par Sheila Dang
HOUSTON, 1er mai (Reuters) - Exxon Mobil a dépassé les attentes sur son bénéfice ajusté du premier trimestre vendredi, mais le bénéfice non ajusté de la major pétrolière américaine a atteint son plus bas niveau depuis cinq ans, en raison des perturbations liées à la guerre en Iran.
Le bénéfice non ajusté a aussi subi un impact négatif important lié à des effets de calendrier concernant les produits dérivés financiers.
Sur la période janvier-mars, le bénéfice ajusté s'est établi à 1,16 dollar par action (0,9887 euro), alors que les analystes tablaient sur 1,00 dollar selon un consensus LSEG. Ce résultat exclut une perte de 700 millions de dollars liée à des cargaisons qui n'ont pas pu être livrées en raison de la guerre.
En excluant également l'impact des produits dérivés financiers, le bénéfice était de 2,09 dollars par action. Le résultat net trimestriel s'est élevé à 4,2 milliards de dollars, en baisse après 7,7 milliards il y a un an et à son plus bas niveau depuis le premier trimestre 2021.
Le groupe américain a bénéficié de la hausse des cours du pétrole et de l'augmentation de la production de ses principaux sites actifs dans le bassin permien et en Guyane, ce qui a permis d'équilibrer les perturbations de production au Moyen-Orient.
Dans un communiqué, Darren Woods, président-directeur général d'Exxon, a déclaré que l'entreprise était plus forte qu'il y a quelques années, mais que "les événements au Moyen-Orient ont mis cette force à l'épreuve, la sécurité de nos collaborateurs restant notre priorité absolue".
Le conflit au Moyen-Orient a fait grimper les prix du pétrole depuis la fin du mois de février, mais son impact sur les principaux géants du pétrole a été inégal.
Exxon avait précédemment fait état d'une perte de plusieurs milliards de dollars due à des effets de calendrier, que le groupe prévoit de dénouer au cours des prochains trimestres, contrairement à la major britannique BP, qui a fait état mardi d'une hausse de son bénéfice grâce à ses opérations sur le marché pétrolier.
Exxon utilise des produits dérivés financiers pour atténuer le risque lié aux changements de prix durant le délai nécessaire à la livraison des cargaisons à ses clients. La valeur de l'expédition physique n'est pas prise en compte dans les résultats tant que la transaction est incomplète, ce qui affecte le calendrier, a expliqué la société.
"En général, il faut quelques mois pour que cela se dénoue", a déclaré lors d'un entretien Neil Hansen, directeur financier d'Exxon, bien qu'il ait ajouté qu'il était difficile de prédire l'éventualité d'autres conséquences sur le calendrier à l'avenir, ce qui dépend de l'évolution des prix des matières premières.
IMPACT SUR LE MOYEN-ORIENT
Neil Hansen a déclaré que les affaires sous-jacentes faisaient preuve de résilience et que, en excluant tous les effets de calendrier et les cargaisons non livrées, le résultat net avait progressé sur un an.
Environ 20% de la production pétrolière et gazière d'Exxon se situe au Moyen-Orient, ce qui représente l'un des taux d'exposition les plus élevés par rapport à ses concurrents, dont Chevron, le deuxième producteur de pétrole américain, qui a déclaré vendredi que moins de 5% de sa production provenait de cette région.
Les perturbations liées à la guerre ont entraîné une baisse de 6% de la production en glissement trimestriel, a expliqué Exxon dans un document réglementaire publié au début du mois.
Le producteur de pétrole détient des participations dans deux installations de gaz naturel liquéfié au Qatar qui ont été touchées par les attaques iraniennes.
Le flux de trésorerie disponible d'Exxon s'est élevé à 2,7 milliards de dollars au premier trimestre, contre 8,8 milliards un an plus tôt. La société a versé 4,3 milliards de dollars de dividendes et racheté pour 4,9 milliards d'actions sur le premier trimestre.
Les dépenses d'investissement en trésorerie ont représenté un total de 6,2 milliards de dollars, conformément aux prévisions de la société pour l'ensemble de l'année.
(Sheila Dang à Houston; version française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)
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