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Marché : Faut-il profiter de la crise sur le Brexit pour rafler à bon compte des actions anglaises?

mercredi 16 janvier 2019 à 16h18
Pourquoi Barclays parie sur certains secteurs de la cote britannique malgré l'incertitude

(BFM Bourse) - Alors que les actions britanniques ont fait significativement moins bien que la moyenne des autres marchés depuis le référendum sur le Brexit, plusieurs secteurs présentent un bon rapport risque/rendement, affirme une note de Barclays.

Le refus par le parlement britannique de ratifier l'accord de retrait de l'Union européenne présenté par le gouvernement de Theresa May apparaît élargir le champ des possibles concernant l'avenir institutionnel outre-Manche. Sans pour autant faire du "hard Brexit" la principale hypothèse des stratégistes.

"L'impasse actuelle ne trouve toujours pas d'issue, mais une absence d'accord apparaît toujours peu probable", notamment dans la mesure où les derniers développements devraient aboutir à remettre le pouvoir de décision entre les mains du Parlement. "Bien sûr, l'heure tourne et un "no deal" pourrait survenir par accident ou par défaut [d'une autre solution dans les temps]. Cependant, le Parlement a obtenu davantage de latitude pour l'empêcher", explique Barclays, qui souligne la possibilité que le délai avant la sortie de l'Union, prévue à l'article 50, soit prolongé avec l'assentiment des Européens avant de parvenir à un terrain d'entente permettant une sortie en (relativement) bon ordre. Cette perspective demeure la plus probable, même si la banque reconnaît que des scénarios alternatifs jugés jusqu'alors peu probables (nouveau référendum et/ou nouvelles élections législatives) ont pris davantage corps.

Des valorisations attrayantes

Le bureau d'études en profite pour faire un point sur la valorisation des actifs liés à l'économique britannique, soulignant qu'en tout état de cause il devient difficile de résister à l'attrait de certains segments compte tenu de leur valorisation.

Si depuis le 1er janvier les valeurs domestiques (tout comme la livre sterling) enregistrent un léger rebond après leur chute du quatrième trimestre 2018, les investisseurs sont loin de manifester beaucoup d'appétit pour ces actifs considérés comme "otages de la politique". "Les investisseurs internationaux ont quitté le Royaume-Uni et ne sont pas prêts à entendre de bonnes nouvelles", remarque Barclays. Abandonnés brièvement fin 2018 après la conclusion de l'accord avec l'Union européenne, les paris à découvert contre la livre ont été rouverts. Les flux de capitaux investis au Royaume-Uni par rapport à l'ensemble des actifs européens a atteint son niveau le plus faible depuis 2015, faisant de la région la plus sous-pondérée parmi les grandes régions du monde.

Une croissance meilleure que prévu

Pourtant, en contradiction avec la fuite de capitaux observée depuis le référendum, l'activité économique s'est montrée étonnamment résiliente depuis, à l'opposé des prédictions pessimistes (au troisième trimestre 2018, le dernier connu, la croissance a accéléré à +0,6%, soutenue par une consommation vigoureuse cet été et par une accélération de la construction et des services, à comparer à +0,2% en zone euro). Et si les signaux récents, tels que les indices PMI de décembre, pointent clairement vers un ralentissement, force est de reconnaître que cela n'est pas propre à la Grande-Bretagne, la dynamique s'effritant pratiquement partout en particulier en France et en Allemagne.

Tout bien considéré, après deux ans et demi de sous-performance en Bourse, les actions britanniques apparaissent offrir à moyen terme un rapport rendement/risque attrayant, estime donc Barclays. Le secteur bancaire comme Lloyds et RBS semblent valorisée particulièrement modestement, le cours intégrant beaucoup d'éléments négatifs et offrent donc un bon point d'entrée dans l'hypothèse d'un Brexit en bon ordre, toujours selon Barclays. Le bureau d'études juge aussi attrayant les entreprise de construction immobilière à l'image de Barratt Developments, Coutryside Properties ou Taylor Wimpey., qui bénéficient de fortes marges et offrent des rendements allant jusqu'à deux chiffres. En revanche, Barclays se dit peu attiré par les foncières (en particulier celles exposées à un marché londonien qui se retourne). Le secteur des mines, traditionnellement très représenté à la Bourse de Londres, est aussi mis en avant notamment en raison de l'exposition aux marchés émergents.

Une stratégie qui n'est pas exemple de risques pour autant. Barclays prévient qu'une sortie sans accord pèserait certainement sur l'économie. Si ce scénario pour l'heure pas considéré comme le plus probable se concrétisait, les valeurs britanniques renoueraient certainement avec une tendance baissière, selon le bureau d'études.

Guillaume Bayre - ©2019 BFM Bourse
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