Andréa Brignone Associé Exact
Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …
(BFM Bourse) - Ce matin, je jette un coup d'œil sur les sites de la Tribune, des Echos. Sur la Une de ces journaux, le G20 est en bonne place. Même chose sur le Figaro et le Monde. Je passe sur le Financial Times, pas un mot. Sur 24 ORE, pas un mot. Die Welt: un petit article, Wall Street Journal: un article sur la proposition de la Commission Européenne en matière de régulation financière sans citer le G20. Ah ! Me dis-je ! Voyons ce qu'en pense les Chinois : site du South China Morning post. Rien ! Les Indiens peut-être ? Le Times of India à la rubrique World ne mentionne même pas le G20. Les Brésiliens ? O Jornal do Brasil, pas une ligne ! Les Russes enfin ! Kommersant, rien !
Pas de doute les BRIC s'en fichent ! Comme les anglo-saxons et le reste du monde.
Bref ! J'arrête là. Le G20 serait-t-il une affaire franco-française ? D'une façon évidente la communauté financière mondiale a autre chose à faire que de regarder les gesticulations de cette aimable réunion. Et pour cause. Ce G20 n'a rien à dire ! Les bonus n'excitent que nos revanchards ! Les paradis fiscaux ? Peu de gens sont concernés, et ceux qui le sont finiront par quitter les pays qui sont des enfers fiscaux et deviendront résidents des fameux paradis fiscaux, comme cela se passe depuis 1995 pour la France.
Tout ce bruit, mes chers happies tax payers (contribuables, voir l'article portant ce titre il y a un certain temps sur Tradingsat) afin de ne pas trop vous inquiéter sur les taxes et les impôts, les déficits du budget et de la sécurité sociale, le fait que l'on a aucune idée comment relancer la croissance alors que l'on a plus un sou pour le faire, et plus grave encore que l'on va obérer cette croissance par des prélèvements inévitables. Le gouvernement a des soucis à se faire et vous aussi par la même occasion. Mais nous le savons tous, ce qui est important ce sont les élections.
Trêve de pessimisme : on vous aura fait tellement peur que voyant qu'à court terme les choses se passeront plus ou moins bien (et avec plus ou moins de prélèvements), vous serez heureux que les choses n'aillent pas plus mal. Quand on se donne des coups de marteaux sur la tête, cela est bon quand on arrête. Et pour reprendre la formule des Shadocks, il faut taper toujours sur les mêmes, cela fait moins de mécontents.
Alors camarades contribuables et actifs de la nation, que vous reste t-il à faire ? Si vous êtes retraité, il va falloir protéger vos actifs et les rendements de vos actifs. Si vous ne l'êtes pas il va falloir protéger vos futurs actifs qui vous seront indispensables pour votre retraite.
D'abord ne croyez pas à l'antienne à la mode de l'inflation faible. Les prix à la consommation augmentent sans arrêt et surtout dans l'Ile de France, la Côte d'Azur et ainsi de suite. Il ne peut en être autrement, surchargés qu'ils sont de prélèvements. Donc actuellement les rendements de votre trésorerie ou des emprunts que vous avez souscrits ou que vous allez souscrire (petit clin d'œil à l'emprunt qui vient) vous assurent des intérêts négatifs. Première conclusion : ne souscrivez à des actifs à revenus fixes que si les taux d'intérêts sont au dessus de 7%. (J'escompte une inflation réelle d'au moins 5% pour les années qui viennent, je dis bien réelle c'est-à-dire correspondant à vos dépenses et pas celle définie par les indices officiels). Sinon il vous reste à vous tourner vers les actions et autres valeurs à revenus variables.
Profitez des niches fiscales (à tout le moins celles qui resteront en place). En effet même dans un enfer fiscal il y a des coins de paradis : PEA, assurances, loi Scellier etc.… N'hésitez pas à passer le temps qu'il faut pour étudier les différents systèmes et ne faites pas trop confiance à tous ceux qui vous proposent des moyens de défiscalisation, après avoir forcé votre porte à la suite d'appels téléphoniques ou autres. Surtout dans le domaine immobilier.
Comme je ne crois pas à une croissance importante dans notre pays (ou alors il faudra que l'Etat prenne de véritable mesures de restrictions budgétaires et supprime environ un million de fonctionnaires sur les sept existants, mais Pinay est décédé depuis longtemps), investissez dans les sociétés dont les bénéfices se font dans les pays émergents. C'est une antienne que j'ai déjà tenue dans des articles précédents. Relisez les.