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Le groupe ne "fera pas de miracle"... Les analystes redoutent un net coup de frein sur la croissance d'Hermès au premier trimestre, l'action chute

Aujourd'hui à 17:04
Vers un ralentissement de la croissance d'Hermès

(BFM Bourse) - Plusieurs notes d'analystes ont prévenu, vendredi, que le sellier-maroquinier risquait de publier un net ralentissent de sa croissance sur les trois premiers mois de 2026, en raison de faibles flux touristiques vers l'Europe et du confit au Moyen-Orient.

Hermès reste une action qui conjugue à la fois résilience et croissance. Sur les dix dernières années, le sellier-maroquinier n'a vu ses revenus baisser qu'une seule fois, en 2020 (-6%). Le groupe de luxe bénéficie d'une clientèle très fortunée et donc, par ricochet d'une demande élastique.

Le modèle d'entreprise d'Hermès, en particulier dans le segment le plus important de la maroquinerie, repose sur une offre limitée par les capacités de production, ce qui permet de mieux contrôler les volumes, les prix et les marges que les concurrents, expliquait l'an passé Deutsche Bank.

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"La demande soutenue pour les sacs phares Birkin et Kelly contribue à soutenir les ventes des autres catégories et Hermès propose des prix plus accessibles dans des domaines tels que la soie et les parfums", rappelait l'établissement. "Il y a peu de domaine dans lequel Hermès n'est pas le meilleur élève de la classe", assurait encore la banque.

Hermès arrive ainsi à afficher une croissance robuste, ce presque en toutes circonstances. Sur les trois derniers exercices, son chiffre d'affaires a progressé, hors impact des devises, de 21% en 2023, puis 15% en 2024 et 9% en 2025. Sur le dernier trimestre de 2025 la croissance a frôlé les 10% (9,8% hors effets de changes).

L'action chute

Pourtant l'action du groupe recule ce vendredi, perdant 4,5% vers 17h20, la plus forte baisse du CAC 40 alors que plusieurs analystes s'attendent à ce que la société connaisse un important coup de frein sur les trois premiers mois de 2026.

Ce alors que la base de comparaison s'avère pourtant clémente. Sur les trois premiers mois de 2025, Hermès avait affiché une progression de ses revenus limitées à 7%, en raison de problèmes de disponibilité de produits dans ses magasins. Elle avait ensuite accéléré sur les autres trimestres (9%, 9,6% et 9,7%).

HSBC s'attend à ce que la croissance en données comparables d'Hermès retombe à 7,6% en données comparables au premier trimestre 2026, la banque invoquant des flux touristiques peu élevés, qui pénalisent les dépenses de luxe en France, ainsi que la détérioration de l'activité au Moyen-Orient, en raison évidemment du conflit entre les États-Unis et l'Iran.

L'établissement rapporte que plusieurs magasins sont fermés, notamment à Barheïn et estime que la clientèle du Moyen-Orient représente 7% à 8% des revenus de l'entreprises. Par ailleurs, en Chine, l'activité du secteur ne s'améliore que progressivement, la clientèle aspirationnelle, celle moins fortunée qui se tourne vers des produits moins chers, restant sous pression.

Cité par Zonebourse, Oddo BHF anticipe pour sa part une croissance de 7% pour le premier trimestre d'Hermès, en raison du "rebond modéré en Asie et du poids de la guerre au Moyen-Orient".

Hermès ne "fera pas de miracle"

Barclays est encore moins optimiste. La banque britannique retient une hausse des revenus en données comparables de 6% sur la période, ce qui serait la plus faible dynamique affichée par la société depuis l'éclatement du Covid.

L'établissement estime que la société ne "fera pas de miracle" ajoutant qu'Hermès n'est pas immunisé contre les "incertitudes mondiales".

Barclays écrit que les consommateurs du Golfe devraient voir leurs dépenses baisser d'un tiers sur le trimestre. Ce qui privera plusieurs zones d'importantes dépenses touristiques. L'établissement anticipe un repli de 1,5% des ventes en France en raison de cet impact, au premier trimestre et une chute de 5% dans la géographie "autres", qui inclut le Moyen-Orient.

Par ailleurs, "nos vérifications de canaux en Chine suggèrent que les grandes marques mondiales sous-performent en matière de reprise des volumes", ajoute Barclays. En conséquence, la banque s'attend à une contribution négative des volumes dans cette zone et retient un taux de croissance de la zone Asie-Pacifique chez Hermès de seulement 4,5%.

Des doutes sur la résilience?

L'établissement considère désormais que les attentes du consensus (la prévision moyenne des analystes) sont trop élevées pour 2026 (9,8% hors changes) et table sur une progression de 8,7% hors impact des devises.

Par ailleurs si Barclays venait à avoir raison sur sa prévision d'une croissance limitée à 6% hors changes au premier trimestre "les investisseurs remettront probablement en question, premièrement, la résilience du modèle de croissance à long terme d'Hermès, deuxièmement, le moment et la confiance autour de l'inflexion (de l'activité, NDLR), et, troisièmement, la prime de valorisation d'Hermès par rapport à ses pairs", écrit la banque. Barclays est "pondération en ligne", équivalent de "neutre" sur l'action.

HSBC se montre plus confiante. Malgré un début d'année timide donc, l'établissement sino-britannique anticipe une croissance hors changes de 9,2% pour 2026, contre 7% pour le secteur, en moyenne.

"Hermès reste le nom le plus résilient dans notre couverture du luxe lorsque l'environnement macroéconomique devient plus difficile, notamment en raison de la rareté de ses produits en maroquinerie, où la demande dépasse encore l'offre pour ses sacs à main les plus emblématiques", fait valoir HSBC. Pour cela le titre reste "attrayant", juge la banque qui confirme son conseil à l'achat sur l'action.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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