PARIS, 7 janvier (Reuters) - La croissance économique de la France devrait rester modérée en 2026, soutenue par un environnement mondial favorable mais freinée par la faiblesse de la demande domestique et l'incertitude politique prolongée dans le pays, estiment les économistes de Goldman Sachs dans une note publiée mercredi.
Ils visent une progression du produit intérieur brut (PIB) de 1,2% cette année, après +0,9% attendu pour 2025.
L'économie française devrait profiter de la politique budgétaire expansionniste de l'Allemagne et d'un impact moindre des droits de douane imposés par l'administration de Donald Trump.
La demande interne sera toutefois freinée par la réduction supplémentaire du déficit public et les incertitudes politiques persistantes alors que la France ne dispose toujours pas d'un budget pour 2026.
Après l'échec des travaux de la Commission paritaire composée de députés et de sénateurs sur le projet de loi de finances (PLF) 2026, une loi spéciale a été adoptée fin décembre pour permettre la continuité du fonctionnement l'Etat, le prélèvement des impôts en particulier.
Le PLF, dans sa version amendée par le Sénat, doit être examiné jeudi et vendredi par la Commission des Finances de l'Assemblée nationale, avant un retour dans l'hémicycle le 13 janvier.
"Nous prévoyons que le Parlement finalisera les négociations budgétaires dans les prochains mois et ouvrira la voie à une nouvelle légère réduction du déficit public, qui le ramènerait de 5,4% du PIB à 5,1% en 2026", estiment les économistes de Goldman Sachs.
Selon eux, les incertitudes politiques devraient rester contenues au cours du premier semestre, avec le maintien probable du Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon.
"De plus, la possibilité pour le président Macron de convoquer des élections législatives anticipées devrait se refermer en avril, laissant ainsi au prochain président la possibilité de constituer une majorité parlementaire", notent-ils.
"Par la suite, l'incertitude politique pourrait ressurgir à l'automne, lors des négociations budgétaires."
Dans ce contexte, les économistes de Goldman Sachs estiment que les actifs français présentent des opportunités en raison de leur faible valorisation.
Sur le marché obligataire, le rendement de l'OAT française à dix ans devrait rester 70 points de base au-delà du taux allemand de même échéance. La croissance continue de l'économie française devrait profiter aux valeurs exposées à l'activité domestique.
(Rédigé par Blandine Hénault, édité par Kate Entringer)
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