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Andréa Brignone : Pétrole, dollars, et autres...

vendredi 20 juin 2008 à 09h41
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Vous n'êtes pas sans avoir remarqué qu'actuellement les cours de bourse sont corrélés de façon négative aux cours du pétrole. De même, les cours du pétrole sont corrélés de façon négative à l'évolution du dollar. Il y a cependant une autre variable que l'on néglige, c'est l'évolution des taux d'intérêt.

Ce ballet bien réglé, opère de la façon suivante : Afin de relancer l'économie américaine, les autorités monétaires des États-Unis ont émis des quantités considérables de dollars depuis 2001, et pratiqué une politique de baisse des taux d'intérêt. Cette offre de dollars importante s'est trouvée, à un certain moment, supérieure à la demande. La demande d'une monnaie est fonction du volume des transactions opérées dans cette monnaie. Dans le cas d'une monnaie de réserve comme le dollar, elle va être aussi fonction d'anticipations sur l'évolution future de son cours. Elle est aussi fonction de la rémunération que procure cette monnaie lorsque celle-ci est placée à vue ou à terme dans des instruments monétaires. On a donc ici une relation directe entre les taux d'intérêt offerts dans une devise et la demande de cette devise. Si les taux d'intérêt sont bas, la demande en tant que monnaie de réserve va être faible. Si l'offre est abondante, le prix de la devise va donc baisser par rapport aux autres devises. Surtout, s'il y a un différentiel de taux d'intérêt en défaveur de la devise ainsi étudiée. Ainsi, le différentiel de 2 à 2.5 % entre la devise américaine et la devise européenne, peut suffire à faire baisser le dollar. À cela, s'ajoutent les inquiétudes concernant la croissance économique, le déficit budgétaire et le déficit commercial. Nous avons ici résumé les principaux paramètres qui peuvent jouer sur le dollar.

Cette baisse du dollar entraîne pour les pays fournisseurs de pétrole, une baisse de recettes, s'ils se contentent de maintenir les prix. Pour maintenir leur pouvoir d'achat, ils vont donc procéder à une hausse, pour le moins proportionnelle à la dévaluation de fait, de la devise dans laquelle se font les transactions. En l'occurrence le dollar. Cependant, il s'agit de plus d'une monnaie de réserve, une prime de risque va donc être ajoutée. Les mouvements de spéculation vont amplifier la hausse sous le prétexte que l'on risque, à terme, de se trouver avec un déséquilibre très fort entre la demande et l'offre. Ce qui n'est pas le cas actuellement.

En effet, venant de passer une semaine dans un pays pétrolier, j'ai pu me rendre compte sur place, que de nombreux gisements sont très loin d'être exploités. Les discussions menées avec en particulier des géologues m'ont convaincu qu'il existe encore de très nombreuses possibilités en matière pétrolière. D'ailleurs, ce qui est curieux c'est que les marchés financiers s'affolent pour des perspectives à long terme. Il y a donc dans le cas du pétrole, soit une manipulation soit un affolement à la mode. Bien sûr, tout cela n'est pas perdu pour tout le monde. En effet, la hausse immodérée du pétrole arrange les pays producteurs, les fournisseurs d'énergie alternative, les fournisseurs d'énergie tout court et j'en passe. Il est difficile de se faire réellement une idée des conséquences d'un pétrole cher. En effet, d'un côté l'activité économique telle que nous la connaissons risque d'en pâtir. Mais d'autre part, les développements qui ne manqueront pas d'accompagner la recherche d'énergie de substitution peuvent avoir un effet très positif sur l'économie.

Cependant à court terme la hausse du pétrole est subie comme un facteur de réduction de la croissance économique. Ajoutée à la crise financière, cette inquiétude a pour conséquence une baisse des cours de la bourse. Voici pour le raisonnement économique. Il faut cependant prendre aussi en compte les effets de focalisation. À certaines périodes, la bourse se focalise sur un paramètre particulier. En ce moment il s'agit du pétrole. À d'autres moments, il s'agit du dollar. Ce pourrait être ensuite le cours de l'or. Etc.

L'investisseur aura intérêt à comparer les courbes à long terme de ces différents paramètres et de regarder leur évolution. Afin de nous faire une idée plus précise et d'en tirer d'éventuelles conséquences en matière d'investissements, nous regarderons la semaine prochaine l'évolution des différents éléments dont nous avons parlé aujourd'hui. Ceci nous permettra de nous constituer un petit tableau de bord qui pourra être précieux lors des affolements du marché.

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