Andréa Brignone Associé Exact
Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …
(BFM Bourse) - J'écoutais ce matin une émission sur le stress dans les entreprises. Ce qui m'étonna c'est que les doctes interlocuteurs attendaient de l'entreprise qu'elle règle le problème du stress des individus. Maintenant nous attendons tout des autres. Pas une seule fois l'un des intervenants a émis l'hypothèse que l'individu soumis au stress pouvait peut être réagir par lui même. Dans une société où les livres sur le développement personnel occupent des surfaces qui dépassent largement celui des livres sur l'économie, on attend que l'Etat, l'entreprise, la religion ou le coiffeur du coin résolvent notre problème personnel.
Dans une de ces dernières lettres St Exupéry disait qu'il ne se voyait pas vivre dans la fourmilière du futur. En réalité le stress est la conséquence de l'existence de cette fourmilière. On a voulu sécuriser les gens jusqu'à essayer de leur faire oublier qu'ils étaient mortels et que l'incertitude est le propre de l'univers (voir la physique quantique). On leur crée la sécurité alimentaire, on veut les faire vivre les plus vieux possibles sans se préoccuper de la vie qu'ils vont vivre : « Mieux un jour comme un lion, disait Gabrielle D'Annuzio, que cent comme une chèvre ». On veut que à vingt ans on se préoccupe de sa retraite. On oublie que plus de sécurité, veut dire moins de liberté. La lente robotisation de l'individu en fait des personnes fragiles qui se font une montagne de tout. On fait croire que la sécurité est le bonheur alors que c'est une cage dans laquelle on s'enferme et on se fragilise. Tout devient une montagne et chaque événement imprévu est source de malaise. La petite part de risque (et de rêve) concerne le loto et le PMU.
Ancien scout moi-même, je devisais avec un jeune chef de patrouille de quinze ans et comparions nos expériences à quelques décennies d'écart. Quand je lui racontais comment on nous mettait dans des situations parfois dangereuses mais dont il fallait prendre la mesure et vite réagir (il existait à l'époque une épreuve qui s'appelait cran et décision), il m'informa que s'il faisait passer aux membres de sa patrouille des épreuves du même genre, ses parents pourraient être inquiétés par le dépôt d'une plainte des autres parents. La république des tribunaux. Rien de tel pour former les gens au risque, n'est ce pas ! Et l'on s'étonne que l'on manque de croissance ! Pas de risque, pas de croissance ! Certes dans un pays où 21 à 25 % (selon diverses statistiques jamais d'accord entre elle ) de la population active est fonctionnaire, on ne peut faire de croissance. Pour faire de la croissance, il faut produire et à ma connaissance ce n'est pas le rôle d'un fonctionnaire, qui a une toute autre mission.
Au moins frères traders et opérateurs boursiers vous avez choisi comme les chasseurs d'antan de vous coltiner avec le risque car le risque est liberté choisie et le risque forme l'individu.
Vous savez que la gestion du stress vous incombe et que personne ne s'occupera de vous mieux que vous-même ! Mais si vous gagnez vous serez, pour l'opinion, un horrible spéculateur et si vous perdez, vous serez une victime des ignobles capitalistes !
Réveillons nous ! Les hommes d'affaires des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) n'ont pas les mêmes sensibleries. Ils ont le goût du risque et les moyens et n'hésiterons pas à bousculer les être timorés et geignards que nous sommes devenus. Peu de journaux en France contrairement aux journaux russes, ont parlé lors de la rencontre des présidents Sarkosy-Poutine, du souhait pour les russes d'investir dans nos entreprises. Nous ne parlons que de la Russie, terre d'investissement pour nos entreprises ! On se demande ce que nous faisions quand tout le monde investissait en Russie avant 1998. Bref ! Ce qui nous intéresse ici est d'abord la façon dont nous traitons le risque. Ne pas risquer est risquer quand même. C'est le risque de la proie. Et pour le moment c'est notre cas ! Posons nous la question ! Quelles proies peuvent intéresser les BRIC ou autres ? On peut dire globalement que les pays à industrie inexistante comme par exemple les pays du golfe arabo-persique investiront plutôt dans les infrastructures et la haute technologie, la pharmacie et les produits de luxe. Pourquoi ? Car ils n'ont pas de besoin immédiat ni de synergie à réaliser. Leur investissement seront plutôt celui de partenaires financiers car ils n'ont pléthore de managers et leur populations ne sont pas très nombreuses. Les Bric auront tendance à investir dans les sociétés où ils peuvent trouver de la synergie. Comme par exemple Mittal ou encore VTB (Russie) dans EADS. Les sociétés industrielles seront plutôt leurs cibles. Soit pour les diriger complètement (Mittal), soit pour réaliser des accords (EADS) soit encore parce qu'ils sont demandeurs de produits ou de technologie.
Dans cette optique on peut considérer que les sociétés industrielles peuvent être leur objectif. Saint Gobain, Lafarge, Vallourec, Air Liquide, Schneider, Véolia et autres peuvent être à terme des cibles pour tout ou partie (selon la dispersion de l'actionnariat, les moyens, et les objectifs). Des sociétés plus petites pourraient aussi convenir. Cherchez au SRD et même ailleurs. Mais cherchez plutôt des sociétés en bonne santé ou dont l'activité n'est pas étrangère à ces pays. Les sociétés de conseils informatiques pourraient aussi être de bonne cible pour les Indiens ! Bonne Chasse pour ceux qui suivent la Loi de la Jungle ! Comme disait Kipling.