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Pourquoi il faut relativiser la flambée des actions à Wall Street depuis 10 ans

samedi 16 novembre 2019 à 07h30
Pourquoi il faut relativiser l'envergure du bull market

(BFM Bourse) - C'est entendu, Donald Trump nous l'a d'ailleurs suffisamment répété, on n'a jamais vu un cycle de hausse du marché américain aussi long. Cela fait plus de dix ans que l'indice phare S&P 500 n'a pas connu de phase baissière, ou bear market, d'au moins 20%. Pourtant, ce cycle actuel n'est pas le plus important en termes historiques.

Formidable, énorme, un record... Certains commentateurs (à commencer par le président des Etats-Unis qui se félicite régulièrement de la bonne santé des indices boursiers) abondent de qualificatifs mélioratifs pour évoquer le cycle haussier en cours à Wall Street.

De fait, l'ascension de la Bourse américaine est impressionnante. L'indice le plus représentatif du marché américain, le S&P 500, vient d'aligner cinq semaines consécutives de hausse, signant record après record. Depuis le début de l'année, sa progression est proche de 25%, ce qui le place en bonne voie pour signer sa meilleure performance annuelle depuis six ans (après la hausse de 29,6% enregistrée en 2013).

Stricto sensu, ce bull market -comme on surnomme un cycle haussier- est surtout le plus long jamais observé depuis la seconde guerre mondiale. Voilà en effet 128 mois que le S&P 500 reste en tendance haussière, sans avoir connu une seule correction d'au moins 20% (seuil conventionnellement retenu pour passer en bear market).

Une performance inférieure à la moyenne

Mais s'il est le plus long à ce jour, ce marché haussier n'est pas le plus important en termes de pourcentage de progression, relève Ryan Detrick, stratégiste chez LPL Financial, une plate-forme de courtage dédiée aux conseillers en gestion et aux gérants de patrimoine. "Beaucoup seraient surpris d'apprendre que le gain total [+357% au 8 novembre dernier, NDLR] au cours de l'actuel bull market est encore loin du record de 417% réalisé dans les années 1990", relève-t-il dans une note de blog.

La performance annuelle moyenne de 15,3% pour le présent cycle, remarquable dans l'absolu, est en fait inférieure à la moyenne de tous cycles haussiers confondus, qui est de 18,9% !

Pour Ryan Detrick, plusieurs éléments invitent à relativiser l'envergure du cycle actuel. D'une part, si le S&P 500 n'a donc jamais été interrompu depuis dix ans par une baisse d'au moins 20%... il en est en passé très près à deux reprises. En octobre 2011 et encore plus récemment en décembre 2018, les investisseurs ont subi des baisses supérieures à 19% mais tout juste inférieure à ce seuil quelque peu arbitraire. Autrement dit, une mauvaise journée de plus en territoire négatif aurait suffi à mettre symboliquement fin à la course du taureau... On peut donc considérer que sans tomber "officiellement" dans le bear market, le cycle actuel a connu des phases baissières très prononcées, ce qui relativise sa durée record.

D'autre part, le stratégiste rappelle que les années 2010 font suite à une décennie particulièrement exécrable pour les actions. Entre l'explosion de la bulle internet et la crise des subprimes, la période 2000-2009 a été marquée par deux bear markets ayant entraîné chacun non pas 20%... mais plus de 50% de repli ! Ce qui ne s'était jamais produit auparavant au cours d'une période de dix ans. En prenant ainsi un recul historique, il n'est donc pas surprenant de voir Wall Street enregistrer un rebond aussi vigoureux, à mettre en perspective avec la calamiteuse décennie précédente (pendant laquelle l'indice large américain avait perdu 24% au total).

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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