(Zonebourse.com) - Des bruits de bottes, des bruits de bombes... et des chèques signés pour reconstituer les stocks. Débutée le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a largement dépassé le calendrier annoncé par un Donald Trump au début du conflit. Encore ivre de puissance après le succès de son opération au Venezuela début janvier, le président américain avait évoqué une simple "excursion" de son armée en Iran, de l'ordre de "4 à 5 semaines". Sauf que trois mois plus tard, le régime islamique est toujours debout et fait montre d'une étonnante résistance malgré la supériorité technologique américaine et le budget XXL de son armée...
L'enlisement est tel que Jefferies estime ce matin que la prolongation du conflit pourrait relancer les discussions autour d'un éventuel budget militaire supplémentaire aux États-Unis, de l'ordre de 100 MdsUSD... Un comble lorsque l'on sait que Donald Trump plaide déjà pour une augmentation d'environ 50% du budget de défense des États-Unis en 2027, ce qui laisserait les dépenses militaires grimper à... 1 500 milliards de dollars !
Selon les analystes de Jefferies, la demande budgétaire américaine pour l'exercice 2027 prévoit désormais 95 MdsUSD pour les principaux programmes de missiles et munitions, contre 35,7 MdsUSD en 2026, tandis que les dépenses consacrées à la défense antimissile atteindraient 82,2 MdsUSD, après 13,5 MdsUSD en 2025 puis 43,3 MdsUSD en 2026.
Cette dynamique reflète la nécessité de reconstituer les stocks et de renforcer les capacités industrielles du secteur. "L'Ukraine et l'Iran ont mis en évidence les tensions qui pèsent sur les chaînes d'approvisionnement en missiles, avec des implications pour la demande mondiale et la reconstitution des stocks", souligne l'analyste, Sheila Kahyaoglu.
Jefferies met également en avant la vigueur des ventes militaires étrangères (Foreign Military Sales, FMS), qui atteignent 76,9 MdsUSD depuis le début de 2026, soit une hausse de 105% sur un an. Le Moyen-Orient représente 61% du total, porté notamment par les Emirats arabes unis, l'Arabie saoudite et Israël. Lockheed Martin domine les notifications de FMS avec 33,1 MdsUSD, devant RTX avec 20 MdsUSD et Boeing avec 6,7 MdsUSD.
Dans le détail, les missiles et intercepteurs ont représenté 54% de l'ensemble des notifications de ventes militaires à l'étranger en 2025 et depuis le début de 2026 et 19 pays exploitent désormais les systèmes Patriot/PAC-3. "Alors que la guerre n'a toujours pas trouvé d'issue, les ventes militaires à l'étranger continuent d'être tirées par les pays situés dans ou à proximité des zones de conflit", ajoute le bureau d'analyse.
Enfin, le courtier estime que les capacités de production de missiles augmenteront de 4% à 5% par an entre 2025 et 2032, soit une hausse cumulée de 50%, soutenue par les budgets et les accords-cadres de sept ans.
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