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Andréa Brignone : Utiliser les produits dérivés pour protéger et augmenter la rentabilité de votre capital

lundi 22 mars 2010 à 17h06
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Les produits dérivés ont été essentiellement créés pour permettre la gestion du risque financier. Et pourtant peu d'investisseurs pense à les utiliser pour protéger ou booster leur portefeuille. La plupart du temps ceux-ci sont simplement utilisés comme produits d'arbitrages. Les organismes financiers ont d'ailleurs mis la pression en présentant des produits comme les warrants, les certificats et autres turbos comme des produits de pures spéculations. En réalité, bien utilisés, ces produits peuvent servir à garantir un capital contre les mouvements erratiques des marchés ou encore à en améliorer la rentabilité. Si l'on combine les produits dérivés avec un portefeuille on obtient ce que l'on appelle un produit structuré. Le problème est que la plupart du temps les produits structurés ont un coût de gestion élevé et que leur fonctionnement n'est pas d'une grande transparence, en particulier en ce qui concerne les scenarii de sortie. Il est possible pour un investisseur particulier de fabriquer lui-même un produit structuré correspondant à son objectif. Ces objectifs peuvent être multiples et dépendent de ce que l'on veut faire de son investissement.

Prenons un premier exemple, un investisseur peut souhaiter se constituer un portefeuille d'actifs financiers pour assurer sa retraite. Dans ce cas, ce qu'il va la plupart du temps essayer d'obtenir, c'est un capital garanti avec une certaine rentabilité. Il souhaite cependant avoir une rentabilité plus élevée que les emprunts d'État. Que peut-il faire ? Supposons, pour simplifier, que cet investisseur ait hérité d'un capital, disons de 100 000 euros. Il a vingt ans à courir jusqu'à sa retraite. Pour simplifier encore, nous supposons que l'inflation sera à un rythme de 1 % par an. S'il fait un placement sur un emprunt d'État (considéré comme l'emprunt sans risque) à 4% et qu'il déduise 1 % d'inflation, il va disposer d'une rentabilité de 3% annuelle. Pour conserver son capital de 100 000 euros il doit investir à l'origine la somme de 62930 euros (faites moi grâce des calculs) dont il réinvestira les coupons. Il lui restera donc 37070€ pour améliorer sa rentabilité. S'il investi les 100000 euros en Emprunt d'État, il se trouvera après 20 ans au taux de 3 %, à la tête d'un capital de 182211 euros sans aucun effort.

Il peut essayer d'améliorer sa rentabilité. Il peut par exemple acheter des actions dont il attend un doublement tous les dix ans (soit une rentabilité d'environ 7% annuel). Il obtiendra ainsi au bout de 10 ans 74140 euros puis 148280 euros pour les dix ans suivants soit un capital au bout de 20 ans de 322420 euros (à comparer au 182211 s'il avait tout investi en emprunt d'État) sans risquer son capital initial et avec un peu de travail. Cet exemple est un peu simpliste, car notre investisseur peut choisir toute sorte de schémas intermédiaires au cours de 20 années d'investissement avec plus ou moins de risque sur sa partie à risque.

Prenons un deuxième exemple. Celui d'un investisseur qui détient un portefeuille composé uniquement d'une seule valeur (toujours pour simplifier l'explication, si l'on multiplie le nombre de valeurs, le raisonnement tient toujours) par exemple l'Air Liquide. Il achète le 22 mars des actions Air Liquide à 86.80€. Pour réduire son coût d'achat il va vendre une option d'achat (call) au 21 mai 2010 à 1.04 € à un prix d'exécution (strike) de 92€. A l'échéance il pourra y avoir une des situations suivantes : - les cours sont au dessus de 90.96 € (92-1.04), l'acheteur de call a intérêt à exercer son call. L'investisseur gagne 5.20 € (92-86.80). - les cours sont au dessous de 90.96 mais au dessus de 86.8, l'investisseur gagne le montant de la vente de l'option soit 1.04€ et peut revendre les titres au cours du marché. S'il garde ses titres il peut revendre par la suite encore une option réduisant ainsi son risque et son coût d'achat. - Les cours sont au dessous de 86,8 l'investisseur a encore une marge de 1,04 soit pour mettre un stop soit pour revendre ses actions. - Il peut aussi complexifier encore son produit structuré en achetant un put au-dessous d'un certain cours et ainsi de suite.

Ces deux exemples montrant que l'on peut ainsi fabriquer soi-même des produits structurés dont le but est soit de booster la rentabilité, soit de réduire le risque (couverture) soit de protéger son capital. Pratiquement tous les produits dérivés peuvent être utilisés (warrants, options, futures, trackers etc.) d'une façon ou d'une autre par un investisseur particulier pour atteindre ou améliorer son objectif.

Pour envisager ses scenarii de sortie, l'investisseur peut, surtout dans la période actuelle, utiliser l'analyse technique qui va lui permettre de définir ses tactiques avec une probabilité de réussite améliorée.

Si vous voulez en savoir plus sur ce sujet, venez assister à ma conférence au Salon de l'Analyse Technique, le Samedi 27 mars 2010 à 18 heures 30. « Comment créer soi-même un produit structuré (actions, forex, indices) en utilisant l'analyse technique ». D'autres exemples et une méthode d'approche sera donnée au cours de cette conférence.

Invitation sur http://salonat.com.

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