Andréa Brignone Associé Exact
Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …
(BFM Bourse) - Cet article fait suite à celui de la semaine dernière et pendant ce temps l'affaire Madoff a fait des dégâts, mais sans beaucoup toucher les marchés. Des éléments plus importants peuvent jouer. Et en particulier, le fait que des fonds de Private Equity ont commencé à suspendre leurs remboursements à leurs clients. Cela semble être le cas pour Cerbérus et Blackstone. Ceci montre la limite du modèle du Private Equity pour les investisseurs. En effet ces fonds, par définition, travaillent sur des sociétés non cotées ou les font rayer de la cote. Ce sont ces fonds qui demandaient des performances de 15 % aux entreprises dont ils étaient actionnaires. Pour pouvoir gagner leur vie, il faut qu'ils puissent trouver des acquéreurs pour les actifs dont ils sont détenteurs. Et c'est ici que le bât blesse. Dans la période de frilosité que nous connaissons, les sociétés ne se précipitent pas pour racheter d'autres sociétés, ou alors les achètent à des prix bien plus bas que ces fonds ne les ont acquis. Ainsi, nous pouvons remarquer au passage, le rôle important des marchés financiers qui permettent en période de difficulté de négocier des actifs. Voilà une pierre dans le jardin des tenants de la fermeture des marchés pendant les périodes de crise.
Ces remarques nous amènent à nous poser une question. Sommes-nous arrivés à la fin de la période du « sell off », c'est-à-dire à la fin des ventes massives opérées par les fonds d'investissement afin d'obtenir des liquidités pour rembourser leurs clients ? Les volumes sur la Bourse de Paris, ces dernières semaines, sont tombés à peu près d'un tiers revenant à des chiffres comparables à ceux des années 2004-2005. Les séances de hausse et les séances de baisse connaissent à peu près les mêmes volumes. De même la volatilité a baissé. Phénomène de fin d'année ou niveau de prix qui n'incite pas les gros détenteurs à vendre ? C'est la question. La séance de vendredi dernier qui était la séance des 3 sorcières (je crois qu'il y en avait même quatre) a donné a un peu plus d'échange mais pas dans des proportions anormales, ni une trop forte volatilité.
Ces éléments plus le fait que l'on a semblé trouvé un support autour de 2955 font pencher en faveur d'un rebond technique pour la période des versements de dividendes. Mais les éléments techniques ne nous permettent pas encore de dire si cet éventuel rebond pourra se transformera en retournement. Nous considérons que l'on ne pourra commencer à envisager un retournement que si le CAC se maintient durablement au dessus de 3715.
Pour le moment, nous sommes encore dans un marché de traders. Dans ces conditions que doit on faire pour profiter d'un éventuel rebond ? Une solution possible consiste à utiliser la force relative. De quoi s'agit-il ? La force relative est le rapport entre le cours d'une valeur donnée et un indice de référence ou une autre valeur. Ce rapport sera ensuite comparé à la valeur de la période précédente (veille dans le cas de la période quotidienne) sous la forme d'un pourcentage. On considère qu'une valeur dont la force relative est supérieure à 0 (c'est-à-dire superforme l'indice) augmentera plus vite lors d'une hausse que le reste des valeurs de l'indice. Si l'on regarde la valeur relative des différentes valeurs du CAC 40 on peut observer que les valeurs suivantes superforme l'indice : (J'ai retenu ici les forces relatives hebdomadaires en ajoutant un critère supplémentaire. Je n'ai retenu que les valeurs dont la force relative n'est pas passée au dessous de 0 durant toute les deux dernières années). Nous trouvons : AXA, Vallourec, LVMH, Essilor, St Gobain, Vinci, Air Liquide, Bouygues, Danone, EDF, Schneider, Vivendi, Pernod, Accor, Michelin, Unibail.
Afin de cerner un peu plus une possibilité de rebond à court terme, regardons quelles sont parmi ces valeurs, celles qui ont une force relative positive, cette fois-ci sur une base quotidienne. On trouve pratiquement les mêmes valeurs.