TOKYO, 24 mars (Reuters) - L'inflation sous-jacente au Japon est tombée en février sous l'objectif de 2% fixé par la Banque du Japon (BoJ) pour la première fois depuis près de quatre ans, montrent les données publiées mardi, les aides gouvernementales sur les carburants ayant compensé la hausse des coûts d'importation due à la faiblesse du yen.
Si ce chiffre ne devrait pas bouleverser le plan de resserrement monétaire de la banque centrale nippone, la pression à la baisse sur les prix exercée par l'intervention gouvernementale compliquera la communication de l'institution monétaire à un moment où elle cherche à relever les coûts d'emprunt.
L'indice des prix à la consommation (IPC) sous-jacent, qui exclut l'effet de la volatilité des coûts des produits alimentaires frais, a augmenté de 1,6% en février sur un an, contre 2% en janvier.
Il passe donc en-deçà de l'objectif de la BoJ pour la première fois depuis mars 2022.
La banque centrale a déclaré la semaine dernière qu'elle publierait d'ici l'été un nouvel indicateur de prix qui exclurait l'effet de ces facteurs politiques ponctuels afin de mieux évaluer l'inflation sous-jacente, une mesure qui, selon certains analystes, vise à justifier de nouvelles hausses de taux.
"Les pressions inflationnistes sont plus ancrées que ne le suggère le faible résultat global de février", a déclaré Abhijit Surya, économiste chez Capital Economics.
"En effet, nous pensons que la mesure de l'inflation sous-jacente privilégiée par la Banque du Japon restera supérieure à son objectif de 2% dans un avenir prévisible. Par conséquent, les arguments en faveur d'un nouveau resserrement monétaire restent valables", a-t-il ajouté.
Si l'inflation globale a ralenti à 1,3% en février, contre 1,5% en janvier, cela s'explique principalement par une baisse de 9,1% des coûts énergétiques, due à la reprise des subventions pour l'électricité et le gaz.
La BoJ a maintenu ses taux d'intérêt inchangés la semaine dernière, tout en mettant en garde contre l'impact que la hausse des prix du pétrole liée à la guerre en Iran pourrait avoir sur l'inflation sous-jacente.
La banque centrale japonaise est confrontée à un choix difficile, le conflit au Moyen-Orient accentuant les pressions inflationnistes tout en nuisant aux bénéfices des entreprises et à une économie fortement dépendante des importations de carburant.
(Leika Kihara; version française Diana Mandia, édité par Augustin Turpin)
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