(CercleFinance.com) - A quelques jours de la très attendue assemblée générale d'A Novo (le 30 juin), Richard Seurat, le Président Directeur Général, fait le point sur le vote auquel seront soumis les actionnaires, concernant le projet de restructuration de la dette du groupe de services après-vente des produits numériques. D'un côté, le principal actionnaire et le Comité Central dEntreprise ont ouvertement affiché leur soutien. En face, un concert emmené par Michael Likierman le dénonce publiquement. Richard Seurat explique pourquoi il constitue, selon lui, la seule solution viable pour l'entreprise et avantageuse pour les actionnaires.
Cercle Finance : Le 30 juin, à l'issue de l'assemblée générale, les actionnaires auront fait leur choix concernant le projet de restructuration financière. Dans quel état desprit êtes-vous ?
Richard Seurat : Je me sens pleinement confiant, dans la mesure où le projet proposé est bouclé à la fois sur les plans industriel, stratégique et financier. Il consiste à mettre concrètement plus de 32 millions d'euros sur la table au cours des deux années à venir, grâce à une augmentation de capital. Avec une dette actuelle de 75 millions d'euros, cette opération pourrait permettre de faire passer le 'gearing' (ratio d'endettement sur fonds propres, Ndlr) de 1,6 à 0,8 dès septembre puis à 0,6 ensuite. Nous avons besoin que cet indicateur revienne à un niveau qui nous permette d'être plus crédibles vis-à-vis de nos clients.
CF : Vous avez saisi l'AMF à l'encontre de Michael Likierman, qui représente un concert opposé à ce projet. Pourquoi ?
R S : Michael Likierman est imprécis dans ses déclarations. Il ne propose rien de concret. La seule chose qui est claire dans son discours est qu'il veut remplacer le conseil d'administration. Mais la question n'est pas là : l'enjeu d'aujourd'hui est de proposer un plan clair pour financer la croissance d'ANovo. Or ses récentes déclarations ne font ressortir ni la stratégie industrielle et commerciale, ni des détails chiffrés sur un véritable plan de restructuration.
CF : Depuis quand avez-vous commencé à plancher sur le sujet de la restructuration de la dette ?
R S : Cela fait maintenant plus d'un an que nous avons commencé les discussions avec nos créanciers. Nous avons étudié toutes les possibilités, tenté de trouver des investisseurs, contacté les banques Évidemment, vu notre situation financière, les banques, surtout depuis l'année dernière, ne souhaitaient pas nous refinancer. Nous avons ainsi décidé de lancer une augmentation de capital de 15 millions d'euros réservée à Genesis Partner (représenté par Chistian Guilbert). Et la dette résiduelle sera étalée sur six ans.
CF : Ceux qui dénoncent le plan accusent l'augmentation de capital de ne pas s'adresser à tous. Est-ce le cas ?
R S : Pas du tout ! Nous allons proposer à tous les actionnaires une émission de trois tranches de Bons de souscription d'actions gratuits. Les actionnaires inquiets de la dilution vis-à-vis de l'augmentation de capital, pourront ainsi compenser l'effet dilutif, soit en revendant leurs Bons, soit en rachetant des actions à des tarifs préférentiels. En fait, celui qui détient 10 actions pourra, en tout, en acheter 19 nouvelles, sur les deux années à venir, à un prix moyen de 1,35 euro, alors que le cours est au-dessus de 4 euros. Cela leur donnera le temps pour choisir, soit de vendre leurs Bons, soit de les exercer.
CF : Pourquoi est-ce si important selon vous que le projet soit voté mardi ?
R S : Il est vrai qu'avec la structure financière héritée du passé, la société a difficilement encaissé la crise financière qui a frappé durant l'été 2007 ; A Novo est un groupe industriel qui a des besoins en fonds de roulement. En clair, le groupe est sous-capitalisé. On doit donc remettre du carburant dans la machine ! Et vite, parce que des échéances arrivent en septembre et février prochains.
CF : Et s'il est voté, pouvez-vous affirmer que la route sera longue ?
R S : Fondamentalement, les résultats du groupe sont en forte amélioration : au premier semestre 2009, ANovo a publié un chiffre d'affaires de 190 millions d'euros, en hausse de 13%, avec un bénéfice net de presque 5 millions d'euros. Et pour 2009, nous maintenons nos objectifs. ANovo est quand même le champion européen du service après-vente des produits numériques. Alors si le problème de la dette est réglé, il n'y a aucun doute qu'ANovo a une longue route devant lui.
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