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Andréa Brignone : Le grand evenement est arrivé

vendredi 7 novembre 2008 à 17h17
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Le Grand Evenement est arrivé. Et le Microcosme Parisien, comme l'appelait Raymond Barre, de s'extasier : la Grande Amérique, l'Unique Amérique a élu pour la première fois un Noir aux commandes du plus grand pays du monde, etc, etc... On oublie que des empereurs romains étaient noirs, que la majorité des pharaons étaient noirs et qu'il y a presque 40 ans le deuxième personnage de l'Etat Français, Gaston Monerville, Président du Sénat, était noir : bref, tout ce petit monde sautillant qui a déjà oublié l'histoire, oublie une seule chose : Barack Obama est Américain. Ce qui veut dire que tous les espoirs d'humanisme et autres discours destinés à exciter l'émotion ne sont que des « discours pour les pauvres », comme disent les Russes. Obama est Américain, c'est-à-dire que son principal intérêt est l'Amérique ou plutôt les Etats-Unis. C'est-à-dire le Business. De ce fait, la principale préoccupation d'Obama quand il sera aux commandes (cela eût été du pareil au même avec Mc Cain) sera « comment faire payer au reste du monde les erreurs des banquiers et du business américain ? »

Car, comme je le disais déjà au mois de mars 2008, le jeu des Américains consistera à faire croire au monde entier qu'il faut les aider, sinon cela sera la récession mondiale. Et les bougres ont réussit à faire croire à nos gazetiers et hommes politiques divers et variés que nous étions dans le même train. Pour aider à la chose, ils ont laissé tomber Lehmann Brothers. Pourquoi ? Parce que Lehmann devait surtout de l'argent aux banques étrangères, par exemple Paribas pour 500 Millions d'euros ou encore Axa qui était d'ailleurs son premier actionnaire etc. Bien joué ! Ce sera cela de moins que payera le contribuable américain.

La psychose de la crise s'est bien installée, même si celle-ci n'est pas ressentie dans tous les secteurs. Une fois la crise solidement déclenchée dans le reste du monde, il ne restera plus qu'aux Etats-Unis d'expliquer qu'il est nécessaire de bien collaborer pour faire redémarrer l'économie américaine sous le prétexte qu'elle est l'économie la plus puissante du monde. Les arguments ne manqueront pas : le marché américain représente 20 % de la consommation mondiale, le Dollar reste la monnaie de réserve etc. Ils disposent d'autre part de tous les outils de propagande nécessaires : n'achète t-on pas leurs films et vidéo dans le monde entier ?

Mais la partie n'est pas encore gagnée pour les Américains : d'abord parce que certains hommes politiques européens commencent à entrevoir la stratégie et que les Européens et surtout les Français, sont suffisamment endettés et taxés. Ensuite, parce que les pays émergents et en particulier les BRIC s'invitent au bal. Et manque de chance, c'est eux qui détiennent les réserves de change et sont les principaux souscripteurs de la dette américaine. Donc du sport pour la prochaine grande réunion de la semaine prochaine.

En ce qui concerne les Européens, ils vont et c'est le moins que l'on puisse dire avec les idées brouillées. Et cela pour plusieurs raisons :

D'abord la crise a bien arrangé la popularité de certains hommes politiques qui étaient en perdition comme Gordon Brown, par exemple. Faire intervenir l'Etat plaît toujours au peuple. Il a l'impression que l'on fait payer les riches alors que c'est lui qui paiera la casse. Mais cela n'est pas nouveau, Claudius sous l'empire romain avait compris que ce sont les riches qui paient les gouvernements, mais c'est le peuple qui les élit. Il lui a seulement manqué un peu de temps, il s'est fait assassiné ! Dont acte : être démagogue est l'engrais de l'ambitieux.

Ensuite, cela plaît bien aux gouvernements qui peuvent ainsi redorer leurs blasons, nationaliser quelques entreprises et placer à leur tête ou dans les conseils d'administration des gens dont on ne savait pas trop quoi faire mais qui avaient rendus quelques services.

Mais en plus de cela, j'ai à mon humble avis l'impression que les Européens se préparent à aller à ce joyeux happening avec des idées et des concepts qui n'ont rien à voir avec le sujet, et qui sont un tantinet surannés : plus de réglementation, le contrôle des paradis fiscaux etc. Les marchés ont déjà réglé le problème. Ils n'ont besoin de personne. Alors que le vrai sujet est : est ce que l'Amérique est prête à assurer une saine gestion de sa monnaie au lieu de considérer que le monde est une vaste colonie qui doit accepter des dollars et que ne sachant quoi en faire, doit acheter des bons du Trésor Américain ?

Si j'étais américain, je dirais à tout ce beau monde que cela n'est pas mon problème, tant que ledit beau monde continue à accepter le Dollar. C'est au reste du monde de tourner ses regards ailleurs que vers New York. Mais la pensée unique a encore de beaux jours devant elle. Gageons que pour le moment il n'en sortira que de beaux discours.

En réalité, la crise financière n'est qu'un épiphénomène d'un monde qui change et d'une économie qui change. Elle se résoudra petit à petit. Les modes de consommation sont en train de se transformer et les produits offerts ne correspondent peut être plus à la demande. Une fois de plus c'est d'imagination qu'il s'agit !

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