre une réduction des doses et des effets secondaires.

Tradingsat.com : Pourquoi avoir choisi le sarcome des tissus mous, et pas d’autres types de cancer à plus fort potentiel commercial, pour évaluer le NBTXR3 ?

Laurent Levy : Choisir le sarcome des tissus mous localement avancé comme première indication pour le NBTXR3 présentait deux intérêts majeurs. Tout d’abord, il s’agit d’une maladie pour laquelle très peu de solutions thérapeutiques existent à ce jour. Ce besoin médical non satisfait important est un atout pour la future utilisation du produit en fonction de l’efficacité que nous pourrons démontrer. D’autre part, les sarcomes sont parfois des tumeurs de très grandes tailles. Parvenir à injecter dans une tumeur relativement grosse des nanoparticules sans entraîner de dommages collatéraux pour le patient et sans effets secondaires particuliers devrait, a priori, rendre les choses plus faciles dans toutes les autres indications où les tumeurs sont beaucoup plus petites. Il est important de comprendre que les nanoparticules n’ont qu’un effet physique, identique quel que soit le type de cancer. L’idée est donc de pouvoir déployer notre produit très largement, dans tout un tas d’indications de cancers parmi ceux que l’on traite avec la radiothérapie. Notre plan de développement prévoit en effet d’étendre l’utilisation de la technologie NanoXray à d’autres cancers, tels que les cancers de la tête et du cou, de la prostate, le glioblastome, cancer des poumons, cancer du sein….

Tradingsat.com : Est-ce que le fait que votre technologie à base de nanoparticules soit considérée comme un dispositif médical en Europe, et comme un médicament aux Etats-Unis, change quelque chose à votre plan de développement clinique ?

Laurent Levy : Fondamentalement, cela ne change pas grand-chose, puisqu’en définitive, le développement d’un produit de santé, quel qu’il soit, vise à démontrer un rapport bénéfice /risque positif pour le patient. Dans notre cas, cette démonstration devrait suivre la même démarche clinique, indifféremment du statut du produit. Les développements cliniques des médicaments nécessitent de procéder à des études sur un très grand nombre de patients parce que les médicaments ont une action biologique. Or, la biologie de chaque patient est unique. D’où la nécessité, sur le plan statistique, de mener des études sur beaucoup de patients, balayant un nombre suffisamment important de génomes différents, pour démontrer l’efficacité ou la non toxicité d’un candidat médicament. Mais dans le cas de notre produit, dont l’effet est purement physique, l’aspect biologique est beaucoup plus limité. Nous estimons que la démonstration du bénéfice/risque du produit NBTXR3 nécessitera d’étudier ses effets sur 100 à 400 patients « seulement ».

Tradingsat.com : Quelle est votre stratégie aux Etats-Unis, à la fois en termes de développement clinique et commercial ?

Laurent Levy : Les plans que nous avons établis reposent sur la signature d’un partenariat à moyen terme sur ce territoire. La conclusion d’un tel accord fait partie de nos objectifs, à l’image du partenariat conclu en 2012 avec la société taïwanaise PharmaEngine portant sur le développement et la commercialisation de NBTXR3 dans la zone Asie-Pacifique.

Tradingsat.com : A quoi serviront les fonds de l’augmentation de capital que vous proposez à vos actionnaires ? Quelle sera votre visibilité financière en cas de succès de l’opération ?

Laurent Levy : L’opération doit nous permettre de lever environ 24 millions d’euros, hors clause d’extension qui serait activée en cas de très forte demande. Il faut savoir que les investisseurs institutionnels – nos investisseurs historiques ainsi que de nouveaux entrants notamment internationaux – se sont déjà engagés à souscrire pour un total de 18,5 millions d’euros, ce qui signifie que l’opération est techniquement garantie à 76%. Cette levée de fonds est la conséquence naturelle des derniers résultats positifs obtenus au cours de l’essai de phase pilote de NBTXR3 chez les patients atteints d’un sarcome des tissus mous, et de l’accélération du plan de développement en vue de la mise sur le marché du produit. En fonction du montant levé, nous pourrions disposer d’une visibilité supplémentaire comprise entre 24 et 36 mois sans revenus additionnels. Ce qui nous amènera au moins en 2017…

Tradingsat.com : On peut imaginer que nous en saurons plus à ce moment là sur votre stratégie américaine ?

Laurent Levy : Je pense que notre stratégie américaine sera implémentée bien avant. Nous la communiquerons évidemment en temps et en heure au marché.

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