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Le secret de la réussite de l'analyse technique n'est pas là où vous croyez

dimanche 16 décembre 2018 à 12h00
L'analyse technique fonctionne non en forgeant une conviction mais en limitant les pertes

(BFM Bourse) - Les analystes fondamentaux ont beau utiliser des modèles sophistiqués pour déterminer leurs objectifs, force est de reconnaître que le marché est pour le moins réticent à se plier à leur vision... Et si le vrai secret de l'analyse technique était sa souplesse?

L'opposition -parfois stéréotypée- entre l'analyse fondamentale et l'analyse technique ne date pas d'hier. Cette dernière est en effet pratiquement aussi vieille que les marchés financiers modernes. Son père spirituel n'est autre que Charles H. Dow, fondateur avec Edward Jones du célèbre indice américain. La théorie de Dow, qui stipule que les prix d'un actif évoluent selon des tendances bien caractérisées, sous-tend l'ensemble de cette discipline qui compte des milliers d'utilisateurs convaincus. Signalons cependant que les études académiques sont loin d'avoir tranché quant à l'efficacité de l'analyse technique - pas plus d'ailleurs que sur celle de l'analyse fondamentale, les deux étant tout aussi contradictoires vis-à-vis de la théorie d'efficience des marchés.

Au risque de décevoir, "il n'existe pas plus de martingale en analyste technique qu'en analyse fondamentale", confie Anthony Cros, fondateur du bureau d'analyse en allocation d'actifs pour les conseillers en gestion de patrimoine Cros Investing, mais "l'AT" a l'immense avantage de contraindre l'investisseur à la discipline en limitant les pertes.

"Avec l'analyse technique, on peut obtenir de très bons résultats avec un taux de réussite faible, de l'ordre de 30% seulement des trades", explique-t-il. "Sur chaque prise de position, il convient de maintenir un ratio de risque/rendement supérieur ou égal à deux". Autrement dit, l'analyse technique commande de clôturer la position dès que le potentiel de gain devient inférieur à deux fois le risque de perte, en fonction des niveaux de support et de résistance identifiés. "En ce sens, l'analyse technique élimine déjà un biais comportemental important : le fait que les investisseurs soient "risquophiles" vis-à-vis d'une moins-value latente, espérant que leur évaluation d'une valeur finira par prévaloir et leur permettra de sortir avantageusement, et inversement "risquophobes" vis-à-vis d'une plus-value latente souvent empochée trop tôt".

Prendre en compte le risque

"Le principal défaut de l’analyste fondamental, c’est qu’il s’entête !", renchérit Valérie Gastaldy, directrice de la recherche chez DayByDay, un bureau d’analyse technique professionnel primé à plusieurs reprises. "Par exemple, jusqu'en début d'année 2018, beaucoup d'investisseurs se sont rués sur les marchés émergents au vu d'une valorisation jugée bon marché en regard de leurs fondamentaux". Sauf que, comme le montre l'érosion du MSCI Emerging Markets, le pari n'a pas fonctionné. "Mon opinion est qu'il va y avoir des déceptions qui à un moment feront boule de neige et causeront une belle chute..."

La spécialiste souligne que l’analyse fondamentale est particulièrement défaillante dans les marchés baissiers parce qu'elle ne comprend pas d’approche du risque. "Or le premier rôle d’une méthode d’analyse quelle qu’elle soit devrait être de préserver le capital. L’avantage concret de l’analyse technique c’est de se demander à tout instant: à partir de quel moment ma vision n'est plus valide ? Si le marché me donne tort, et que le cours sors des limites que je me suis fixé, je sors. Cela ne sert à rien d’avoir une conviction sur la qualité d’un titre si les autres agents ne sont pas prêts à la partager... en tous cas cela ne profite pas à votre compte de résultat". L’analyste technique, c’est avant tout décider et agir en fonction de la réalité du marché, aux yeux de la spécialiste.

Les cours souvent loin de leur valeur théorique

"De nombreux professionnel tout à fait capables réalisent tous les jours avec beaucoup d'intelligence des analyses fondamentales pour déterminer la juste valorisation de tel ou tel actif. Ces analyses se confrontant quotidiennement au marché, les prix ne devraient pas être très éloignés de la valeur réelle des actifs, mais on voit qu'on en est souvent loin", développe Anthony Cros. "Partant de là, on comprend qu'il peut être pertinent de s'intéresser -au moins en complément- aux forces qui sont à l'oeuvre dans le marché, comme les flux de capitaux, qui prennent une importance considérable notamment avec le développement des ETF. L'analyse technique donne à voir le résultat des flux dans l'action des prix, que ce soit à la hausse ou à la baisse".

"L'analyse technique ne vise pas à déterminer si un actif est cher ou bon marché, mais s'il y a à l'oeuvre des éléments -qu'ils soient rationnels ou irrationnels- qui le poussent à la hausse ou à la baisse", explique le spécialiste. Comme le dit l'adage, le marché peut rester dans l'erreur plus longtemps que vous pouvez restez solvable. "Aller contre le marché est très difficile. Avec quelques outils chartistes qu'on maîtrise réellement -sans compliquer inutilement les choses pour essayer d'ennoblir la discipline- l'analyse technique vous aide à investir avec un principe simple : minimiser vos pertes et maximiser votre potentiel de gains", conclut Anthony Cros.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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