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Assises sur des montagnes de cash, les banques américaines se portent très bien

samedi 19 octobre 2019 à 12h00
JP Morgan, grand vainqueur de cette salve de publications trimestrielles

(BFM Bourse) - Comme il est de coutume, les grandes banques américaines ont ouvert le bal des publications trimestrielles outre-Atlantique. Quels enseignements en tirer ? Déjà, qu'elles sont extrêmement rentables. Ensuite, que JP Morgan sort particulièrement grandi de cette salve de résultats.

27,04 milliards d'euros, c'est le montant des bénéfices trimestriels cumulés des six grandes banques américaines (Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Wells Fargo et Morgan Stanley) qui ont toutes publié cette semaine leurs résultats pour le compte du 3e trimestre 2019 clos fin septembre. "La lecture globale que l'on peut faire, c'est que ces banques, qu'elles aient des résultats meilleurs que prévu ou non, se portent très bien et sont extrêmement rentables" relève Gregori Volokhine, président de Meeschaert Financial Services interrogé par BFM Business.

JP Morgan, grand vainqueur

Plus grande banque américaine par le montant des actifs détenus (plus de 2.500 milliards de dollars), JP Morgan Chase a dévoilé mardi des résultats trimestriels meilleurs que prévu malgré un environnement de taux d'intérêt bas affectant les marges dans les activités classiques de prêts et de dépôts. Si son PDG Jamie Dimon a averti que la croissance américaine avait "légèrement ralenti" au cours des trois derniers mois, cela n'a visiblement pas trop pénalisé son groupe, dont les revenus ont crû de 7,3% à 29,3 milliards de dollars, un chiffre nettement supérieur au consensus de 28,49 milliards d'euros. Mieux encore, le bénéfice net du groupe a bondi de 8,35% à 9,08 milliards d'euros, soit plus du tiers du bénéfice total cumulé des six plus grandes banques américaines.

"Le grand vainqueur du jour (Goldman Sachs, Wells Faro et Citigroup ont également publié leurs comptes mardi, NDLR), c’est JP Morgan. Pourquoi ? Parce qu’ils battent les estimations mais surtout ils montrent une capacité particulièrement remarquable à augmenter leurs profits et leurs revenus" souligne Gregori Volokhine. "La banque d’investissement et les activités liées au refinancement des hypothèques, notamment, sont des activités qui se portent très bien et qui poussent à la hausse ces profits. C'est une banque qui est excellente à la fois au niveau de la banque d’investissement, de la banque de détail, de la consommation et du crédit. Bref, carton plein pour JP Morgan !" poursuit le spécialiste.

Celui-ci insiste : "Un chiffre extrêmement parlant pour les banques, c'est le ROE (la rentabilité des fonds propres. Et chez JP Morgan, il atteint 18%, un pourcentage très impressionnant. À titre de comparaison, le ROE de la Société Générale est de l'ordre 5%". Autrement dit, JP Morgan rapporte trois fois et demi plus avec les fonds qu'on lui confie qu'une banque comme la Société Générale, par ailleurs très bien gérée"

La déception Goldman Sachs

Seule banque américaine à publier des résultats légèrement inférieurs aux attentes, Goldman Sachs a été pénalisé par une baisse des commissions perçues par les banquiers d'affaires. Si son bénéfice net a tout de même augmenté de 17,8% à 1 milliard de dollars lors du trimestre écoulé, rapporté par action et ajusté des éléments exceptionnels -indicateur de référence outre-Atlantique- il ressort à 4,79 dollars, à peine moins que les 4,81 dollars attendus en moyenne par les analystes.

"On a toujours su qu’ils étaient très forts sur le trading sur fonds propres et cette activité est effectivement en progression mais ça fait des années qu’ils essaient de diversifier leurs revenus, que ce soit sur la gestion, la banque de détail (avec sa banque en ligne Marcus) et là, ça ne va pas du tout, ils n'arrivent pas à décoller" note Gregori Volkhine. "Puis ils ont pris de grosses taules avec des introductions en Bourse qui se sont mal passées et ils le chiffrent (235 millions de dollars de provisions, notamment dus à leur exposition dans Uber et WeWork)" constate le spécialiste, qui ajoute que "d'autres IPOs à risque arrivent pour JP Morgan, notamment celle de Peloton".

Citigroup, Wells Fargo et Bank of America tiennent leur rang

Bank of America Merrill Lynch (BoAML) a annoncé mercredi un plongeon de son bénéfice au troisième trimestre en raison d'une charge de 2,1 milliards de dollars due à une dépréciation d'actifs et un litige dans l'immobilier mais a néanmoins fait mieux que prévu. Certes, le bénéfice net a chuté de 21,3%, à 5,27 milliards de dollars, mais il s'établit à 75 cents par action une fois les éléments exceptionnels exclus, un chiffre nettement supérieur aux 51 cents attendus en moyenne par les analystes financiers.

De son côté, Wells Fargo a dépassé les attentes en terme de chiffre d'affaires (22,01 milliards contre 21,19 milliards) mais son bénéfice par action ressort en-deçà du consensus (92 cents contre 1,14 dollars) en raison de frais juridiques liés à plusieurs scandales autour de pratiques commerciales douteuses et par la baisse des taux d'intérêts. "Les comptes du troisième trimestre de Wells Fargo incluent une amende 1,6 milliard d'euros, toujours par rapport à l'histoire des faux comptes qu'ils avaient créés pour doper leur rentabilité" indique Gregori Volokhine, pour qui "ce n'est pas une banque sur laquelle les investisseurs ont envie d'aller en ce moment".

Quant à Citigroup, s'ils ont publié de bons résultats (chiffre d'affaires et bénéfice net supérieurs aux attentes, respectivement à 18,57 et 4,91 milliards de dollars), c'est principalement dû "au niveau de taxes légèrement inférieur à ce qui était prévu (à 18% contre 24% au troisième trimestre 2018, NDLR) ainsi qu'aux rachats d’actions" observe Gregori Volokhine. Autrement, la banque new-yorkaise était surtout attendue sur des baisses de coûts qu'elle s'était engagé à réduire drastiquement mais ceux-ci ont augmenté, provoquant une légère déception chez les investisseurs.

Morgan Stanley boucle le bal sur une note positive

La banque dont le siège est situé à Times Square était la dernière à publier ses comptes trimestriels, jeudi, et elle a ravi Wall Street en faisant part d'un bénéfice par action de 1,27 dollars, nettement au-dessus du chiffre attendu par les analystes (1,11 euro). Le chiffre d'affaires a pour sa part augmenté de 1,62% à 10,03 milliards de dollars, un montant également supérieur aux 9,6 milliards anticipés.

Le trimestre de Morgan Stanley a notamment été marqué par une forte hausse des commissions générées par les traders (+10,4%) et banquiers d'affaires du groupe (+7,8%), tandis que le chiffre d'affaires de la division gérant les investissement de Morgan Stanley a également flambé de 17%. Une performance saluée par le marché américain, le titre de la banque s'étant adjugé plus de 4% en clôture jeudi.

Quentin Soubranne - ©2022 BFM Bourse
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