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INNATE PHARMA

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Innate pharma : À Marseille, la biotech Innate démarre un essai de traitement du Covid-19

mercredi 29 avril 2020 à 12h43
Innate Pharma lance son essai de phase 2 contre le Covid

(BFM Bourse) - Innate Pharma a traité un premier patient dans un essai clinique visant notamment à réduire la durée d'hospitalisation des patients atteints d'un syndrome de détresse respiratoire aiguë lié au Covid-19. L'annonce est saluée par le marché et le groupe, par ailleurs très actif en cancérologie, pèse désormais plus de 500 millions d'euros.

Après le tocilizumab (du suisse Roche) ou le sarilumab (chez Sanofi, avec moins de succès jusqu'à présent) la grande famille des molécules en -mab -les anticorps monoclonaux- poursuit ses avancées contre le Covid-19. C'est au tour d'Innate Pharma d'annoncer qu'un premier patient a été traité dans un essai de phase 2 (essais cliniques intermédiaires) évaluant avoralimab chez des patients atteints d'une pneumonie sévère due au Covid-19.

L'annonce permet au titre de la biotech installée à Luminy, au coeur du pôle de recherche de l'université d'Aix-Marseille, de prendre 2,11% à 6,54 euros vers 12h40 mercredi, au lendemain d'une avance de 4,1%. Après avoir souffert en début d'année, l'action a nettement rebondi sur le denier mois (+36%), ce qui lui permet de revenir dans le vert depuis le 1er janvier (+9%). La valorisation d'Innate Pharma franchit ainsi de nouveau le seuil du demi-milliard d'euros, à 510 millions d'euros.

L'essai clinique de phase 2 baptisé "Force" intervient dans le sillage d'une étude translationnelle initiale ("Explore") qui a montré une surexpression de la voie C5a/C5aR chez les patients présentant un Covid-19 sévère indique Innate Pharma. Cet essai randomisé en double aveugle (dans lequel ni les participants ni les médecins ne savent pas qui reçoit le médicament testé et qui fait partie du groupe de contrôle) vise à évaluer l'efficacité d'avoralimab, en mesurant la proportion de patients atteints d’une pneumonie sévère du au coronavirus qui n’ont plus besoin d’être hospitalisés, et la durée/le besoin de ventilation mécanique chez les patients atteints d’une pneumonie compliquée par un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA).

Réduire la réponse inflammatoire dans les poumons

Le récepteur C5a "serait impliqué dans la pathogenèse (le processus responsable du déclenchement et du développement d'une maladie donnée, NDLR) du syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) en favorisant un environnement pro-inflammatoire".

"En analysant les données translationnelles chez les patients atteints d’un Covid-19, nous avons observé des niveaux élevés de C5a et une suractivation des cellules myéloïdes dépendantes de C5a, qui contribueraient à l’inflammation des poumons. Avdoralimab est un anticorps monoclonal qui bloque C5aR et a le potentiel de réduire la réponse inflammatoire dans les poumons", explique Eric Vivier, directeur scientifique d’Innate Pharma et professeur à l’AP-HM (Hôpitaux Universitaires de Marseille), à l'AMU (Aix-Marseille Université) et au CIML (Centre d’Immunologie de Marseille Luminy). "Dans cet essai randomisé, nous espérons démontrer que l’utilisation d’avdoralimab aide à améliorer le pronostic des patients atteints d’un Covid-19 avec une pneumonie sévère" ajoute-t-il.

"En France, comme dans tous les pays touchés par la pandémie, les unités de soins intensifs doivent répondre à un afflux massif de patients. L’hospitalisation en soins intensifs est souvent longue, de 14 à 21 jours, et les médecins n’ont pas de traitement efficace pour les patients" constate le professeur Nicolas Schleinitz, du service de médecine interne de l'hôpital de la Timone, également professeur à l'AP-HM et investigateur principal de l’essai Force. Un autre objectif de cet essai est donc d’étudier si avdoralimab peut réduire cette durée d’hospitalisation.

Beaucoup de données accumulées

Où se situe le projet d'Innate parmi les nombreuses initiatives en cours visant à développer un traitement pour le Covid-19 des sociétés biotechnologiques à travers le monde? S'il est "difficile de parler de concurrence directe" dans la course que se livrent ces acteurs, "chaque programme évaluant un angle d’attaque spécifique pour adresser la maladie de différentes manières (la cause pour ceux qui développent des antiviraux, les effets pro-inflammatoires pour ceux qui évaluent des produits anti-inflammatoires, etc.), Innate Pharma semble très bien positionnée dans la compréhension des événements moléculaires et cellulaires qu’elle souhaite adresser" selon Jamila El Bougrini, analyste spécialiste du secteur chez Gilbert Dupont.

D'autant que "des études indépendantes ont par ailleurs publié des résultats qui appuient la thèse d’Innate Pharma, ce qui lui confère un profil de candidat relativement solide au sein du pipeline Covid". "Bien que ce ne soit pas un gage de succès, Innate Pharma fait donc partie des acteurs qui ont accumulé le plus de données en faveur de leur thèse" complète l'analyste, qui rappelle que la biotech phocénne "cible l'inflammation, ce qui n'est pas le cas de tous acteurs".

Jamila El Bougrini juge l'approche d'Innate (d'utiliser un anticorps thérapeutique qui se lie et bloque le récepteur C5a) "très intéressante et très prometteuse", notamment du fait que "plusieurs études et données disponibles à ce jour vont dans le sens d’une "sur-réaction" du système immunitaire chez les patients qui présentent les formes les plus sévères". Si cette stratégie thérapeutique "présente un fort rationnel", l'enjeu est maintenant "de démontrer que l’action sur une unique voie de la maladie pourrait suffire à en contrer les effets les plus sévères" développe l'experte, selon qui "il reste tout de même très probable qu’une approche plus globale combinant plusieurs produits avec des approches complémentaires, soit la réponse efficace à attendre pour le Covid".

Innate Pharma dans les temps

Vis-à-vis des autres acteurs, Jamila El Bougrini considère Innate Pharma dans les temps. "Des études cliniques plus avancées (certaines de phase 3) ont été lancées il y a déjà plusieurs semaines par des équipes souvent académiques ou des industriels [mais] au sein du secteur biotechnologiques, Innate Pharma reste bien positionnée en termes de calendrier au sein de l’ensemble du pipeline" souligne l'analyste. Les rares biotechs à avoir lancer une étude de phase 2 dans le courant du mois d'avril, soit peu de temps avant Innate, étant "essentiellement des sociétés basées aux US et en Asie". "En France, Innate Pharma est la première biotech à être aussi avancée dans le processus de R&D pouvant conduire à une autorisation de mise sur le marché" complète-t-elle.

Autre élément favorable à la biotech tricolore, "le contexte favorise totalement le recrutement de patients" note Jamila El Bougrini, d’autant plus qu’Innate Pharma cible les patients présentant une forme sévère, ce qui exclut de facto certaines approches thérapeutiques qui adressent les patients à des stades moins avancés". La France étant l’un des pays d’Europe les plus touchés par cette crise sanitaire, le nombre de candidats aux essais cliniques est d’autant plus important, le nombre d’essais cliniques en cours sur le territoire étant par ailleurs suffisamment faible pour ne pas créer de "risque de pénurie" de patients éligibles. Assembler une cohorte de 108 patients à Marseille ne semble donc "pas être une tâche insurmontable" pour l'analyste, qui précise qu'il s'agit également d'un "chiffre suffisant pour répondre aux exigences statistiques nécessaires pour démontrer une efficacité solide du produit".

À quel horizon peut-on espérer les premiers résultats de cette étude de phase 2? "Difficile de se prononcer" admet Jamila El Bougrini, qui avance "un délai de trois mois" avant qu'Innate ne dévoile des résultats préliminaires "si l’on estime le temps d’inclusion des patients, leur traitement/suivi et l’analyse des données". "Compte tenu de l’urgence et du caractère exceptionnel de la situation pour mener ces investigations, nous pouvons attendre une certaine souplesse de la part des autorités quant au degré d’approfondissement des analyses". Selon l'analyste toutefois, "l’enjeu n’est pas tant d’arriver sur le marché le premier que celui de démontrer une efficacité réelle pour solutionner un problème majeur qui a des répercussions importantes à l’échelle macroéconomique".

Jamila El Bougrini n'occulte pas la dimension financière de la recherche d'un traitement anti-Covid -"le médicament qui sera identifié comme la ou l’une des solution(s) présentera bien sûr un potentiel inestimable en termes de revenus"- mais considère qu'il faut "aujourd’hui considérer les efforts de recherche déployés comme des efforts collectifs pour identifier les pistes les plus prometteuses". "L’objectif commun prioritaire reste tout de même celui de sortir de cette situation sanitaire et économique" conclut-elle.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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