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Lafarge : Lafarge réduira sa dette en 2013

Lafarge confirme ses objectifs pour 2012 et 2013Lafarge confirme ses objectifs pour 2012 et 2013

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Lafarge, numéro un mondial du ciment, a maintenu vendredi son objectif de réduction de sa dette en 2013 malgré un environnement économique qui s'annonce encore difficile, notamment en annonçant un nouveau plafonnement de ses investissements.

Le groupe, dont l'endettement hérité de l'acquisition de l'égyptien Orascom en 2008 lui a valu d'être déclassé l'an dernier en catégorie "junk" par les deux principales agences de notation, a confirmé qu'il comptait ramener sa dette nette sous la barre des dix milliards d'euros le plus tôt possible l'an prochain, sans préciser à quel moment de l'année.

La dette nette du groupe a diminué de 3% environ à 12,2 milliards d'euros entre le deuxième et le troisième trimestre, et de 14% sur un an. Sur l'ensemble de 2012, Lafarge l'attend en repli "significatif".

Pour atteindre son objectif en 2013 malgré un environnement qui s'annonce encore "difficile et contrasté" selon les zones géographiques, le groupe limitera à nouveau ses investissements à 800 millions d'euros, comme en 2012. Il pourrait également continuer à céder des actifs.

"Nous ne chiffrons pas les cessions pour 2013", a indiqué Bruno Lafont au cours d'une téléconférence avec les analystes. "Nous pourrions continuer de céder des actifs, mais ce qui est important, c'est que nous voulons réduire notre dette davantage par la génération de cash flow que par les désinvestissements."

Dans son communiqué de résultats, Lafarge a précisé que des cessions supplémentaires, au-delà de l'objectif d'un milliard d'euros annoncé pour 2012, pourraient en revanche l'amener à revoir à la hausse le niveau d'investissement envisagé pour 2013.

Vers 11h05, l'action Lafarge gagne 1,2% à 46,29 euros, après avoir ouvert en baisse sur des prises de bénéfices.

"La publication n'est en soi pas catastrophique même si l'on aurait aimé un peu plus", commente un trader. "Lafarge a publié des résultats en ligne, à peu près corrects", ajoute un autre.

A la clôture de jeudi, le titre affichait un bond de 21% depuis la fin août, contre +3,1% pour le secteur de la constructeur en Europe et -0,2% pour l'indice CAC 40.

CESSIONS EN GRANDE-BRETAGNE DANS LES SEMAINES A VENIR

Le groupe, également numéro deux des granulats et numéro quatre du béton, avait sécurisé 500 millions d'euros de désinvestissements à la fin du troisième trimestre.

Son objectif d'un milliard sur l'année devrait être atteint grâce notamment aux désinvestissements réclamés par le régulateur britannique en échange de la création de la coentreprise entre Lafarge et le groupe minier Anglo-American.

"Le processus se déroule d'ici à fin janvier (...) mais j'ai confiance que nous l'annoncerons dans les semaines qui viennent", a déclaré Bruno Lafont, au cours de la conférence téléphonique avec la presse, en réponse à une question sur la série de désinvestissements attendue outre-Manche.

Malgré une baisse des volumes liée au ralentissement du secteur de la construction en Europe, Lafarge a réalisé au troisième trimestre un chiffre d'affaires de 4,39 milliards d'euros (+4%), alors que le consensus calculé par la rédaction de Reuters à partir des estimations de neuf analystes donnait 4,44 milliards.

Le groupe a expliqué cette performance par la demande des pays émergents - Lafarge réalise désormais 72% de son activité hors d'Europe - et par sa politique tarifaire.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) est ressorti en hausse de 6% à 1,07 milliard d'euros, mais le résultat net, part du groupe, a baissé de 5% à 319 millions, une plus-value en 2011 ayant créé un comparatif défavorable. En excluant ce facteur exceptionnel, le résultat net ressort en hausse de 13%.

Le groupe a lancé en juin un nouveau plan d'économies pour réduire sa dette et retrouver la catégorie investissement des agences de notation d'ici 2015. Sur la période 2012-2015, le plan prévoit 1,3 milliard d'euros de nouvelles économies et 450 millions d'euros d'Ebitda additionnel grâce à la croissance des ventes et des marges.

Lafarge compte réduire ses coûts d'au moins 400 millions d'euros en 2012 en jouant sur les frais généraux, la productivité et la facture énergétique, et économiser plus de 350 millions d'euros supplémentaires en 2013, chiffre confirmé vendredi. Viendront s'ajouter l'an prochain 200 millions d'euros d'Ebitda additionnel grâce à l'effet des innovations sur les ventes et les marges, estimé à une centaine de millions sur l'année en cours.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Cyril Altmeyer

Copyright © 2012 Thomson Reuters


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