par Diana Mandia
PARIS, 20 mars (Reuters) - Les principales Bourses européennes sont attendues sur un rebond vendredi à l'ouverture, les prix de l'énergie reculant après leur flambée de la veille, tandis que les investisseurs digèrent le ton plus restrictif des banques centrales face aux risques croissants d'inflation.
Les contrats à terme sur indices suggèrent une ouverture en hausse de 0,69% pour le CAC 40 parisien, de 0,86% pour le Dax à Francfort et de 0,36%.
Le Stoxx 600 devrait ouvrir sur un gain de 0,79%.
Les cours du pétrole sont en légère baisse vendredi, après que le Brent, référence du marché mondial, a atteint la veille 119 dollars le baril, tandis que les prix du gaz naturel ont bondi de plus de 30% en Europe, en réaction aux attaques iraniennes contre des installations énergétiques de premier plan dans le Golfe, elles-mêmes une riposte de Téhéran aux frappes israéliennes contre ses propres sites.
Le Brent recule de 0,41% à 108,20 dollars, tout en restant bien au-dessus des niveaux d'avant le début de la guerre fin février, après avoir progressé de plus de 40% ce mois-ci. Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 0,9% à 95,27 dollars.
Le contrat à terme néerlandais sur le hub TTF, référence des prix du gaz pour l'Europe, est également en légère baisse vendredi, à 60,9 euros par mégawattheure (MWh).
Une série de déclarations visant à contenir la flambée des prix a quelque peu calmé la course folle des deux dernières séances.
Jeudi soir, La France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Japon et le Canada ont publié une déclaration commune dans laquelle ils se disent prêts à se joindre aux efforts pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz et à prendre des mesures pour stabiliser les marchés de l'énergie.
Selon le président français Emmanuel Macron, la France serait prête à prendre la responsabilité d'un système d'escorte des navires sur cette route maritime stratégique, mais une fois que la situation serait plus calme.
Les principaux pays se sont jusqu'à présent opposés à toute opération militaire dans le détroit, une position qui a irrité le président américain Donald Trump.
Le locataire de la Maison blanche affirme par ailleurs avoir demandé à son homologue israélien Benjamin Netanyahu de ne pas attaquer des sites énergétiques iraniens, ajoutant que le Premier ministre israélien avait accepté.
La perspective d'une période prolongée de prix élevés de l'énergie est particulièrement préoccupante pour les marchés et pour les responsables politiques, non seulement en raison de la possibilité d'une prolongation du conflit, mais aussi du temps qu'il faudra pour que les infrastructures touchées par les attaques dans une région clé pour l'approvisionnement reprennent leur fonctionnement normal.
La guerre a déjà conduit les principales banques centrales du monde à adopter un ton plus restrictif.
La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu jeudi ses trois taux directeurs à leur niveau actuel, tout en avertissant que le conflit assombrissait les perspectives en termes de croissance et d'inflation dans la zone euro. Selon des sources, Francfort pourrait devoir commencer à discuter d'un relèvement de ses taux directeurs dès le mois d'avril et éventuellement resserrer sa politique monétaire lors de la réunion de juin.
La Banque du Japon (BoJ), la Réserve fédérale (Fed) américaine, la Banque du Canada(BoC) et la Banque d'Angleterre (BoE)se sont également montrées prudentes lors de leurs réunions respectives quant à l'impact de la hausse des prix du pétrole sur l'inflation.
LES VALEURS A SUIVRE :
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en baisse jeudi après la flambée des prix du pétrole qui fait craindre un regain d'inflation et réduit la possibilité de futures réductions des taux de la Fed.
Le Dow Jones a cédé 0,44%, le S&P 500 a reculé de 0,27% et le Nasdaq Composite a baissé de 0,28%.
EN ASIE
La Bourse de Tokyo est fermée vendredi en raison de l'Equinoxe de Printemps.
Les Bourses chinoises ont terminé en baisse vendredi.
L'indice CSI 300 des grandes capitalisations de Chine continentale a perdu 0,35%, tandis que le SSE Composite de Shanghaï a reculé de 1,24%.
Les valeurs du secteur photovoltaïque se distinguent, après que Reuters a rapporté que Tesla cherchait à acheter du matériel destiné à la fabrication de panneaux et de cellules solaires auprès d'entreprises chinoises.
La Bourse de Hong Kong recule de 1,03%.
TAUX
Les craintes inflationnistes, qui anéantissent les espoirs de baisses des taux de la part des banques centrales, ont eu un fort impact sur le marché obligataire, mais la séance est plus calme ce matin.
Le rendement des Treasuries à dix ans recule de 0,4 point de base à 4,2788%. Le deux ans perd 0,3 point de base à 3,8300% après avoir grimpé jeudi à un plus haut de sept mois.
Le rendement du Bund allemand à dix ans est presque à 2,9522%. Le deux ans recule de 3,1 points de base à 2,5356%.
Le rendement des obligations allemandes à deux ans, le plus sensible aux anticipations sur les taux, a augmenté d'environ 56 points de base depuis le début du mois, tandis que celui des Gilts britanniques à deux ans a bondi de 88.
CHANGES
Le dollar gagne 0,11% face à un panier de devises de référence.
Le billet vert a toutefois reculé cette semaine après avoir atteint des sommets inégalés depuis plusieurs mois, la Fed étant désormais la seule grande banque centrale qui ne devrait pas relever ses taux cette année.
Avant le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, les investisseurs tablaient sur deux baisses des taux de la Fed en 2026, et ils estiment désormais qu'une seule baisse est une perspective lointaine.
Pourtant, les perspectives des autres grandes banques centrales sont devenues encore plus restrictives, et ce à un rythme encore plus rapide.
L'euro perd 0,16% à 1,1569 dollar.
PLUS AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L'AGENDA DU 20 MARS
(Rédigé par Diana Mandia, édité par Augustin Turpin)
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