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Lafarge : La dette et les prévisions de lafarge font chuter le titre

vendredi 30 juillet 2010 à 15h00
La dette et les prévisions de lafarge font chuter le titre

par Cyril Altmeyer et Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Lafarge a abaissé sa prévision de la demande de ciment en 2010 et fait état d'une hausse de sa dette sur les six derniers mois à cause d'effets de changes défavorables, deux mauvaises nouvelles qui éclipsent en Bourse des résultats trimestriels meilleurs que prévu.

Malgré l'apparition de signes de reprise dans les pays développés, le premier cimentier mondial juge le rythme du redémarrage de l'économie encore trop incertain à mi-année. Il a donc revu en baisse vendredi sa prévision de la demande de ciment sur les marchés où il est présent dans une fourchette allant de -1% à +3%, contre 0 à +5% précédemment.

Vers 14h00, l'action Lafarge abandonne 3,08% à 42,15 euros, signant la plus forte baisse de l'indice CAC 40. Elle entraîne dans son sillage le concurrent allemand HeidelbergCement, numéro quatre mondial du secteur, qui recule de 3% à Francfort malgré, là encore, un deuxième trimestre meilleur que prévu à la faveur d'un rattrapage de la demande après un hiver très rigoureux.

Le PDG de Lafarge, Bruno Lafont, a souligné au cours d'une téléconférence que les plans d'austérité ou de réduction des déficits budgétaires en Europe constituaient "un point de vigilance plutôt qu'un point de préoccupation".

"Compte tenu de l'incertitude créée par ces éléments, nous affichons une plus grande prudence et c'est pourquoi nous ajustons légèrement nos prévisions d'évolution des marchés pour 2010", a-t-il expliqué.

UNE DETTE TOUJOURS IMPOSANTE

L'annonce par Lafarge d'une augmentation de son endettement net sur les six derniers mois et de nouvelles mesures pour poursuivre le désendettement du groupe est venue rappeler que la dette de Lafarge reste un sujet de préoccupation pour le marché.

Cette dette, héritée pour moitié environ de l'acquisition de l'égyptien Orascom en 2007-2008, a légèrement baissé de 1% à 15,2 milliards d'euros à la fin juin, par rapport à la période identique de l'an dernier. Mais elle ressort en hausse de près de 10% par rapport à la fin 2009 (13,8 milliards) à cause notamment d'un milliard d'euros d'effets de change défavorables.

"Le risque d'abaissement de la note de la dette en 'junk bond' reste élevé à nos yeux et nous restons prudents sur la situation des prix pour les cimentiers", écrit dans une note Natixis, disant privilégier à court terme Saint-Gobain et HeidelbergCement au détriment de Lafarge.

Ce dernier a indiqué qu'il poursuivrait en 2011 ses mesures de désendettement, avec un nouvel objectif de réduction des coûts structurels de plus de 200 millions d'euros - il s'attend à dépasser l'objectif de 200 millions d'économies fixé pour 2010 ainsi que celui de 500 millions d'euros de désinvestissements, déjà réalisé à hauteur de 350 millions.

Il a également annoncé son intention de réduire à moins d'un milliard d'euros ses investissements industriels l'an prochain.

"Le désendettement de l'entreprise est une question qui occupe toute notre attention et nous comptons bien continuer à progresser dans cette voie et à réduire la dette", a assuré le directeur financier du groupe Lafarge, Jean-Jacques Gauthier, au cours de la conférence analystes consacrée aux résultats.

"Par ailleurs, il est trop tôt pour en parler, mais nous continuerons sur notre plan de désinvestissement", a indiqué de son côté Bruno Lafont.

En revanche, le programme d'investissements du groupe dans des usines nouvelles, de l'ordre de 40 millions de tonnes, ira à son terme, de même que l'ajout de nouvelles capacités dans les pays émergents, notamment en Chine, en Syrie et en Arabie saoudite.

"Ces investissements nous garantissent de pouvoir suivre la croissance de nos marchés dans les années qui viennent", a fait valoir le PDG de Lafarge. "La priorité pour 2011 sera de capter la croissance avec toutes les capacités construites entre 2006 et 2011."

"Je pense que dans le courant de l'année nous y verrons plus clair."

Lafarge, également numéro deux mondial pour les granulats et le béton et numéro trois pour le plâtre, a réalisé au deuxième trimestre un chiffre d'affaires en hausse de 2% à 4.436 millions d'euros, mais en baisse de même ampleur à périmètre et taux de changes constants. Le groupe, qui note par ailleurs une bonne tenue des prix en dépit d'érosions localisées, a vu son résultat d'exploitation courant augmenter de 5% à 836 millions d'euros.

Avec Gilles Guillaume, édité par Dominique Rodriguez et Julien Ponthus

Copyright © 2010 Thomson Reuters

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