Andréa Brignone Associé Exact
Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …
(BFM Bourse) - Les périodes de baisse brutales ont souvent un avantage : elle permettent de rendre visible l'invisible. En effet, la spéculation étant majoritairement orientée à la hausse, une baisse brutale va avoir tendance à mettre la pression sur les opérateurs qui travaillent avec un levier élevé et qui vont avoir tendance à se désengager pour justement ne pas avoir à faire face à un appel de marge. Ceci accélère la baisse et augmente la volatilité d'un titre. Comme nous l'avons déjà dit dans d'autres articles, la volatilité d'un actif augmentant, son niveau de risque augmente et les gestionnaires, pour rester dans les clous de la gestion prudentielle, vont se débarrasser de cet actif. Quitte à y revenir quand la volatilité sera plus réduite. En attendant cela contribue encore à augmenter la volatilité. Les raisons psychologiques y sont pour quelque chose, mais les raisons techniques aussi. Ainsi les titres sur lesquels s'est portée la spéculation à la hausse risquent d'être les plus vulnérables à une baisse générale, sans que forcement leur fondamentaux aient changés en quoi que ce soit. Ceci nous donne une première indication. En effet si la tendance de ces titres n'a pas changé et s'il n'y a pas eu de changements dans les fondamentaux, on peut penser que ce seront des titres à fort rebond par la suite. Ceci peut être vrai à condition que ce soit des titres fortement traités et d'une certaine capitalisation. Typiquement ce seront des titres du CAC40.
Un deuxième enseignement nous est donné pour les titres à capitalisation moins importante (typiquement le SRD moins le CAC 40). Dans une journée de baisse comme aujourd'hui (24 Juillet 2007) un certain nombre de titres du SRD ont bien résistés. Par exemple : Guyenne et Gascogne, Gemalto, Oberthur et Altran. Et dans des volumes importants. Ces titres sont à mettre sous surveillance et si la hausse continue peut être y a-t-il de sérieuses raisons à cela.
Maintenant passons à d'autres types d'informations que nous apporte une baisse brutale. Les périodes de baisse brutale permettent de déterminer les supports. Et qui dit support dit niveau de risque : un support est toujours une référence quand on prend une position. Il permet de former un point de résistance c'est-à-dire une indication de stop possible et donne ainsi un niveau de perte maximale admissible. Mais entendons nous bien ! N'est pas support le niveau de clôture atteint après une journée de forte baisse. Il y faut ajouter quelques informations supplémentaires. Idéalement il faut attendre la période suivante (semaine, journée, heure, minute, selon votre horizon de temps) pour pouvoir commencer à penser que le point atteint est un support. Mais quelques indications supplémentaires peuvent vous y aider :
Est ce que dans le passé (pas trop éloigné) ce cours a été un point de rebond et de préférence avec des volumes intéressants ? Est-ce que ce cours repose sur une moyenne significative (par exemple 50 périodes) et qui est en hausse ? Est-ce que l'on est sur un point de retracement de Fibonacci ? Est-on sur la ligne inférieure d'un canal haussier ? Est-on sur la bande inférieure d'une bande de Bollinger, qui est elle-même haussière ? Ou sur la branche inférieure d'une fourchette d'Andrews ? Est-on à la conjonction de plusieurs moyennes sur des horizons de temps différents ? Des divergences sur les indicateurs apparaissent t'elles ? Voit-on apparaître un doji à la clôture ?
Bref, je vous laisse imaginer tout autre moyen de vérification de façon à ne pas tomber sur un faux support. Cependant il faut dire encore une fois que pour qu'un support devienne solide il faut que vous puissiez vous appuyer sur une tendance haussière. Si la tendance est baissière, il est bien sûr toujours possible de rechercher le point de retournement d'un actif qui a beaucoup baissé mais il faut pour cela beaucoup d'expérience, de flair et de chance. Il faut aussi se ménager un niveau de perte prévisible important. N'oubliez jamais qu'il n'y a qu'un point de retournement alors qu'il y a plusieurs points d'entrée quand vous êtes sur une tendance. Ce qui n'empêche pas que l'on puisse jouer les retournements à contre tendance mais aussi avec de l'expérience, une bonne connaissance des supports et résistances et à condition d'être rapide. Cependant la potentialité de gains est nettement plus faible qu'en jouant dans la tendance. Conclusion : les périodes de baisse brutale sont une mine de renseignements pour celui qui a la patience de rechercher ces indices.