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Le cours de la biotech Amarin laminé après une décision favorable aux génériques du Vascepa

mardi 31 mars 2020 à 14h08
Les brevets de Vascepar, extrait d'huile de poissons, jugés pas assez solides

(BFM Bourse) - Un tribunal américain a jugé que les fabricants de génériques n'étaient pas en situation d'enfreindre les brevets du Vascepa, une forme d'oméga 3 extraite d'huile de poisson destinée à prévenir les accidents cardiovasculaires. L'essentiel des perspectives de la biotech reposant sur ce produit, son cours s'effondre.

Allez chercher dans la nature -en l'occurrence dans l'océan- les ressources permettant de soigner les personnes à risque de troubles cardiovasculaires (ayant des taux élevés de triglycérides, ou une maladie cardiovasculaire avérée ou encore un diabète accompagné d'autres facteurs de risque), telle a été l'idée de la biotech américaine Amarin.

La firme a été la première (et restera peut-être la seule) entreprise à faire homologuer auprès de la Food and Drug Administration un nouveau composé thérapeutique issu d'huile de poisson, l'acide eicosapentaénoïque - un oméga-3, cette famille d'acides gras essentiels mais que l'organisme ne peut synthétiser à l'image des vitamines. Le produit, composé de la molécule isolée des impuretés contenues dans les extraits huileux habituels, a initialement été homologué en 2012 dans l'hypertriglycéridie.

Puis en toute fin 2019, Amarin a obtenu une très attendue extension de cette indication, amenant son cours de Bourse à un sommet historique de 26 dollars. Vascepa est en effet devenu le tout premier médicament homologué par l'agence américaine du médicament pour traiter les personnes à haut risque d'événement cardiovasculaire -comme les infarctus ou les AVC- malgré un traitement de fond par les statines. Cette extension se fondait sur les résultats d'une large étude montrant une diminution considérable de 25% du risque d'événement cardiovasculaire chez les patients atteints de pathologie avérée ou cumulant plusieurs facteurs de risque.

Alors que les ventes avaient déjà bondi de 87% par rapport à 2018 pour atteindre 429,8 millions de dollars l'an dernier, le groupe anticipait donc une augmentation encore plus forte cette année, tandis que les analystes pronostiquent à terme des ventes se comptant en milliards de dollars.

Mais deux génériqueurs, l'indien Dr. Reddy's et le britannique d'origine jordanienne Hikma Pharmaceuticals -qui a notamment racheté la branche génériques de Boehringer Ingelheim- ont déposé des demandes de mise sur le marché de copies de la molécule, déclenchant une plainte d'Amarin au motif que le produit est couvert par ses brevets jusqu'en 2030.

Lundi, à la surprise générale, un tribunal de district du Nevada saisie par Amarin s'est prononcé à l'encontre de la biotech, affirmant que les génériqueurs n'étaient pas en position d'enfreindre ses brevets, jugeant invalides les prétentions d'Amarin en la matière.

Le groupe s'est sans surprise déclaré en total désaccord avec cette décision et annoncé son intention de poursuivre vigoureusement tous les recours disponibles, d'une part en faisant appel de ce premier jugement, et d'autre part en demandant une injonction pour empêcher l'éventuel lancement de version génériques en attendant les résultats de cet appel le cas échéant. En sachant que la FDA n'a encore validé aucune demande de mise sur le marché d'une quelconque copie, ce qui écarte la menace d'une concurrence pour le moment.

En tout état de cause, la décision n'affecterait pas la protection intellectuelle au Canada, au Liban et aux Emirats Arabes Unis, les autres pays où Vascepa est homologué (la procédure d'examen par les agences locales suivant son cours en Europe et en Chine notamment).

"Alors que nous nous efforçons de prendre toutes les mesures juridiques nécessaires pour défendre et protéger notre propriété intellectuelle, nous continuerons de poursuivre nos efforts éducatifs et promotionnels [le produit a notamment pour ambassadeur Rick Harrison, héros de la série de télé-réalité Pawn Stars, les rois des enchères, NDLR] pour Vascepa dans le traitement des patients à haut risque d'événements cardiovasculaires, tels que les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux", a déclaré John F. Thero, le patron d'Amarin.

Si le jeu reste donc encore largement ouvert, la décision prend néanmoins totalement de court les investisseurs, une chute historique de près de 70% du cours d'Amarin étant attendue à l'ouverture de Wall Street, aux alentours de 4,30 dollars l'action. Soit près de 84% plus bas que le pic récemment atteint avec l'obtention de la reconnaissance réglementaire de l'efficacité du produit...

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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