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Andréa Brignone : Volatilité, risques et opportunités

jeudi 8 mars 2007 à 16h02
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - A tout seigneur tout honneur, la volatilité réapparaît. Sur des marchés qui ronronnaient à la hausse depuis le début Décembre 2006 et dont la volatilité était stable, à telle enseigne que on avait pratiquement oublié son existence , sa brusque augmentation a sonné comme un coup de tonnerre. La volatilité est de retour et les peurs et les angoisses aussi. On ne s’occupe de la volatilité que quand elle augmente. Et l’inquiétude augmente dans les mêmes proportions.

On se trouve en réalité dans la situation de celui qui voit un feu apparaître alors qu’il devrait ou aurait du se poser la question de savoir pourquoi le feu a pris. Car la volatilité est comme un feu qui couve et qui explose brusquement.

Une autre constatation est que l’on parle de la volatilité beaucoup plus quand les cours explosent à la baisse que quand ils explosent à la hausse. Ces deux éléments nous font dire que la volatilité est en réalité une conséquence de la peur et de l’inquiétude et qu’elle génère peur et inquiétude.

Ceci nous amène à nous poser la question : pourquoi la volatilité augmente si brusquement et comment appréhender ses variations. Nous poser cette question revient à essayer de comprendre les sous-jacents psychologiques du marché. Ce qui conduit naturellement à un débat très complexe. Essayons cependant de rechercher quelques principes simples sans dénaturer le problème mais malheureusement sans en démonter l’ensemble des mécanismes.

Pour essayer d’y voir plus clair, posons nous la question : dans quelles conditions apparaît une explosion de la volatilité ?

D’abord il est nécessaire de savoir de quoi on parle. Examinons le graphique du CAC 40 en quotidien et en hebdomadaire. Que constate t’on ?

Une forte volatilité apparaît à partir du 27 février. Cette volatilité nous est indiquée par les bandes de Bollinger qui s’écartent brusquement. En effet les cours dévissent. Maintenant regardons le graphique hebdomadaire ci-dessous. La volatilité ne varie pas.

Ainsi nous pouvons dire que la volatilité en quotidien a fortement augmenté, mais que la volatilité hebdomadaire n’a pas variée.

Quel est l’enseignement de cette divergence ? C’est que le marché a réagit sur des événements et non sur des éléments fondamentaux. Cela veut aussi dire que pour l’investisseur (ce n’est pas la même chose pour le trader), la tendance n’est pas foncièrement remise en cause.

Cela veut t’il dire que l’investisseur peut dormir sur ses deux oreilles. Hélas non !

Il devra surveiller probablement de façon plus étroite l’évolution des cours.

Pourquoi ? L’enseignement de cette volatilité à court terme est qu’il existe un certain nombre d’éléments qui sont en germe mais qui peuvent grandir sous l’impulsion de nouvelles ou de déséquilibres du marché.

Essayons d’y voir plus clair. Un marché monte quand il y a des perspectives de gain et suffisamment de liquidités pour y faire des achats. Pour qu’il y ait des perspectives de gain, il faut que les actifs ne soient pas trop chers. S’ils sont considérés trop chers, les achats s’interrompent et le marché ne trouve plus d’acheteurs. Il baisse jusqu’au moment où les acheteurs considèrent qu’ils peuvent se repositionner. Il baissera d’autant plus qu’il est monté plus haut (par l’effet de peur et mécaniquement par le jeu de l’effet de levier dû aux marges). A cet état du marché, il peut s’ajouter des anticipations issues soit d’une attitude vis-à-vis du marché soit issues de mauvaises nouvelles. Par exemple, si il y a eu une très bonne année de profit et que les cours reflètent ces profits élevés, on peut craindre que l’année d’après ne sera pas aussi bonne. On peut aussi craindre que l’ensemble de l’activité économique ne sera pas aussi brillant que l’année passée. Mais on peut aussi craindre un resserrement des liquidités provenant des politiques des banques centrales ou d’un changement géopolitique. Par exemple une baisse des cours du pétrole trop brutale pourra entraîner une baisse des revenus des fournisseurs de brut et donc une réduction des liquidités du marché. (En effet le système est ainsi fait que les Etats-Unis émettent les dollars dont ils ont besoin pour payer leur énergie). Pour peu qu’un petit coup de pouce soit donné (par exemple récemment, la baisse du marché de Shanghai) et les acheteurs disparaissent aux cours actuels et les prix plongent faisant apparaître une forte volatilité.

Revenons à notre constatation de divergence entre volatilité quotidienne et volatilité hebdomadaire. Cette divergence nous offre des opportunités (qui peuvent d’ailleurs n’être qu’à court terme). En effet constatant que la tendance n’est pas encore compromise, cette divergence va nous inciter à prendre des positions à la hausse. Les prix sont désormais plus raisonnables et la situation n’a pas fondamentalement changée. Ces opportunités étaient déjà apparues en juillet 2006 et début décembre 2006.

Ainsi si l’accroissement de la volatilité est source d’inquiétude, elle peut être aussi source de profit.

Pour ceux qui veulent plus de renseignements sur comment opérer dans les périodes de grande volatilité voir mon blog http://taodutrading.canalblog.com

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