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Le coronavirus, cygne noir par excellence sur les marchés financiers, selon Carmignac

lundi 2 mars 2020 à 16h30
Pour Carmignac, le coronavirus est bien le cygne noir des marchés

(BFM Bourse) - Un "choc externe, imprévu et majeur" pour l'économie mondiale et les marchés financiers, pas de doute la crise sanitaire en cours s'apparente bien à un de ces fameux "cygnes noirs" (popularisés par le statisticien Nassim Nicholas Taleb).

La crise sanitaire provoquée par la propagation du Covid-19 à travers le monde s'apparente pour les marchés financiers et l'économie mondiale à un "cygne noir", une théorie développée par le statisticien Nassim Nicholas Taleb, à savoir un choc externe imprévu et majeur, souligne la société de gestion d'actifs Carmignac dans une note publiée lundi.

Apparue mi-décembre en Chine, l'épidémie -qui s'est propagée à une cinquantaine de pays et a provoqué plus de 3000 morts- a entraîné les Bourses en territoire de correction en Europe comme aux Etats-Unis et a conduit l'OCDE à abaisser sa prévision de croissance de l'économie mondiale à 2,4% contre 2,9% attendu en novembre. "À notre avis, la crise du coronavirus, qui secoue les marchés depuis quelques jours, doit être comprise comme un choc externe de type "cygne noir", c'est-à-dire exceptionnel, sans précédent directement comparable", écrit Didier Saint-Georges, membre du comité stratégique d'investissement de Carmignac.

Personne ne peut évaluer aujourd'hui précisément l'évolution de l'épidémie. "Comme dans tout choc externe, les dommages causés aux marchés et à l'économie tendent à être largement créés non pas par la cause initiale de la crise, mais plutôt par les réactions à celle-ci (mesures de confinement, rupture volontaire des chaînes d'approvisionnement, stress des consommateurs)", remarque le gérant.

Or, si le nombre de nouvelles contaminations semble ralentir en Chine, la phase d'accélération ne semble que débuter en dehors, ce qui explique que les marchés internationaux ne réagissent fortement que maintenant, estime Didier Saint-Georges. Pour le gérant d'actifs, "la panique observée sur les marchés n'est que l'effet miroir de l'euphorie" qui y régnait en fin d'année dernière, a-t-il déclaré sur BFM Business, où il était interrogé par Hedwige Chevrillon. Dans les deux cas, les mouvements partent "d'une réalité qui est ensuite montée à des niveaux extrêmes par anticipation du meilleur ou du pire".

Cette période trouble sur les marchés est susceptible "de durer au moins jusqu'à ce que la trajectoire de la contamination hors de Chine passe elle-même à sa phase de décélération", précise Didier Saint-Georges. "Sur le plan économique, cette période qui voit les gouvernements invités par l'opinion publique à prendre des mesures conservatoires fortes peut avoir un impact immédiat sensible sur la demande mondiale" ajoute Didier Saint-Georges.

Et gare à ne pas vouloir jouer au plus malin dans un marché qui cède aisément à la psychose collective, prévient-il : "Si vous êtes le seul à avoir la tête froide et que le reste du marché panique, vous vous faites écraser par le troupeau. Il faut faire attention à non pas être plus intelligent que les autres mais à essayer d’anticiper leurs réactions. Or, le bilan du coronavirus empire logiquement en Europe et aux États-Unis puisque les tests ont à peine commencé outre-Atlantique, donc la psychose ne va pas s’améliorer."

Dans ces conditions, le gérant estime qu"une partie de l'activité va subir un gros coup de frein et il recommande aux investisseurs d'adopter, plus que jamais, une approche sectorielle. "Dans l'énergie, les matières premières ou l'automobile, un gros déclin est à prévoir alors que dans tout ce qui est pharmacie, biotechnologie voire technologie au sens large, les groupes ne seront pas forcément amenés à réviser leurs perspectives à moyen terme" juge-t-il.

Le gérant voit en outre les marchés "rester très instables dans l'immédiat" car "si des forces de rappel se créent (après la pire semaine enregistrée sur le CAC depuis 2008), celles-ci ne seront probablement pas très convaincantes car les statistiques de santé (qui seront publiées cette semaine, NDLR) ne seront pas bonnes" anticipe le spécialiste.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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