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Andréa Brignone : Trading d'actif et trading de dérivés

jeudi 12 juillet 2007 à 18h26
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Un de mes amis m'avais envoyé son fils pour faire un stage de trading. Au bout d'une semaine le jeune homme était enthousiasmé par l'utilisation de l'analyse technique pour prendre et liquider une position. Cherchant sa voie il décida que le trading répondait tout à fait à l'activité qu'il voulait exercer. Nanti d'un diplôme d'une école de commerce, il pensait qu'il pourrait rentrer dans ne banque pour exercer ce métier en utilisant l'analyse technique et la psychologie des marchés. Qu'elle ne fut pas sa déception quand on lui dit que l'analyste technique n'était en général pas utilisé comme trader mais comme analyste et que le trading pratiqué était la plupart du temps du trading d'arbitrage et que l'on utilisait pas beaucoup l'analyse technique mais surtout l'analyse quantitative. Et que l'analyse quantitative consistait surtout en des modèles mathématiques. Quand on parla au pauvre jeune homme de modèles de Black et Scholes, de Coxx Ross et Rubinstein ou de Hobston and Rogers, qu' on lui expliqua que le trading de position était réservé à quelques traders expérimentés et que sinon il pourrait toujours se tourner vers les matières premières où le Forex. Mais que là aussi les traders étaient plutôt des mathématiciens, que l'on travaillait à delta neutre c'est-à-dire que l'on ne prenait aucun risque : on arbitrait, il se demanda si je ne m'étais pas fichu de lui en lui parlant d'analyse technique. J'essayai donc lui expliquer la différence.

Si mon article fait référence à cette pénible aventure, c'est que un certains nombres de mes lecteurs ont un problème similaire quand ils se lancent dans les produits dérivés et en particulier les warrants. Ils ne comprennent pas toujours que, alors que le sous-jacent a été dans leur sens le warrant perd de sa valeur. Pour un certain nombre d'entre eux, ils ont compris que la valeur temps joue contre eux, mais peu d'entre eux comprennent le rôle de la volatilité. Et pourtant celle-ci est une composante fondamentale du prix d'un warrant.

Ils considèrent aussi que produits dérivés et actions sont des actifs similaires et des marchés similaires. Ce qui est une erreur. En effet, alors que une action ou une obligation ou encore un montant de devises est un actif, il ne s'agit pas de la même chose avec un produit dérivé. Les actions obligations, matières premières, devises se traitent sur un marché qui est le marché des actifs. Les dérivés se traitent sur des marchés de risques. On vend et l'on achète un risque comme sur un marché de l'assurance, et non un actif. Ainsi un produit dérivé est un produit issu de la peur ou plutôt de la psychologie de la peur. A l'origine le produit dérivé a été créé pour se prémunir contre des risques exactement comme un produit d'assurance. Mais contrairement au prix du produit de l'assurance qui repose sur la mutualisation du risque et donc sur une statistique qui permet d'évaluer le risque de sinistre, le prix du produit dérivé va reposer sur la volatilité , les taux d'intérêt , le temps et la variation du sous-jacent. Ainsi si nous prenons le pétrole, une grande partie du prix d'un dérivé de pétrole va reposer non seulement sur le prix du baril réel mais sur les anticipations qui vont être faites par les uns et les autres sur son évolution future. Ces anticipations vont donner lieu à une volatilité implicite qui sera un élément constitutif important du prix. Quand tous les acteurs pensent qu'une tendance est bien établie, les anticipations vont dans le même sens et la volatilité diminue. Quand les acteurs ne sont pas tous d'accord, la volatilité augmente et plus la volatilité augmente plus celle-ci s'autoalimente, jusqu'à un niveau donné où on obtiendra une nouvelle stabilisation.

Pourquoi le prix d'un dérivé va monter avec l'augmentation de la volatilité implicite ? Parce que le risque va augmenter. Ce qui n'est pas très difficile à comprendre.

Si un actif fait des écarts de cours importants dans la journée ou sur un autre horizon, le risque de voir cet actif se déprécier va augmenter ainsi que le montant probable de la dépréciation.

De ce fait le fabriquant de warrants (en l'occurrence une banque) va vendre plus cher un warrant quand la volatilité est élevée et le cours du warrant baissera si la volatilité baisse alors même que le cours du sous jacent augmente. Cette relation entre le pricing d'un warrant et la volatilité est l'occasion de nombreuses désillusions parmi les warrantiers pas assez expérimentés ou qui n'ont pas étudiés la formation du prix d'un warrant.

Vous trouverez sur mon blog à la fin de cette semaine un article consacré au moment auquel il faut acheter un warrant (http://www.taodutrading.canalblog.com).

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