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La division cloud de Microsoft accélère encore sa croissance mais fait pâle figure face à celle d'Alphabet, Wall Street a du mal à s'emballer et reste sur ses doutes

Aujourd'hui à 05:59
Microsoft peine à Wall Street

(BFM Bourse) - Le groupe informatique a livré des résultats globalement en ligne avec les attentes et a indiqué qu'Azure afficherait une croissance de 39% à 40% hors effets de changes sur le trimestre en cours. L'action a évolue en dents de scie à Wall Street à la suite de ces annonces.

Microsoft a perdu de son lustre en Bourse, en 2026. Le groupe informatique accuse une chute de 12,2% de son action depuis le début de l'année.

La société a d'ailleurs été éjecté du podium des plus grandes capitalisation boursières mondiales, désormais distancée par Nvidia (5.085 milliards dollars), Alphabet (4.201 milliards) et Apple (+3.966 milliards), alors qu'elle-même ne pèse plus que 3.154 milliards de dollars en Bourse.

Le groupe de Redmond avait notamment glacé les investisseurs en janvier dernier, lors de la publication de ses résultats trimestriels à fin décembre, son action chutant alors de 10% sur une séance.

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La société avait plongé à Wall Street en grande partie parce qu'Azure, sa division de services informatiques dématérialisés (cloud), a livré une croissance inférieure aux attentes. Ce ralentissement avait alors jeté le doute sur le retour sur investissements des lourdes dépenses du groupe dans l'intelligence artificielle (IA).

"L'une des principales préoccupations des investisseurs est que les dépenses d'investissement augmentent plus rapidement que prévu, tandis que la croissance d'Azure est peut-être légèrement inférieure à nos attentes", avait alors fait remarquer à la direction de l'entreprise Keith Weiss, analyste chez Morgan Stanley.

Le doute sur Copilot

Microsoft a plus largement été pris dans un mouvement d'aversion au risque touchant les éditeurs de logiciels. Depuis le début de l'année, Wall Street a pris ce secteur en grippe, redoutant que des outils d'IA de jeunes entreprises innovantes, comme Anthropic rendent ces sociétés obsolètes.

Dans le cas de Microsoft, un élément a plus particulièrement pesé dans les logiciels: l'adoption de son outil d'IA pour la bureautique Copilot. Des données sur le dernier trimestre ont montré que 3,5% seulement des utilisateurs de M365, la suite logicielle bureautique du groupe (Word, Teams, Excel..), utilisait cet outil. Ce qui a soulevé la question de la monétisation et de la pénétration de cet outil d'IA.

Les derniers résultats trimestriels de Microsoft, publiés mercredi soir, n'ont cette fois pas grippé Wall Street. Mais les investisseurs n'ont pas été emballé non plus.

Le titre Microsoft a terminé stable +(0,33%) dans les échanges d'après-clôture après avoir dessiné des montagnes russes dans la foulée de la publication de la société.

Sur le te trimestre allant d'avril à fin juin, Microsoft a dégagé des revenus de 82,9 milliards de dollars, en croissance de 18% en données publiées et de 15% en données comparables. Le bénéfice par action a de son côté progressé de 18% à 4,27 dollars.

D'après un consensus cité par Bank of America, les analystes tablaient sur des revenus de 81,4 milliards de dollars et un bénéfice par action de 4,04 dollars.

Le directeur général de la société, Satya Nadella, a indiqué que l'activité de la société liée à l'IA avait généré un total de 37 milliards de dollars en rythme annuel (et donc extrapolé sur douze mois), en progression de 123% sur un an.

Azure fait pâle figure face à Google Cloud

Division la plus scrutée par les investisseurs, Azure a enregistré une croissance de 39% en données comparables sur le trimestre. Selon Gene Munster, gérant chez Deepwater AM, le chiffre se situe tout juste en ligne avec les attentes de marché.

Par ailleurs, pour le trimestre en cours, la directrice financière de la société Amy Hood, a indiqué aux analystes que la société s'attendait à une accélération, avec une croissance attendue entre 39% et 40% hors effets de changes chez Azure, ce qui a surpassé des attentes logées à 37%, remarque Gene Munster.

Toutefois, aussi élevés soient-ils dans l'absolu, ces chiffres font pâle figure face à ceux d'Alphabet qui, mercredi soir, a publié une croissance de 63% au premier trimestre 2026 chez Google Cloud.

Par ailleurs, Gene Munster pense que Microsoft ne s'est pas rendu service lors de la conférence téléphonique avec les analystes.

La direction du groupe a alors évoqué une transition sur les logiciels avec l'idée de passer à une logique de monétisation qui soit centrée sur les utilisateurs.

Satya Nadella a notamment déclaré aux analystes que les activités de la société évolueront "vers un modèle de facturation à l'utilisateur et à l'utilisation. C'est la meilleure façon d'envisager les choses".

Pour Gene Munster, le simple fait d'évoquer cette transition a inquiété les investisseurs, confirmant "leur manque de confiance" sur les perspectives des groupes de logiciels en Bourse.

Par ailleurs, Amy Hood a indiqué que la société dépenserait un record de 190 milliards de dollars de "capex", c'est-à-dire d'investissements, en 2026, surpassant largement la prévision des analystes, calées à 150 milliards de dollars selon Reuters.

Concernant Copilot, le groupe a indiqué que le nombre de clients payant pour son assistant d'IA était passé de 15 millions sur le précédent trimestre à 20 millions. Une hausse substantielle certes, mais le chiffre reste toutefois faible au regard de la base d'utilisateurs de Microsoft (plus de 345 millions).

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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