par Yuliia Dysa et Daniel Flynn
KYIV, 24 mai (Reuters) - La Russie a fait subir dimanche à la région de Kyiv, la capitale de l'Ukraine, l'un des bombardements les plus intenses depuis le début la guerre déclenchée il y a plus de quatre ans par Moscou, en utilisant notamment un missile balistique hypersonique à moyenne portée de type Orechnik.
Le feu russe, qui a duré plusieurs heures pendant la nuit, a fait quatre morts et plus de 80 blessés, ont souligné les autorités ukrainiennes, ajoutant que des dizaines d'immeubles résidentiels ainsi que plusieurs écoles ont été endommagés.
"Ce fut une nuit terrible pour Kyiv", dit le maire de la capitale Kyiv Vitali Klitschko dans un message sur Telegram envoyé depuis le lieu d'une des attaques.
"En ce moment même, les secouristes éteignent les incendies et déblayent les débris. Le personnel médical apporte son aide aux victimes", a-t-il souligné, notant que deux personnes avaient été tuées à Kyiv et 69 autres blessées lors des attaques contre la capitale.
De nombreux habitants ont trouvé refuge pendant la nuit dans les stations de métro de la ville. Nataliia Zvarych, 62 ans, a raconté s'être précipitée vers sa station de métro locale lorsque les explosions ont commencé à secouer la ville.
"C'était terrifiant, effrayant", a-t-elle ajouté. "Nous sommes assis ici depuis plus de trois heures maintenant, à écouter les explosions là-haut".
Deux autres personnes ont été tuées et neuf autres blessées lors d’attaques menées dans la région de Kyiv, a déclaré le gouverneur régional Mykola Kalashnyk.
Et onze personnes ont été blessées dans la ville de Tcherkassy, dans le centre de l'Ukraine, après qu'un drone s'est écrasé sur un immeuble d'habitation, a déclaré la Première ministre ukrainienne Ioulia Svyrydenko
CONDAMNATION DES DIRIGEANTS EUROPÉENS
La Russie a lancé 600 drones et 90 missiles sur la région de Kyiv, a dit le président ukrainien Volodimir Zelensky, dont des Orechnik, des missiles vantés par le président russe Vladimir Poutine comme étant impossibles à intercepter en raison de leur vitesse, qui serait plus de dix fois supérieure à celle du son.
Volodimir Zelensky avait dit samedi que la Russie préparait une frappe contre l'Ukraine à l'aide d'un missile balistique hypersonique Orechnik.
La Russie a accusé vendredi l'Ukraine d'avoir délibérément visé un internat de la région de Louhansk, occupée par la Russie, dans l'est de l'Ukraine, conduisant alors président russe Vladimir Poutine à ordonner la préparation des représailles.
L'armée ukrainienne a nié toute responsabilité dans cette attaque, qui a fait 18 morts selon le dernier bilan, dont nombre de jeunes filles.
" Il est important que cela ne reste pas sans conséquences pour la Russie", a dit Volodimir Zelenskiy sur l'application de messagerie Telegram.
"Des décisions s'imposent - de la part des États-Unis, de l'Europe et d'autres".
Le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas ont tous condamné l'attaque russe et notamment l'utilisation de missiles Orechnik.
"La France condamne cette attaque et le recours au missile balistique Orechnik, qui signent surtout une forme de fuite en avant et l’impasse de la guerre d'agression de la Russie. Notre détermination à continuer de soutenir l'Ukraine (...) n'en est que renforcée", a déclaré Emmanuel Macron sur X.
Kaja Kallas a assuré que les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne discuteraient cette semaine de la manière d'augmenter la pression exercée sur Moscou.
Avant ce dimanche, la Russie avait déjà attaqué l'Ukraine à deux reprises avec l'Orechnik, un missile dont le président russe Vladimir Poutine s'est vanté qu'il était impossible à intercepter en raison de sa vitesse, qui serait plus de dix fois supérieure à celle du son.
Moscou a tiré pour la première fois un Orechnik contre ce que le pays a présenté comme une usine militaire en Ukraine en novembre 2024. À cette occasion, des sources ukrainiennes ont dit que le missile transportait des ogives factices, et non des explosifs, causant de ce fait des dégâts limités.
La deuxième attaque a eu lieu en janvier 2026, et le missile avait alors frappé la région de Lviv, dans l'ouest du pays.
(Avec la contribution d'Alina Smutko, de Gleb Garanich, d'Anna Voitenko, de Yurii Kovalenko et de Max Hunder, Version française Benoit Van Overstraeten)
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