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Andréa Brignone : Une nuit sur le globex, massacre à la tronçonneuse

vendredi 10 octobre 2008 à 14h12
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Hier soir une chaîne du câble donnait ce vieux film d'horreur : « Massacre à la tronçonneuse ». Pendant ce temps, Le Dow Jones s'écroulait et sur le Globex (plateforme de trading permanente du Cbot et du Nymex), les indices mondiaux s'effondraient joyeusement. L'Asie prenait le relais. Vent de panique et rumeurs d'apocalypse.

Serait-ce l'ultime avalement baissier ?

Afin de savoir ce qu'il faudra faire, il faut comprendre ce qui se passe. Disons d'abord que les marchés financiers ne sont pas à l'origine de la crise mais qu'ils ne font que constater et d'anticiper. Cependant pour des raisons techniques et psychologiques, ils amplifient les raisons de la baisse et l'on se trouve dans un schéma auto réalisateur. Pourquoi ?

D'une part il existe des normes comptables, dont nous parlions la semaine dernière, qui obligent les organismes financiers à évaluer leurs risques pratiquement tous les jours et donc à vendre des actifs pour faire face à ces règles. D'autre part, les organismes financiers, ne se faisant pas confiance entre eux, le marché interbancaire ne fonctionne pratiquement plus, obligeant ces mêmes organismes à liquider de bons actifs pour obtenir ces liquidités.

Finalement, certains produits dérivés arrivent à échéance aujourd'hui et en particulier les fameux CDS (Credit Default Swap), c'est-à-dire pour faire simple, les garanties que certaines banques (et en particulier Lehmann Brothers) avaient données pour consolider les fameux subprime et permettre d'obtenir la notation maximale.

Ajoutons un élément moins visible pour le public : les demandes de remboursement des carry trades. C'est-à-dire les emprunts effectués par un certain nombre de fonds auprès des pays qui ont des taux d'intérêt très bas, comme le Japon et qui étaient investis sur les marchés financiers. Ces fonds sont obligés de faire aussi des liquidités. Finalement ajoutons le désinvestissement d'un certain nombre d'épargnants qui demandent à liquider leurs portefeuilles, ce qui pèsent sur les fonds et Sicav qui doivent vendre aussi des actifs pour faire des liquidités afin de rembourser leurs souscripteurs.

Le matraquage permanent des médias qui ont eu la chance d'avoir cette crise pour combler le vide de leur contenu et que l'élection américaine ne suffisait pas à remplir, fait le reste. Cette élection américaine ajoutant aussi à l'incertitude.

L'ensemble de ces pressions donne un élément technique suffisant pour expliquer les baisses. Ils donnent aussi des éléments pour une possibilité de reprise des marchés. En effet, toutes ces liquidités obtenues sur le marché devront à un moment ou un autre se réinvestir.

Le problème est de savoir si cette crise des marchés va entraîner une forte crise économique ou une récession mineure. C'est-à-dire en un mot si les bénéfices des entreprises vont se réduire voire disparaître et si les organismes financiers vont restreindre leur crédits aux entreprises. C'est le premier problème : celui de l'offre de crédit. Un deuxième problème pourrait apparaître et c'est celui de la réduction de la demande des crédits par les particuliers et les entreprises. Réduction qui entraînerait ou accélérerait une récession.

En effet, une reprise durable ne peut apparaître que si les agents économiques ont des projets tant de consommation que d'investissement.

Revenons aux éléments techniques de reprises des marchés : ils reposent sur deux éléments. Le premier est le rachat des positions baissières. C'est un élément qui peut jouer à court terme. Mais il ne peut enclencher un mouvement durable que si il est suffisamment violent pour convaincre les investisseurs que la tendance a changé. Le deuxième est comme nous le disions plus haut, l'existence de liquidités importantes qui chercheront à s'investir. S'il ne fait pas de doute que ces liquidités sont abondantes, il est difficile de savoir quand la confiance sera suffisante pour voir arriver massivement ces capitaux.

Le troisième élément est la résorption des créances pourries. Que ce soit les sous-jacent ou les produits dérivés (comme les CDS). Dans ce domaine il est presque impossible de se faire une idée car on ne connaît pas exactement les montants et les échéances, ni la valeur de ces créances. Une bonne indication pourra cependant en être donnée lorsque les cours des institutions financières remonteront sur les marchés.

Je l'ai déjà dit dans d'autres articles. Un signe de la reprise des bourses est presque toujours donné par la remontée des valeurs financières. Certes, il y à eu de tels chamboulements dans le monde de la finance ces derniers temps, que l'on peut se poser la question de savoir si cela sera toujours vrai, mais c'est probable. De toute façon si vous êtes investisseur, ne commencez à intervenir sur un titre que si sa moyenne à 40 jours se tourne vers le haut et sa moyenne hebdomadaire à 20 semaines aussi. Certes vous raterez une petite partie de la hausse, mais vous vivrez plus tranquille.

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