par Diana Mandia
18 février (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en nette hausse mercredi, l'accalmie dans le secteur technologique des deux côtés de l'Atlantique favorisant les actifs risqués, tandis que les investisseurs digèrent l'impact d'un éventuel départ anticipé de Christine Lagarde de la présidence de la BCE.
À Paris, le CAC 40 a gagné 0,81% à 8.429,03. À Francfort, le Dax a avancé de 1,16% et à Londres, le FTSE 100 a pris 1,23%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini en hausse de 1,37%, le FTSEurofirst 300 de 1,22% et le Stoxx 600 de 1,23%, ce dernier signant par ailleurs sa meilleure séance depuis novembre dernier.
Les investisseurs européens ont retrouvé mercredi le goût du risque après plusieurs semaines de volatilité provoquée par le secteur clé de la technologie, ce qui a permis à plusieurs indices du continent, dont le Stoxx et le Footsie, d'atteindre des records au cours de la séance.
"Le secteur technologique a clairement connu des difficultés depuis le début de l'année", déclare Ryan Detrick, stratège chez Carson Group. "C'est un changement agréable de voir le secteur technologique reprendre le flambeau qu'il avait clairement laissé tomber jusqu'à présent en 2026", dit-il, en référence aux craintes concernant les perturbations que l'IA pourrait causer à de nombreux secteurs.
Outre la technologie, la flambée des prix du pétrole, qui a rebondi en réaction à l'absence de progrès dans les négociations visant à mettre fin à la guerre en Ukraine, a stimulé les valeurs énergétiques, tandis que la reprise des prix des métaux, y compris l'or, a fait grimper les ressources de base, récemment en berne.
La séance a toutefois été marquée par quelques sursauts, liés notamment à la possibilité d'un départ anticipé de Christine Lagarde de la présidence de la Banque centrale européenne (BCE), à un moment où l'institut de Francfort ne semble pas très pressé de modifier ses taux d'intérêt.
Ce scénario, évoqué par le Financial Times, ne devrait pas changer grand-chose à la politique monétaire dans un contexte d'inflation maîtrisée et de croissance raisonnable de la zone euro, mais il crée un sentiment d'incertitude qui a pesé sur la monnaie unique. Selon le quotidien britannique, Christine Lagarde souhaiterait, par son départ anticipé, permettre au président Emmanuel Macron d'avoir son mot à dire dans le choix de son successeur.
"Cela enverrait le signal que les élites européennes tentent de contrôler l'institution, ce qui pourrait s'avérer contre-productif pour tout ce que l'UE tente d'accomplir", a déclaré Frederik Ducrozet, responsable de la recherche macroéconomique chez Pictet Wealth Management.
La politique monétaire occupe le devant de la scène également aux Etats-Unis, avec la publication, prévue mercredi à 19h00 GMT, des "minutes" de la réunion de janvier de la Fed, qui permettra d'en savoir plus sur les délibérations des responsables de la politique monétaire.
VALEURS
Une longue série de résultats a également été au programme des investisseurs mercredi.
A Paris, le plan stratégique de Carrefour ne semble pas convaincre et le géant de la distribution a reculé de 4,8%, lanterne rouge du CAC 40.
Le groupe verrier Verallia a quant à lui abandonné 5,7% après avoir lancé une revue stratégique.
Les tensions géopolitiques, et notamment une nouvelle session de pourparlers entre Ukrainiens et Russes à Genève qui s'est achevée sans avancée visible, ont soutenu les valeurs de la défense, qui ont pris 3%.
BAE Systems, qui a fait état d'un carnet de commandes record pour 2025 a gagné près de 4%, et le groupe français Thales, 4,2%.
Bayer a perdu 7% après avoir proposé la veille que sa division Monsanto verse 7,25 milliards de dollars dans le cadre d'un règlement judiciaire national aux Etats-Unis afin de solder les poursuites actuelles et à venir contre son désherbant Roundup.
A WALL STREET
A New York, les valeurs technologiques poursuivent leur remontée, faisant progresser le Nasdaq Composite de 1,33%. Le Dow Jones prend quant à lui 0,54% et le Standard & Poor's 500 0,86%.
LES INDICATEURS DU JOUR
L'inflation des prix à la consommation en Grande-Bretagne a ralenti sur un an à 3,0% en janvier après 3,4% en décembre, son plus bas niveau depuis mars dernier, ce qui renforce les arguments en faveur d'une baisse prochaine des taux d'intérêt par la Banque d'Angleterre (BoE), même si les pressions sous-jacentes sur les prix sont restées fortes.
En France, l'inflation harmonisée selon les normes européennes (IPCH) est ressortie à 0,4% sur un an en janvier, selon les données définitives publiées mercredi par l'Insee.
Aux Etats-Unis, la production industrielle a progressé plus que prévu en janvier, montrent les statistiques officielles publiées mercredi.
CHANGES
Le billet vert gagne 0,33% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro a finalement réagi aux incertitudes entourant le mandat de Christine Lagarde, reculant de 0,35% à 1,1812 dollars.
TAUX
Les rendements obligataires allemands, référence de la zone euro, ont fini sur de faibles variations mercredi, ne réagissant guère au départ éventuel de Christine Lagarde.
Le rendement du Bund allemand à dix ans s'est établi à 2,7436%, celui de son homologue à deux ans à 2,0599%.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans prend 2,3 points de base à 4,0769%, tout comme celui de l'obligation à deux ans, qui ressort à 3,4595%. Les investisseurs attendent notamment les "minutes" de la Fed avant de nouvelles données sur l'inflation et la croissance vendredi.
PÉTROLE
Les prix du pétrole réagissent fortement à l'absence de progrès visibles dans les négociations visant à mettre fin à la guerre en Ukraine.
Le Brent prend 3,56% à 69,82 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 3,87% à 64,74 dollars.
MÉTAUX
Le prix de l'or augmente avec les incertitudes géopolitiques, à 5.005,31 dollars l'once vers 16h51 GMT.
À SUIVRE LE 19 FÉVRIER:
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Kate Entringer)
Copyright © 2026 Thomson Reuters