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Andréa Brignone : Les marchés vous saluent bien bas...

vendredi 24 octobre 2008 à 12h06
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Oui, les marchés vous saluent bien bas ! Vous les Manipulateurs du verbe, Cassandres à la voix pleine de larmes, Moralisateurs d'après la bataille, Experts à l'ego replet et satisfait. Rien n'y fait, quelles que soient les mesures, le CAC 40 se promène dans un range, saluant toute initiative pour en prendre ensuite la mesure et revenir à ses positions basses.

« Les « ultra libéraux » sont en pleine déconfiture, le keynésianisme est de retour ! » Pourquoi « ultra », d'ailleurs, mot qui sent son extrême gauche révolutionnaire. En réalité, la théorie néoclassique (libérale) et la théorie keynésienne ne sont que deux aspects de la réalité de l'équilibre économique (Voir à ce sujet Brignone, Lambert, Martinet et Savall : Encyclopédie de l'économie, Larousse, Paris 1978 pages 212-243 ou mieux encore Don Patinkin : La monnaie, l'intérêt et les prix, PUF Paris 1972).

En réalité, les marchés ont leur mécanique et leur propre énergie cinétique. Tant qu'un mouvement n'a pas épuisé son énergie, il se continue et en fin de cycle, les marchés rebondissent comme une balle sur un support, de moins en moins haut. Jusqu'à retrouver une énergie qui les propulsera dans un sens ou dans un autre. Ces oscillations sont en particulier visibles en utilisant les retracements de Fibonnacci.

En réalité comme d'habitude, les marchés ont été le baromètre des importants dysfonctionnements du monde moderne. Comme à leur habitude les marchés sur réagissent, mêlant les informations précises et un environnement émotionnel. Cet environnement émotionnel est amplifié par la caisse de résonance des médias qui fait état d'un pessimisme plus noir que noir. Il est toujours difficile de regarder le panorama quand on est au fond d'un puit. Et tous les acteurs économiques, au cœur de la tempête ne peuvent voir ce qui est en train de se passer. Nous faisons le pari que la crise financière et peut être la crise économique qui suit ou suivra sont en réalité l'aspect visible d'un changement très profond de la civilisation telle que nous l'avons connue.

Ce changement a réellement commencé avec la diffusion des techniques de traitement de l'information. Il s'est cristallisé avec la création de l'Internet. L'Internet a commencé à changer les relations commerciales entre producteur et consommateur. Il a modifié la distorsion de l'asymétrie de l'information des agents économiques, chère à l'économiste Akerlof Prix Nobel d'économie 2001. Le consommateur commence à se rendre compte qu'il a surpayé certains produits et services. Cette diffusion des techniques de l'information a permis à la fois la mondialisation et la diffusion des techniques et des opérations financières. On parle de la refondation du capitalisme, mais en réalité cette refondation est déjà en marche. Les stocks de capitaux sont passés d'ouest en est et parfois du nord au sud. L'ambiance générale et particulièrement en France de mettre l'Etat à toutes les sauces n'est qu'un réflexe datant du XIX ème siècle ou au mieux du XX ème. Cela rassurera peut être les foules, mais ne fera qu'ajouter à terme des rigidités qui ne correspondent plus à un monde basé sur la vitesse. Cette illusion de protection fait oublier que le développement économique est basé sur la prise de risque raisonnée. Et que la vérité est que l'on doit trouver de nouveaux modes de croissance, de nouveaux produits, de nouvelles sources d'énergie et de nouveaux moyens de financement. Ce n'est pas en fabriquant de nouveaux assistés que l'on sortira de cette crise, mais essentiellement par l'imagination. Cette imagination existe. En France, de nombreux créateurs d'entreprise essayent désespérément de développer leur affaire à partir de produits innovants et répondant à des besoins réels. Le problème est que il existe très peu de structures en mesure de les financer et de les aider à se développer. Certes, il y a des business angels et des sociétés de capital risque. Mais la plupart du temps ces investisseurs ne raisonnent que sur des éléments comptables. Et que ces éléments comptables n'existent pas lors de l'émergence d'une véritable idée novatrice. Quels éléments comptables pouvaient fournir Apple ou Google au moment de leur création ? Quel élément comptable peut fournir cette petite société française qui a mis au point un dispositif pour récupérer de l'eau à partir de l'humidité de l'air à partir de l'énergie solaire ? Le grand défaut du système bancaire actuel est essentiellement dû au fait que les banquiers ne sont plus des banquiers, mais les servants de machines modélisées qui ont oublier que la finance c'est essentiellement des hommes et des paris sur les hommes. D'où un déficit de possibilités de profits ce qui conduit à la recherche de produits de façade présentant toutes les garanties. Sauf que la base est complètement faussée. Pour relancer la machine, il faut des projets et des projets nouveaux et qui semblent maintenant en dehors des normes du raisonnement de la pensée unique.

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