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Ipsen : Une année 2011 charnière pour ipsen après les revers de 2010

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par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - 2011 sera une année charnière pour Ipsen après plusieurs revers de recherche qui ont fait chuter le titre du laboratoire pharmaceutique de 41% en 2010 et ont conduit au départ de son président Jean-Luc Bélingart.

Le nouveau président Marc de Garidel aura la charge de définir une nouvelle stratégie pour un groupe qui pèse 1,1 milliard d'euros, dont 62% générés par des médicaments de spécialité (oncologie, endocrinologie, neurologie, hématologie) générateurs de fortes marges.

Marc de Garidel, un transfuge de la biotech américaine Amgen qui a pris les rênes d'Ipsen en novembre, a prévenu qu'il ne présenterait qu'au milieu du deuxième trimestre les grandes lignes de sa stratégie à moyen et long terme.

Lors d'une conférence de presse mercredi pour présenter les résultats annuels du groupe, il a simplement déclaré que "tout était passé au crible" à propos de la revue stratégique des actifs et qu'aucune option n'était écartée.

Ipsen, a-t-il aussi indiqué, continuera à développer des partenariats pour renforcer son portefeuille.

Commentant la présence du groupe dans les pays émergents, Marc de Garidel a souligné qu'Ipsen disposait d'une solide assise en Chine, en Russie et au Brésil, où "des acquisitions pourraient faire du sens".

Pour l'exercice 2010, Ipsen a annoncé des résultats affaiblis par des pertes de valeurs et dépréciations non cash et non récurrentes de 80,3 millions d'euros après impôts. Le bénéfice net part du groupe a baissé de 39,1% à 95,3 millions et le résultat opérationnel de 25,3% à 128,8 millions.

Pour 2011, Ipsen, contrôlé à 73% par la famille Beaufour, prévoit une hausse proche de 8% de ses ventes de médecine de spécialité et une baisse de 8% à 10% pour la médecine générale.

Les analystes d'Exane BNP Paribas, sur la base de leur appréciation des bases de coûts des concurrents d'Ipsen, estiment "que des réductions de coûts pourraient être une option pour le nouveau président du groupe".

LE SOUTIEN DES PAYS ÉMERGENTS

Selon eux, les choix stratégiques de Marc de Garidel "devraient être dictés par l'objectif de remontée des marges en s'appuyant à court terme sur les pays émergents et à l'horizon 2013-2014 sur les opérations américaines".

Parmi les atouts de la société, ils évoquent la toxine botulique Dysport qui pourrait selon eux générer près de 45% de l'Ebit d'Ipsen d'ici 2015, contre 20% en 2009.

Chez Natixis, Béatrice Muzard juge qu'un retour sur le titre pourrait être justifié si Ipsen annonçait "un plan de restructuration, une idée pour faire levier sur la structure américaine ou se développer davantage dans les pays émergents". Elle pense aussi que le Dysport sera un moteur de la croissance à venir du groupe.

Parmi les autres grands produits commercialisés par Ipsen figurent le Decapeptyl (cancer) et la Somatuline (endocrinologie), mais aussi le vasodilatateur Tanakan qui fait partie de la trentaine de molécules dont le déremboursement total a été annoncé en France.

Le groupe n'envisage aucun lancement de produit dans l'immédiat, a déclaré Marc de Garidel, en précisant que les nouvelles molécules viendront de son partenaire américain Inspiration Biopharmaceuticals "à l'horizon 2014-2015".

L'action Ipsen se négocie à des niveaux proches de son prix d'introduction fin 2005 à 22 euros. Elle cédait 2,6% à 24,125 euros à 12400, donnant une capitalisation boursière de deux milliards d'euros. Le titre reprend 5,6% depuis début janvier.

"L'action a sous-performé le marché de 44% en 2010 à cause d'importants revers dans sa recherche et au niveau opérationnel", commentent les analystes d'Exane BNP Paribas.

Selon Aurel BCG, Ipsen souffre d'une décote de 25% par rapport à ses comparables européens sur la base du ratio valeur d'entreprise sur résultat opérationnel attendu en 2011.

Depuis son introduction en Bourse, Ipsen a axé son développement sur l'internationalisation et les produits de spécialité où les marges sont plus élevées et où la concurrence des génériques est moindre.

Pour réaliser ses objectifs et l'aider à supporter les coûts des développements cliniques, il a privilégié une stratégie d'alliances avec les plus grands laboratoires mondiaux.

Ipsen a aussi multiplié les acquisitions, aux Etats-Unis notamment avec le rachat de Tercica et Vernalis en 2008 pour 500 millions de dollars.

Depuis, le groupe a lancé un avertissement sur ses résultats aux États-Unis et a renoncé à son objectif de 300 millions de dollars de revenus outre-Atlantique en 2012.

A la suite de revers sur l'antidiabétique taspoglutide et le BIM 23A760 pour les problèmes de croissance, Ipsen a annoncé au début février des dépréciations d'actifs d'un montant net entre 65 et 85 millions d'euros. Et Roche a annoncé l'abandon du taspoglutide.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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