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Les glaces en 2025, la mayonnaise en 2026? Après la scission avec Magnum, Unilever a reçu une offre de rachat pour ses produits alimentaires comme les mayonnaises Hellmann's et les soupes Knorr

Aujourd'hui à 15:37
Unilever va-t-il opérer une nouvelle cession

(BFM Bourse) - À la suite d'informations de presse, la société a indiqué avoir reçu une offre pour sa division de produits alimentaires. L'idée de vendre cette division ne convainc pas totalement les analystes.

Unilever va-t-il poursuivre sa cure d'amaigrissement? L'an passé, le groupe anglo-néerlandais avait scindé sa division de crèmes glacées, Magnum Ice Cream (Magnum, Cornetto, Carte d'or), via une introduction en Bourse réalisée en décembre.

Une séparation de sa division de produits alimentaires, qui regroupe surtout les soupes Knorr et la mayonnaise Hellmanns, est désormais également évoquée.

Mardi, l'agence Bloomberg a rapporté que la société étudiait une potentielle scission partielle ou totale de cette activité.

Ce vendredi 20 mars, Unilever a publié un communiqué, indiquant avoir reçu une offre de reprise de cette division de produits de la part de McCormick & Company (Vahiné, Ducros). Les deux sociétés sont actuellement en discussions et "il n'y aucune certitude sur le fait qu'une transaction soit conclue", a ajouté l'entreprise.

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Une opération autour de 30 milliards d'euros

Selon les derniers résultats annuels publiés par Unilever, la division de produits alimentaires de la société représentait environ 13 milliards d'euros de revenus, soit 26% du total. La croissance en données comparables de cette division (2,5%) était inférieure à celle de l'entreprise dans son ensemble (3,5%).

Aucun montant n'a été mentionné par la société. Bloomberg évoquait "des dizaines de milliards de dollars" mardi. Barclays, dans une note rédigée mercredi, valorisait la division entre 28 milliards et 31 milliards d'euros.

La perspective d'une séparation de cette division n'a pas vraiment enthousiasmé le marché. Le titre Unilever prend 1,3% ce vendredi à la Bourse de Londres après avoir toutefois fortement chuté sur les deux précédentes séances (-3,4% puis -2,8%).

Les analystes ne sont pas franchement emballés par l'idée. UBS estimait, mercredi, que se séparer de la division de produits alimentaires permettrait à Unilever de devenir un "pure player" des "HPC" (Household and personal care"), c'est-à-dire les produits d'hygiènes domestiques et de soins personnels.

Les marques les plus connus du groupe (Axe, Dove, Omo, LUX, Rexona, Radiant) appartiennent toutes à cette catégorie.

Une telle transformation pourrait conduire la société à bénéficier de multiples de valorisation plus élevés, considère la banque suisse, un constat qui est d'ailleurs partagé par Barclays.

Des obstacles

UBS prévient toutefois qu'une cession de cette division renforcerait la croissance sous-jacente de la société, mais elle serait à contrario négative pour ses marges.

La banque suisse liste, par ailleurs, trois obstacles à une vente. Premièrement, la valorisation pourrait à la fois pâtir de la croissance relativement modeste de la division et des craintes liées à l'impact du bond des médicaments anti-obésité sur la consommation (notamment de mayonnaise).

Deuxièmement, UBS perçoit "certaines synergies négatives potentiellement significatives, car, contrairement aux crèmes glacées, les activités HPC et alimentaires d'Unilever" possèdent des voies de commercialisation communes.

Troisièmement, une telle transaction pourrait affaiblir le profil de génération de trésorerie de la société, car la division de produits alimentaires est relativement plus exposée aux marchés matures que le reste d'Unilever, avec des marges plus élevées et des besoins d'investissements plus faibles.

Barclays estimait de son côté, mercredi, que le marché n'a guère envie de revivre l'histoire qu'a connu le groupe avec la séparation des crèmes glacées. Cette opération a été longue (18 mois), et "avait éclipsé presque tout le reste tout en étant une grande distraction", souligne la banque.

L'établissement britannique estime qu'Unilever doit d'abord rationnaliser cette division, puis améliorer la performance sur les volumes, en particulier chez Knorr, si le groupe veut être en position de force pour la vendre.

Et ce même si l'actuel directeur général, Fernando Fernandez, a indiqué par le passé que la division de produits alimentaires ne constituait pas la priorité de la société.

"Pour l'instant, nous pensons qu'Unilever devrait patienter et concentrer toutes ses ressources sur la réalisation des objectifs de 2026 tout en gardant les options possibles autour des produits alimentaires en interne, au moins jusqu'à ce que des options concrètes de création de valeur soient réellement sur la table", écrivait la banque mercredi.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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