Bourse > Adocia > Adocia : Une cotation au Nasdaq "pas exclue après signature d'un grand partenariat"
ADOCIAADOCIA ADOC - FR0011184241ADOC - FR0011184241
19.220 € -1.08 % Temps réel Euronext Paris
19.190 €Ouverture : +0.16 %Perf Ouverture : 19.220 €+ Haut : 18.830 €+ Bas :
19.430 €Clôture veille : 15 290Volume : +0.22 %Capi échangé : 132 M€Capi. :

Adocia : Une cotation au Nasdaq "pas exclue après signature d'un grand partenariat"

Gérard Soula, PDG d'AdociaGérard Soula, PDG d'Adocia

(Tradingsat.com) - Introduite sur Euronext en 2012 à un cours de 15,88 euros, Adocia a pris une nouvelle dimension en Bourse après la récente annonce de résultats cliniques positifs sur sa formulation ultra-rapide de l’analogue d’insuline Lispro, utilisant la technologie BioChaperone. De quoi conforter la société de biotechnologie dans sa recherche d’un partenaire de premier plan pour un accord de licence, comme l’explique Gérard Soula, PDG et co-fondateur d'Adocia.

Tradingsat.com : Quelle est l’innovation apportée par votre insuline BioChaperone Lispro pour traiter le diabète ?

Gérard Soula : Il s’agit d’une version améliorée de l’insuline existante Lispro du laboratoire américain Eli Lilly. Lispro est sur le marché depuis plus de 10 ans, son chiffre d’affaires a représenté 2,5 milliards de dollars l’an dernier. C’est un produit qui doit être pris 15 à 20 minutes avant les repas pour lui laisser le temps d’agir au moment précis où les aliments vont entraîner une hausse du taux de glucose dans le sang. Or, en accélérant l’action métabolique de l’insuline, notre système de délivrance moléculaire BioChaperone permet de réduire ce laps de temps au minimum. Il devient possible de s’injecter le produit au tout début du repas, voire après l’avoir commencé. C’est un élément très important pour une bonne efficacité du traitement, notamment chez les enfants.

Tradingsat.com : Pourquoi réduire le délai d’action de l’insuline est-il si important ?

Gérard Soula : Il est primordial pour un patient diabétique de s’administrer correctement son traitement afin de réguler le mieux possible le taux de sucre dans le sang. Le risque est de prendre trop tôt ou trop tard son insuline, avec un décalage entre le moment où celle-ci agit et le moment où le taux de sucre apporté par l’alimentation augmente dans le sang. Le patient va alors subir des épisodes d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie. L’hypoglécymie peut conduire au coma et à des dégâts cérébraux, tandis que l’hyperglycémie peut entraîner à la longue une insuffisance rénale, une rétinopathie, des problèmes cardiovasculaires, etc.

Tradingsat.com : En quoi consiste votre second produit, Biochaperone combo ?

Gérard Soula : Les patients ont besoin de deux types d’insuline : l’insuline rapide pour corriger la glycémie au moment des repas, et l’insuline lente pour maintenir tout au long de la journée et de la nuit une concentration constante d’insuline dans le corps. Combiner les deux insulines dans le même flacon constituait un enjeu majeur. Nous sommes les seuls à avoir réussi à mélanger l’insuline lente de Sanofi, le Lantus, produit phare qui représente 8 milliards de dollars de ventes annuelles, avec Lispro, l’insuline rapide vedette d’Eli Lilly.

Tradingsat.com : Dans les deux cas, le but est donc d’obtenir une meilleure efficacité du traitement, avec notamment une meilleure observance.

Gérard Soula : Il faut savoir que sur les 15 dernières années, l’espérance de vie des patients diabétiques a augmenté de 10 ans grâce à ce type d’améliorations. L’insuline doit être administrée ni trop tôt, ni trop tard, ni trop, ni trop peu. Réduire le nombre d’injections est une avancée majeure pour un patient diabétique contraint de se « piquer » trois ou quatre fois par jour tout au long de sa vie. Une personne âgée peut avoir du mal à gérer deux produits différents avec des doses différentes. Elle peut se tromper, prendre l’insuline lente au moment du repas, et l’insuline rapide au moment de se coucher. Il y a beaucoup d’accidents à cause d’erreurs des patients dans l’observance de leur traitement.

Tradingsat.com : Vous cherchez aujourd’hui un partenaire pour le développement de Biochaperone Lispro. Un précédent accord avec Eli Lilly a été rompu en 2013.

Gérard Soula : Nous n’avions pas réussi à nous mettre d’accord avec Eli Lilly sur le plan de développement du produit. Mais depuis, grâce à cette décision, nous avons pu continuer à le développer à grande vitesse, comme nous l’entendions, avec des résultats de phase IIa extrêmement prometteurs. Si tout se passe bien, nous pourrons conclure un nouveau partenariat à des conditions supérieures à celles du précédent accord. Lorsque nous avions signé avec Eli Lilly, Biochaperone Lispro était à 4 ou 5 ans de sa mise sur le marché, aujourd’hui, nous sommes plutôt à trois ans, le projet a donc pris beaucoup de valeur.

Tradingsat.com : A quoi ressemble le partenaire idéal ?

Gérard Soula : Il doit faire partie des grands acteurs mondiaux dans le diabète, être capable de mener les essais cliniques de phase III et d’obtenir l’approbation du produit auprès des grandes agences de santé américaine, européenne, chinoise..., puis d’en assurer la commercialisation au niveau mondial.

Tradingsat.com : Avant Adocia, vous avez aussi fondé Flamel Technologies, cotée au Nasdaq. Envisagez-vous une cotation au Nasdaq pour Adocia ?

Gérard Soula : J’ai effectivement mené Flamel Technologies au Nasdaq. Nous essayons aujourd’hui de répéter l’exploit. Les résultats cliniques obtenus jusqu’à présent nous donnent à penser qu’Adocia prend peu à peu le même chemin que Flamel, avec, peut-être, l’objectif de faire mieux ! La cotation au Nasdaq n’est pas exclue mais elle ne pourra en tout cas avoir lieu que lorsqu’un grand partenariat aura été signé pour Biochaperone Lispro ou Biochaperone Combo.

Tradingsat.com : Comment se déroulent les discussions sur le partenariat ?

Gérard Soula : Etant donné l’importance des enjeux économiques, les négociations et les discussions prennent nécessairement du temps. Nos actionnaires peuvent être assurés d’une chose, nous savons quelle est la valeur de nos produits, et nous ne signerons pas d’accord de licence à un prix inférieur à cette valeur. L'accord comprendrait, comme il est d'usage, un upfront payment [paiement initial, ndlr], puis des milestones [paiements d'étape, ndlr] et des royalties sur les futures ventes. Notre position de trésorerie nous permet de tenir plus d’un an, ce qui nous laisse tout le temps nécessaire pour négocier.

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI