(BFM Bourse) - L'action du constructeur de véhicules électriques a reculé dans les échanges post-clôture de marché, mercredi soir, après qu'Elon Musk a relevé la prévision de dépenses d'investissements du groupe pour 2026. Tesla a autrement livré des résultats meilleurs qu'attendu au premier trimestre.
Habituellement, les résultats de Tesla n'ont à proprement parler que peu d'impact sur son cours de Bourse.
Les investisseurs se soucient de moins en moins des comptes en berne de l'activité d'automobiles électriques traditionnelle du groupe fondé par Elon Musk. Les opérateurs de marché se projettent vers les grandes ambitions de la société en matière de robotaxis, d'autonomie, ou de robots humanoïdes.
Toutefois, les résultats du premier trimestre de l'entreprise, publiés mercredi soir après la clôture du marché ont été plutôt bien accueillis par Wall Street, du moins dans un premier temps.
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Une rentabilité supérieure aux attentes
Sur les trois premiers mois de l'année, Tesla a vu ses livraisons d'automobiles augmenter de 6% à 358.000 unités. Les revenus du groupe automobile se sont inscrits en progression de 16% à 22,39 milliards de dollars, avec une hausse de 16% de son chiffre d'affaires tiré de l'automobile à 16,23 milliards de dollars.
La marge brute du groupe s'est inscrite à 21,1%, en hausse de près de 5 points de pourcentage, tandis que la marge opérationnelle a doublé sur un an à 4,2%. Le bénéfice par action a lui grimpé de 52% pour atteindre 41 cents.
Le groupe a aisément battu les attentes. Selon un consensus mis en ligne par l'entreprise, les analystes tablaient sur des revenus de 21,42 milliards de dollars, une marge opérationnelle de 2,5% et un bénéfice par action de 33 cents.
Ces comptes meilleurs qu'anticipé par les bureaux d'études montrent surtout que la société parvient à serrer ses coûts opérationnels.
"Typiquement, je me serai attendu à des marges plus faibles" avec de tels volumes, a commenté Gene Munster, gérant chez Deepwater Asset Management.
Hausse des "capex"
La rentabilité supérieure aux attentes de Tesla a été suivi d'une hausse de l'action de 4% dans les échanges d'après-clôture à Wall Street.
Mais le titre s'est retourné pendant la conférence téléphonique tenue par le directeur général, Elon Musk, et par le directeur financier, Vaibhav Taneja, pour finir en baisse de 0,3%.
L'action a été plombée par les annonces de Musk, qui a indiqué que les "capex" (les dépenses d'investissements) de Tesla, s'élèveraient à 25 milliards de dollars en 2026, contre une précédente cible de 20 milliards de dollars.
"Vous devrez vous attendre à voir une augmentation très importante des 'capex' qui, je pense, sont bien justifiées pour un flux de revenus futur substantiellement accru", a déclaré Elon Musk aux analystes.
"Cela semble beaucoup, et nous allons avoir un effet négatif sur le flux de trésorerie pendant le restant de l'année, mais nous pensons que c'est la bonne stratégie pour positionner l'entreprise pour la prochaine ère", a abondé Vaibhav Taneja, le directeur financier.
"Étant donné que les 'capex' premier trimestre n'étaient que de 2,5 milliards de dollars, cela implique une forte augmentation pour le reste de l'année et soulève la possibilité que le total des dépenses annuelles se rapproche de 30 milliards de dollars", calcule Gene Munster.
Changer de statut
Ces investissements massifs doivent permettre de financer l'extension des capacités des usines de la société, la production des futurs robots humanoïdes Optimus, du Cybercab, le véhicule autonome de Tesla, ou encore ses initiatives d'intelligence artificielle (IA) .
Gene Munster estime que le marché, en s'inquiétant de l'alourdissement de ces "capex", "passe à côté du sujet".
"Tesla devient plus agressif pour tirer parti de l'opportunité de l'IA physique, ce qui est une bonne chose", fait valoir l'expert.
"Oui, le flux de trésorerie sera négatif au cours des prochains trimestres, mais l'entreprise dispose de 45 milliards de dollars en liquidités et équivalents pour soutenir largement les investissements", ajoute-t-il.
Tesla cherche depuis maintenant plusieurs trimestres à passer du statut de constructeur électrique menacé par la concurrence à celui d'une entreprise spécialisée dans l'autonomie et l'intelligence artificielle.
La société a lancé en juin 2026 son service de robotaxis à Austin au Texas, qu'il est actuellement en train d'étendre à d'autres métropoles. La société a débuté les trajets sans supervision humaine en avril à Dallas et Houston, et le service devrait être disponible dans une dizaine de villes d'ici à la fin de l'année.
Ces services sont pour l'heure assurés par des Tesla Model Y que la société compte remplacer par son véhicule purement autonome, le Cybercab, quand la production de ce dernier modèle débutera, ce qui est prévu pour cette année.
Le marché a quelque peu acheté les promesses racontées par le groupe et sa direction.
Dans une récente note, Bank of America a estimé que les logiciels de conduite autonome (FSD) pour les particuliers représentaient autour de 19% de la valorisation boursière de Tesla (actuellement autour de 1.454 milliards de dollars), les robots humanoïdes Optimus autour de 2%, et, surtout, les robotaxis autour de 52%.
Or, aucune de ces initiatives ne génèrent réellement du cash pour la société.
Cité par l'AFP, Elon Musk a indiqué que les revenus générés par les services de robotaxis ne devraient devenir significatifs, "probablement de manière importante, que l'an prochain". Le FSD paraît, lui, encore lointain. La conduite autonome se fera "progressivement (...) quand une zone sera considérée sûre", a indiqué le dirigeant.
Quant à la production à grande échelle du robot humanoïde Optimus, elle devrait commencer "à l'été, en juillet ou en août". Mais Elon Musk "ne sait pas" combien d'exemplaires seront fabriqués cette année.
Dans une récente note, Bank of America estimait que Tesla pourrait vendre ces robots entre 30.000 et 40.000 dollars l'unité.
