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Elle est française, cofondée par un prix Nobel de physique mais elle entre en Bourse à New York... Pasqal, première licorne tricolore du quantique, arrive au Nasdaq avec 360 millions de dollars en poche

Aujourd'hui à 10:11
Pasqal entre en Bourse ce vendredi

(BFM Bourse) - La jeune pousse spécialisée dans l'informatique quantique va débarquer sur le Nasdaq vendredi 28 août, levant 360 millions de dollars, pour accélérer le déploiement mondial de ses systèmes quantiques.

La pépite française du quantique arrive en Bourse ce vendredi 28 août. Pasqal entre en Bourse non pas à Paris...mais à New York.

Dans cette optique, Pasqal est passé par la voie express. L'entreprise de Palaiseau a fusionné avec une "SPAC" ("Special purpose acquisition company"), un véhicule financier déjà coté sous forme de "coquille vide" et qui absorbe un autre entreprise pour lui permettre d'entrer en Bourse plus facilement que via une introduction classique.

En l’occurrence, la start-up s'est rapprochée du "SPAC" Bleichroeder Acquisition Corp, déjà cotée en Bourse sur le Nasdaq depuis janvier 2026. Les actions ordinaires Pasqal vont être négociées sur le Nasdaq sous le symbole boursier "PSQL".

L'opération dote Pasqal de 360 millions de dollars, soit près de 310 millions d'euros de trésorerie.

"Cette opération dote Pasqal, en tant que société cotée, d'une assise financière solide, avec environ 360 millions de dollars de trésorerie disponibles à la clôture, destinés à accélérer le déploiement mondial de sa plateforme d'informatique quantique, soutenir l'innovation continue et renforcer l'adoption commerciale à l'échelle internationale", explique Pasqal dans son communiqué.

Une licorne quantique française

Pasqal n'est pas la seule société dans la quantique à céder aux sirènes de la Bourse. La société canadienne D-Wave, les groupes américains Rigetti, IonQ et Infleqtion ont déjà fait leur entrée en Bourse en fusionnant avec une SPAC.

Mais c'est la première entreprise française du quantique à franchir les portes de la Bourse américaine. "Ce jour n’est pas aboutissement, c’est un accélérateur", a déclaré Wasiq Bokhari, Directeur général de Pasqal. L'entreprise française Pasqal fait partie des quelques start-ups qui tente de rivaliser avec les mastodontes américains et chinois, notait John Plassard de Cité Gestion, en septembre.

Cette entrée en Bourse sur les marchés boursiers américains n'est donc pas une surprise pour cette entreprise basée à Palaiseau cofondée par le prix Nobel de physique Alain Aspect en 2019. Pasqal avait en effet annoncé en mars dernier, son projet de rejoindre les marchés financiers à l'occasion d'un financement de 340 millions d'euros. Une opération qui avait alors valorisé Pasqal autour de 2 milliards de dollars en valeur d'entreprise, et propulsé la start-up au rang de licorne, ces entreprises non cotées en Bourse, dépassant le milliard de dollars de valorisation.

"Nous devenons une licorne quantique française", s'était alors réjouit son directeur technique, Loïc Henriet, cité par Les Echos. La société avait levé 100 millions d'euros en janvier 2023 pour accélérer le développement de son ordinateur quantique.

Rappelons que les ordinateurs quantiques sont appelés à transformer radicalement l'informatique, avec des puissances de calcul gigantesques, sans commune mesure avec les machines classiques. Celui-ci repose sur la capacité pour deux particules, même très éloignées l'une de l'autre, de rester en contact, en se transmettant des informations par "téléportation" quantique.

Les applications potentielles sont immenses dans l'industrie, en intelligence artificielle (amélioration de l'apprentissage automatique), dans la finance, ou encore dans l'optimisation des réseaux d'énergie ou des transports. IBM est l'un des groupes mondiaux les plus avancés dans la course à l'ordinateur quantique.

Un renforcement des capacités de production

L'entreprise compte aujourd’hui sept unités de traitement quantique déployés et trois autres en cours de production. Accessible dans le monde entier via le cloud, sa flotte croissante d'unités de traitement quantique alimente déjà plus de 25 applications commerciales et de recherche dans des secteurs comme l’énergie, les services financiers et la science des matériaux pour des clients tels que le géant pétrolier Saudi Aramco, la bancaire française Crédit Agricole ou le groupe sud-coréen LG Electronics, mentionnait la société dans sa présentation aux analystes en amont de son entrée en Bourse.

Les fonds récoltés par la société seront investis dans les infrastructures de Pasqal en France, notamment pour accélérer la recherche et le développement et renforcer les capacités industrielles de l'entreprise, basée à Palaiseau.

En France, Pasqal prévoit de doubler sa capacité de production dans les 24 mois, d'augmenter ses effectifs de près de 20 avec 50 nouvelles embauches au cours des 18 prochains mois et d'investir massivement dans la R&D afin de développer un ordinateur quantique avancé tolérant aux fautes d'ici la fin de la décennie, soit d'ici 2030. On dit qu'un ordinateur est tolérant aux fautes lorsqu'un système est capable de détecter et corriger ses propres erreurs tout en poursuivant un calcul complexe.

L'arrivée au Nasdaq pour drainer d'importants capitaux est envisagée comme une première étape avant de rejoindre la Bourse de Paris soit cette année ou bien en 2027. L’entreprise prévoit toujours une cotation sur Euronext Paris, mais elle serait désormais attendue «vraisemblablement dans la première partie de l’année 2027», précise Loïc Henriet à l'Usine Nouvelle. Pasqal reste très sensible à maintenir son ancrage en Europe et surtout en France, pays qui a vu éclore cette licorne du quantique.

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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