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Andréa Brignone : Le rêve d'hitler...

vendredi 15 octobre 2010 à 15h43
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Le rêve d'Hitler était de transformer Paris et la France en désert industriel et en lieu de plaisir. Soixante cinq ans après nous allons réaliser son rêve. Par aveuglement, par rodomontades, par désir de fainéantise et parce qu'une partie de la population continue à baigner dans un marxisme qui date d'un autre siècle. Pendant que les autres pays travaillent et rattrapent la crise, nous défilons, nous sommes en grève et des mouvements irresponsables font bouger les lycéens paralysés par la peur de l'avenir. Et pourtant peur et jeunesse sont antithétiques ! Cette peur est le résultat d'une société trop protégée et trop cocoonée. Que fera-t-on avec une jeunesse qui a peur et dont le rêve est d'être fonctionnaire ! Biologiquement la peur sert à deux choses : fuir ou combattre. Pas à paralyser. Heureusement ce terreau de pusillanimes produit aussi de belles fleurs d'aventuriers, comme l'Union Soviétique a produit après sa chute, de nombreux chefs d'entreprises et je ne parle pas seulement des oligarques. Au delà des sentiers battus et des mordus des collectifs et du collectivisme, vivent et croissent les grands fauves qui font avancer l'humanité.

Et finalement des entreprises étrangères commencent à remettre en cause leur implantation en France. Ajoutons à cela une dépense publique qui représente 52 % de la dépense totale et nous aurons un tableau des boulets qui empêche notre pays d'être un concurrent efficace dans la course mondiale. Pire ! Cet environnement tue les efforts d'une frange d'entrepreneurs et d'aventuriers de la croissance français qui jettent l'éponge ou qui vont exercer leurs talents ailleurs. Les riches sont partis. On décourage maintenant les entrepreneurs dont dépendent les emplois de demain. Car contrairement à ce qu'annoncent les associations d'élèves, en matière d'emploi et contrairement aux idéologues des 35 heures, il n'y a pas un gâteau que l'on partage, mais un gâteau qui grossit quand les conditions établies par les gouvernants le permettent.

Dans ma naïveté, je pensais que les députés élus par le peuple devaient limiter les gouvernements dans leur appétit pour les revenus des contribuables. Et c'est eux qui poussent à la dépense au lieu de limiter et réduire les dépenses publiques. Ajoutant ainsi quelques boulets à la croissance. Bien sûr, pour un homme politique, disposer d'argent public lui permet d'asseoir son pouvoir. Mais cela se fait au détriment de la croissance. Il faut relire Frédéric Bastiat et ses débats avec Lamartine : l'argent qui passe dans les caisses publiques ne profite pas à la croissance. Il faut dans notre pays, impérativement réduire la dépense publique. Il faut aussi qu'un jour, les Français comprennent les mécanismes économiques et se rendent compte que nous sommes dans une économie mondialisée qui leur a d'ailleurs profitée.

Au contraire, on continue à alourdir les prélèvements pour nourrir la dépense d'État. N'oublions pas que nous sommes en déficit primaire depuis plus de 20 ans (sauf en 1999, 2000 et 2001 pendant les années de forte croissance américaine). C'est-à-dire que nous empruntons pour que L'Etat puisse fonctionner et non pour investir ou rembourser la dette (contrairement à l'Italie et l'Allemagne).

Conclusion : en continuant de cette façon, il ne nous restera plus qu'à exploiter nos ressources touristiques pour pallier la disparition de notre industrie et services d'avant-garde. Encore faut-il bien le faire. Et le rêve d'Hitler sera réalisé. Un peu pessimiste peut être mais réaliste sans doute.

Dans ces conditions, quelles peuvent être les pistes pour un investisseur de moyen terme ? Curieusement, les stratégies, que j'avais indiquées au plus fort de la crise (voir les anciennes chroniques sur ce site), restent encore valables. D'abord éviter tout ce qui est actif à revenus fixes. En effet, les taux d'intérêts monteront un jour ou l'autre et la valeur de ces actifs diminuera. Les emprunts d'État sont à éviter plus que les autres à cause de leur faible rendement. Évitez les banques et les assurances sur lesquelles pèsent des contraintes dictées plus par des raisons politiques que des raisons de marché et qui peuvent encore recéler des actifs dévalorisés. Les actions des grandes sociétés industrielles et qui vendent aux pays émergents, sont toujours à privilégier mais à condition d'être sélectif. Non pas à cause des risques mais à cause de leur potentiel de valorisation, car depuis la crise un certain nombre d'entre elles se sont appréciées. Ne négligez pas non plus certaines sociétés du SRD.

Quels critères de choix retenir ?

D'abord les dirigeants : sont-ils de vrais industriels ou des parachutés d'organismes divers ? Les marchés : l'entreprise fait elle ses bénéfices en dehors de l'Europe et de la France ? Est-ce que la diversification géographique est suffisante ? Ne misez pas sur une société dont toutes les exportations se font en Chine par exemple. En cas de retournement, l'entreprise risque de voir ses profits disparaître. Les zones de production : même remarque que pour les marchés. Les produits : l'entreprise a-t-elle un leadership dans ses produits ? Détient-t-elle une part significative du marché ? Les commandes dépendent-elles de la dépense publique ? Si oui, évitez ! Bref ! Adoptez un comportement de bon sens à l'abri des chants des sirènes. Dans les périodes d'incertitude les risques sont plus grands mais les possibilités de profit aussi.

Andréa Brignone

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