(BFM Bourse) - La banque américaine estime que les investisseurs exagèrent le risque régulatoire auquel fait face le groupe, sans prendre suffisamment en compte son segment "mobilité".
Edenred affiche un parcours boursier bien peu enviable. Par rapport à ses plus hauts historiques atteints en juin 2023, l’action a plongé d'environ 60%.
Le propriétaire de la marque ticket restaurant a été malmené par des menaces d'évolution de la régulation sur les titres-repas dans plusieurs pays. Si ces craintes sont restées lettre morte en France, elles se sont concrétisées dans deux pays majeurs pour le groupe.
En Italie, un plafonnement des commissions prélevées auprès des restaurateurs a été mis en place le 1er septembre. À elle seule, cette mesure a retiré sept points de pourcentage à la croissance de la société au quatrième trimestre 2025.
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Au Brésil, un décret a instauré en novembre dernier divers éléments défavorables tels qu'un plafonnement des commissions payées par les restaurateurs et marchands à opérateurs de titres-restaurant, un raccourcissement du délai de remboursement maximal ou la mise en œuvre de l'interopérabilité. Concrètement, ce dernier dispositif doit favoriser la concurrence en permettant à de plus petits opérateurs d'avoir accès aux réseaux des opérateurs historiques.
Le texte a été attaqué en justice et un jugement sur le fond doit être rendu fin 2026 ou 2027.
Le titre évolue à la casse au point d'aiguiser les appétits. Il y a un mois Edenred avait indiqué avoir été approché par des fonds d'investissement.
Des risques largement intégrés
Pour Morgan Stanley, le titre est tombé bien trop bas. La banque américaine a changé d'analyste suivant la couverture du titre. Mais elle reste pour autant convaincue du potentiel de l'action, confirmant sa recommandation à "surpondérer", équivalent d'"acheter" et relevant son objectif de cours à 34 euros contre 33 euros. Au cours de la clôture de mardi, cette cible accorde un potentiel de 37% à l'action.
À la Bourse de Paris, l'action Edenred prend 3,7% vers 16h30.
La banque juge que les investisseurs sont bien trop concentrés sur le risque régulatoire, qui est largement intégré dans le cours de la société.
"Nous pensons que le marché a confondu une révision de la réglementation avec une rupture structurelle du modèle des avantages aux salariés (les titres-restaurants et titres-cadeaux, NDLR)", explique Morgan Stanley.
La banque reconnaît que le marché brésilien présente des risques à moyen terme, en raison de la mise en œuvre de l'interopérabilité qui pourrait favoriser les fintechs brésiliennes, comme Flash ou Caju.
Pour autant, comme dit précédemment, ces risques sont déjà reflétés dans le cours.
"La France est le seul marché restant suffisamment important pour avoir encore un impact financier significatif, mais nous constatons sur ce marché que les commissions prélevées sur les commerçants sont conformes aux normes, ce qui réduit le risque et l'impact financier potentiel d'un plafonnement de ces commissions", écrit l'établissement.
Morgan Stanley explique surtout qu'un plafonnement des commissions paraît peu probable en France, la réforme du marché des titres-restaurant portant surtout sur la numérisation et l'expansion des usages.
La mobilité, un atout négligé
Par ailleurs, si le marché se focalise sur ces réformes, il oublie un peu trop qu'Edenred possède des moyens pour compenser leurs effets négatifs.
"Le débat s'est largement concentré sur les commissions versées aux commerçants dans le secteur de la restauration et de l'alimentation, mais nous identifions plusieurs leviers susceptibles de compenser le réajustement à court terme: le taux de pénétration auprès des PME reste faible, l'augmentation des montants nominaux des titres soutient le volume d'activité, la numérisation réduit les coûts de service et rend les ventes croisées plus reproductibles, et la hausse des taux favorise les revenus 'autres' (l'argent que place Edenred à court terme en attendant que les titres soient consommés par les salariés, NDLR)", développe Morgan Stanley .
La banque met par ailleurs en avant la diversification d'Edenred qui présente également une division "mobilité" (cartes carburants, cartes péage) et une division de paiement interentreprises, deux métiers protégés des risques réglementaires.
"Nous considérons la 'mobilité' comme l'atout le plus sous-estimé d'Edenred : une plateforme de gestion de flottes B2B à forte marge et peu réglementée, bénéficiant d'un soutien structurel lié à l'externalisation des flottes, à la complexité liée aux véhicules électriques et aux ventes croisées, avec une diversification au-delà des carburants vers les péages et le stationnement, l'entretien, le recouvrement de la TVA et le paiement des frais de transport", développe Morgan Stanley.
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