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Andréa Brignone : Lâchez nous un peu avec la crise…

mercredi 4 février 2009 à 12h17
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Bon maintenant le plein est fait : les hommes politiques ont engrangé leurs bénéfices de la crise, les gazetiers ont pu justifier plus d'un an de salaire, les chefs d'entreprises qui n'avaient pas su gérer leurs entreprises ont pu virer des milliers de salariés sans même entendre le moindre commentaire, alors que quelques mois avant on aurait crié au meurtre pour le licenciement de quelques dizaines de collaborateurs. On a même vu resurgir les nostalgiques de la plus grande escroquerie funeste du XXe siècle que l'on croyait enterrée sous le mur de Berlin, en train de digérer ses 150 000 000 de morts : un postier prônant la révolution, un philosophe inconnu qui a envie de se faire connaître, un sénateur en mal de public et qui revendique tout du marxisme (y compris je suppose les millions de morts), un syndicat qui se dit solidaire, c'est-à-dire solidaire des avantages catégoriels acquis et qui freinent tout le reste de l'économie. Ah j'oubliais ! Un tas de gens qui ont sorti des bouquins et un commissaire européen qui ne trouve rien de mieux pour se faire mousser que de s'attaquer au secret bancaire des trois derniers pays européens qui l'observent encore. C'est une attaque qui vient fort à propos en pleine crise bancaire et au moment où l'Europe aura besoin de tous ses capitaux. Les capitaux iront tout simplement ailleurs. Ce sont des réformes que l'on fait quand tout est calme, et pas uniquement pour se faire mousser et répondre à une soi-disant opinion publique qui s'en fiche éperdument (à part les susnommés fossiles qui oscillent entre Gracchus Babeuf et Marx).

Il est temps de construire et non de détruire. Les paradis fiscaux ne sont pour rien dans la crise, qui est due au fait, que pour des motifs justement solidaires, on a prêté à des gens qui ne pouvaient rembourser, et au fait que l'on fabrique des produits dont les consommateurs ne veulent plus. D'autre part les prix des actifs avaient dépassé toute mesure, c'est-à-dire leur valeur d'usage actualisée. Prenons un exemple simple : un actif immobilier qui rapportait bon an mal an autour de 5 % et qui par la hausse de sa valeur ne rapporte plus que 2 %. Il y a alors deux solutions : ou l'on augmente les prix des loyers du simple au double, mais alors la demande solvable disparaît, ou alors cet actif immobilier va voir sa valeur descendre pour revenir à un prix normal. C'est ce qui se passe, avec bien sûr quelques exagérations, tout le monde voulant vendre en même temps.

Reconstruire veut dire permettre aux entrepreneurs de lancer ou relancer leurs projets. Les politiques de soutien public ne sont pour rien dans un redémarrage de ce type. Elles répondent à deux besoins : celui de montrer à l'opinion publique que l'on fait quelque chose et celui d'atténuer les effets du ralentissement dans les industries qui n'ont pas fait le nécessaire, soit de leur propre faute, soit parce que les structures ne le permettaient pas. N'oublions pas le concept de destruction créatrice de Schumpeter. L'évolution se fait par destruction de ce qui ne correspond plus aux besoins des consommateurs afin de laisser la place aux innovations. Les politiques publiques ont aussi un autre rôle, celui de redonner confiance et de détruire les structures surannées. En ce sens, la politique menée actuellement en France va dans ce sens. Cela n'empêchera pas des résistances et des grincements de dents. Mais cela fait partie du jeu et il ne faut pas trop y prêter attention tout en surveillant les déviances possibles. Le vieux proverbe arabe « les chiens aboient et la caravane passe » prend ici tout son sens.

Les innovations qui vont être le moteur de la future croissance sont déjà là : nous n'avons pas épuisé les innovations liées à la société de l'information et déjà d'autres innovations apparaissent : dans le domaine des nano technologies, de la biologie, de l'énergie, de la mise en valeur de zones désertiques, dans l'industrie spatiale. D'autre part la baisse mondiale des taux d'intérêt, prouvant que de nombreuses liquidités existent préparent le redémarrage futur. Les placements dits « sûrs » qui auront bientôt une rentabilité nulle ou même négative, verront se détourner d'eux les investisseurs les plus motivés.

Il est temps pour les investisseurs de sortir de leur attitude frileuse et de commencer à regarder quelles opportunités vont apparaître. Ne vous laissez pas intoxiquer par le consensus. De nombreux ajustements seront encore nécessaires, mais c'est du côté des entreprises innovantes qu'il faut regarder et non du coté des mammouths. Si vous n'avez pas le temps d'analyser les entreprises ou les secteurs qui seront les champions de demain, il existe des trackers et des fonds qui pourront être des véhicules utiles pour s'intéresser à la reprise de demain. Nous essayerons de nous y employer lors des prochains articles.

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