par Diana Mandia
9 mars (Reuters) - Les principales Bourses européennes sont attendues en nette baisse lundi à l'ouverture, la course folle des prix pétrole effrayant encore davantage les investisseurs déjà préoccupés par les répercussions inflationnistes de la guerre au Moyen-Orient.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait reculer de 1,9% à l'ouverture.
Les contrats à terme signalent une baisse de 2,17% pour le Dax à Francfort, de 0,77% pour le FTSE à Londres et de 1,71% pour le Stoxx 600.
Les prix du pétrole se sont envolés lundi sur le marché asiatique, dépassant la barre des 100 dollars le baril et atteignant leur plus haut niveau depuis mi-2022, une série de grands producteurs, dont l'Irak et le Koweït, réduisant leurs approvisionnements alors que les perturbations du transport maritime dans le détroit d'Ormuz se poursuivent dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.
Le Brent prend 17,43% à 108,85 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 15,46% à 104,95 dollars vers 06h28 GMT.
Déjà forte la semaine dernière après le début de l'opération israélo-américaine contre l'Iran et l'expansion du conflit aux pays du Golfe et au Liban, la hausse du brut inquiète fortement les opérateurs car elle pourrait entraîner une résurgence de l'inflation et conduire les banques centrales à modifier leurs plans de politique monétaire afin de freiner les prix, en plus du risque qu'elle fait peser sur l'activité économique.
La nomination de Mojtaba Khamenei pour succéder à son père l'ayatollah Ali Khamenei à la tête de l'Iran a également contribué à la hausse des prix, la décision de Téhéran risquant de provoquer la colère du président américain Donald Trump, qui avait précédemment réitéré son souhait de participer au processus de sélection du nouveau dirigeant iranien.
"À moins que les flux pétroliers dans le détroit d'Ormuz ne reprennent rapidement et que les tensions régionales ne s'apaisent, la pression à la hausse sur les prix devrait persister", a déclaré Vasu Menon, directeur général de la stratégie d'investissement chez OCBC.
"Face au pire choc pétrolier depuis les années 1970, tous les regards seront tournés vers la réponse de Washington", a déclaré Helima Croft, responsable de la stratégie mondiale des matières premières chez RBC Capital Markets, qui ajoute qu'il est difficile de prédire si le conflit durera plusieurs semaines ou plusieurs mois.
La hausse des prix du pétrole éloigne les investisseurs du risque, alimentant la reprise du dollar comme valeur refuge, et pénalise fortement lundi les Bourses asiatiques, des économies comme le Japon ou la Corée du Sud étant de grands importateurs d'énergie.
Les craintes renouvelées concernant les prix interviennent au cours d'une semaine clé pour les données sur l'inflation, notamment aux États-Unis, où les investisseurs attendent la publication de plusieurs indicateurs clés qui pourraient toutefois rapidement devenir obsolètes compte tenu de la situation volatile au Moyen-Orient.
LES VALEURS A SUIVRE : [L8N3ZU22V]
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en baisse vendredi à la suite d'un rapport décevant sur le marché du travail aux Etats-Unis et dans le sillage du bond des prix du pétrole en raison de l'escalade du conflit au Moyen-Orient.
L'indice Dow Jones a cédé 0,95%, le S&P-500, plus large, a perdu 1,33% et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 1,59%.
Un rapport du département américain du Travail publié vendredi a montré que l'économie a détruit de manière inattendue des emplois en février, alimentant les préoccupations sur un possible ralentissement économique alors même que les tensions géopolitiques favorisent une nette hausse des prix de l'énergie.
EN ASIE
L'indice Nikkei à Tokyo a plongé de 5,2% lundi, la flambée des prix du pétrole attisant les craintes d'inflation et de ralentissement économique.
Le Kospi de la Bourse de Séoul souffre encore (-5,9%), après avoir déjà perdu plus de 10% la semaine dernière.
En Chine, les Bourse sont également dans le rouge, l'escalade de la guerre au Moyen-Orient freinant l'appétit pour le risque.
L'indice composite de la Bourse de Shanghai recule de 0,59% et le CSI 300 des grandes capitalisations abandonne 0,9%
La Bourse de Hong Kong perd 1,61%
Sur le front des indicateurs, la hausse des prix à la consommation en Chine a accéléré en février, selon les données officielles publiées lundi, tandis que la déflation des prix à la production s'est légèrement atténuée.
TAUX / CHANGES
Le marché obligataire américain réagit à nouveau aux craintes inflationnistes.
Le rendement des Treasuries à dix ans grimpe de 6,1 points de base à 4,1926%. Le deux ans gagne 6,3 points de base à 3,6188%.
Le dollar gagne 0,38% face à un panier de devises de référence, profitant de son statut de valeur refuge.
L'euro est en revanche sous pression et perd 0,57% à 1,1552 dollar.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 9 MARS :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
DE 07h00 Production industrielle janvier 1,0% -1,9%
DE 07h00 Commandes à l'industrie janvier -4,3% 7,8%
EZ 09h30 Indice Sentix mars -3,5 4,2
(Rédigé par Diana Mandia, édité par Augustin Turpin)
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