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Lvmh : Un mauvais début pour les soldes d'hiver

Un mauvais début pour les soldes d'hiverUn mauvais début pour les soldes d'hiver

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Une semaine après le démarrage des soldes d'hiver, le bilan se révèle négatif pour les ventes d'habillement, plombées aux dires des professionnels par une conjoncture très déprimée et par la multiplication des périodes de promotions.

Avec la montée du chômage et une consommation de textile en berne, l'ambiance n'était guère à l'optimisme après le premier week-end de rabais qui donne traditionnellement le "la" de la tendance.

"Les réseaux de magasins font état de très fortes baisses de chiffre d'affaires par rapport à l'année dernière, pouvant parfois frôler les 20%", a déclaré à Reuters Bernard Morvan, président de la Fédération nationale de l'habillement (FNH), qui regroupe près de 45.000 boutiques indépendantes multimarques.

Les ventes d'habillement masculin ont, selon lui, mieux résisté et affichent des tendances positives, à l'image de la tendance observée en général sur le marché masculin de la mode.

Les ventes d'habillement devraient accuser un recul de 2,1%, en 2012, selon les estimations de l'Institut français de la mode (IFM), et poursuivre leur baisse à peu près au même rythme (-2%) cette année, signant le triste record d'une sixième année de baisse consécutive.

Du côté des grandes chaînes de prêt-à-porter - Zara (groupe Inditex), H&M, Etam, Celio ou Camaieu -, si la tendance a été positive pendant le week-end, "le bilan, globalement, n'est pas bon", observe Jean-Marc Genis, président exécutif de la Fédération des enseignes de l'habillement (FEH).

STOCKS PLUS LIMITÉS

Autre signe du marasme ambiant : la fréquentation était en baisse dans les centres commerciaux.

"Personne n'attendait de chiffres mirobolants, compte tenu de l'évolution de la consommation et des problèmes de pouvoir d'achat qui vont en s'aggravant", note François-Marie Grau, délégué général adjoint de l'Union française des industries de l'habillement (UFIH), regroupant marques et sous-traitants du prêt-à-porter.

Seul point positif, les distributeurs disposaient de stocks plus limités à la veille des soldes, grâce à une gestion rendue plus serrée par la crise mais aussi grâce aux offres spéciales mises en place dès après Noël, a précisé Jean-Marc Genis.

"Les stocks étaient en baisse de 5%", a-t-il dit.

Du côté des grands magasins, qui ont eux aussi procédé fin décembre à des ventes promotionnelles réservées aux porteurs de leurs cartes de fidélité, la tendance était plus positive.

En province comme à Paris, les grands magasins "font aussi bien si ce n'est mieux que l'an dernier", a indiqué Claude Boulle, président exécutif de l'Union du grand commerce de centre-ville (UCV), qui réunit les Galeries Lafayette, le Printemps et le Bon Marché (groupe LVMH).

Dans la capitale, Le Bon Marché ou le Printemps profitent de leur positionnement sur le luxe, qui résiste grâce aux achats de touristes étrangers.

Le e-commerce s'est une nouvelle fois distingué, signant cependant une progression moins importante que l'an dernier, avec une hausse de 8% à 10% tous secteurs confondus et à données comparables (contre 13% en 2012) après une semaine de soldes, selon la Fédération du e.commerce et de la vente à distance (Fevad).

LÉGISLATION

De l'avis général, la traditionnelle période de rabais autorisés a été largement vidée de sa substance par la multiplication des offres promotionnelles, ventes privées et soldes flottants destinés à doper une consommation fléchissante.

Les professionnels, vent debout contre la législation actuelle, réclament une remise à plat du système.

Un rapport commandé par le ministère du Commerce à l'IFM et au Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) sur les soldes flottants a conclu en juillet à la suppression de ce système instauré en 2009, qui permet aux commerçants de vendre à perte pendant deux semaines en dehors des périodes de soldes réglementaires.

Ses auteurs préconisaient un retour à deux périodes de soldes, de six semaines contre cinq aujourd'hui, permettant d'éviter des "périodes désordonnées en dehors des soldes saisonniers" et préservant la durée totale des soldes pour les consommateurs.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2013 Thomson Reuters


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