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Andréa Brignone : Le grand stress de la position intermédiaire

jeudi 25 janvier 2007 à 19h06
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Vous avez sûrement vécu le stress de la position intermédiaire. Vous prenez une position à la vente ou à la baisse que vous jugez fondée. Ensuite marché va dans le sens inverse de vos espoirs. Comme vous avez pris votre position sur des arguments valables, vous tenez. Le marché continue à aller contre vous. Votre inquiétude commence à augmenter. Finalement vous vous trouvez assez loin de votre entrée avec des pertes relativement importantes. Votre confiance en vous vacille. Vous êtes à deux doigts d’abandonner votre position, mais un reste de lucidité vous fait prendre en compte les arguments qui vous ont décidés à entrer dans le jeu. Vous n’avez qu’un espoir, c’est que les cours remontent à votre prix d’achat pour pouvoir sortir du cauchemar. Et miraculeusement, les cours partent dans votre sens. Vous atteignez votre prix d’entrée et tout heureux vous sortez de votre position, content de n’avoir rien perdu et même d’avoir fait un petit bénéfice. Sitôt la position abandonnée, le marché va très fortement dans votre sens et vous constatez que vous auriez pu faire beaucoup d’argent.

Tout le monde a connu les affres de la position intermédiaire. Ces positions sont génératrices de beaucoup de stress et de frustrations. Parfois, elles engendrent plus de frustrations que les pertes réelles et pratiquement toujours plus de frustration que les pertes raisonnées et petites.

Illustrons ce commentaire sur le graphique ci-dessous de Michelin :

La tendance est à la hausse, les courbes de Bollinger bien parallèles. Nous estimons qu’il est temps de prendre la position indiquée par la flèche soit à 67,2. Dans un premier temps le marché va un peu dans notre sens, puis fait un double top et part à la baisse. Les cours sont inférieurs à 65. Nous sommes désespérés, puis les cours remontent à 67, 2. Nous sommes soulagés et pour mettre fin à nos tortures, nous vendons, heureux de nous en en tirer à si bon compte. Presque immédiatement Michelin repart sans nous pour atteindre pratiquement 73,4. La frustration est grande.

Comment éviter une telle situation ?

Il y a la fois des mesures techniques et des mesures psychologiques pour faire face à cette situation.

Les mesures techniques :

Comme nous l’avons vu lors de nos précédents articles, nous commencions à être loin de la moyenne. Donc un retour vers celle-ci était possible. Ensuite nous n’avons pas acheté sur un support. Ce support était indiqué par le précédent champs de bataille (période de stase ou acheteurs et vendeurs se regardent en chien de faïence et qui se situait entre la fin octobre et le début novembre). Support qui a été touché par la valeur avant de reprendre son ascension.

Finalement nous avions raison de prendre position, mais le timing et le niveau n’étaient pas bons. En conclusion, il faut attendre qu’une valeur soit sur un support ou sous une résistance pour pouvoir prendre sereinement une position. Ensuite, comme nous l’avons déjà dit la position du cours par rapport à la moyenne donne un renseignement précieux sur le niveau de risque ; un cours trop éloigné de la moyenne aura tendance à y revenir.

Un deuxième point technique consiste à se fixer un niveau de fuite (le stop loss). Pour éviter de souffrir, il faut se fixer un niveau de perte que l’on peut supporter sans trop d’inconvénients, tant du point du capital que du point de vu psychologique. Ce niveau de perte doit être intégré dans les calculs et surtout doit être accepté avant et pendant l’opération. Sinon on ne sortira jamais.

Les mesures psychologiques.

Elles sont de deux ordres :

Les premières consistent à augmenter sa confiance en soi. Pour cela la meilleure solution consiste à revoir les raisons pour lesquelles on a pris sa décision. Si ces raisons restent valables, il n’y a pas de raisons de se dire que l’on est idiot. On a pris le risque à partir d’une situation donnée et on n’a pas suffisamment affiné son travail. La prochaine fois on essayera de mieux faire. Quitte à écrire sur un pense bête tout ce qu’il faut vérifier avant de prendre définitivement la décision.

Les deuxièmes consistent à éviter de prendre en compte tout ce qui ne concerne pas la position proprement dite. Comme par exemple se dire « je vais perdre de l’argent dont j’avais un meilleur emploi » ou encore « le marché est toujours contre moi » et toutes sortes de pensées qui ne résolvent pas le problème mais démolissent sérieusement le trader. Il y a une situation de marché à un moment donné et une position de prise. Est-ce que cette position est en accord avec ce que je pense du marché ? Oui ou non. Si c’est oui, il faut attendre. Si c’est non il faut sortir plutôt que de se torturer. Car les tortures laissent des traces et obéreront vos futurs trades.

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