Andréa Brignone Associé Exact
Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …
(BFM Bourse) - Drôle de rentrée ! De l'agitation dans tous les sens : grippe porcine, G20 en préparation, postures et gesticulations. On essaye de donner de l'importance à des choses qui n'en ont pas, de façon à cacher et oublier les problèmes sur lesquels on n'a aucune prise. Les hommes politiques du monde occidental sont dans un désarroi total. La « crise » dont ils espéraient qu'elle apporterait, vis-à-vis de leur opinion publique, la démonstration de la maîtrise des événements est en train de leur exploser à la figure. Pourtant Dieu sait s'ils l'ont mise en musique cette « crise » ! Ce serait la plus grande crise de tous les temps et nous montreront comment nous, les Etats nous pouvons vous assurer que nous gérons l'imprévisible ! Imprévisible, dû justement à l'incurie des hommes politiques. Il n'y aurait pas eu de problèmes de subprime si la Présidence Clinton n'avait pas voulu distribuer des crédits à des gens qui ne pouvaient rembourser. Et les produits dérivés qui en ont résultés étaient indispensables pour financer un système non viable. Il s'agissait de reporter dans le futur des problèmes insolubles dans le présent. Et l'inflation des actifs a été la conséquence d'une politique laxiste de la Federal Reserve en matière d'émission de dollars destinée à faire porter les problèmes des Etats-Unis par le reste du monde.
Désarroi dis-je des hommes politiques occidentaux qui reprochent aux financiers leurs vues à court terme alors qu'eux -même ne gèrent que l'immédiat. Désarroi toujours devant les déficits publics abyssaux qu'il faudra bien financer en taxant les citoyens.
Une preuve de cela ! Simplement le niveau des taux d'intérêt ! Ils sont bas ! Pour ne pas dire zéro ou négatifs compte tenu de l'inflation.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Simplement que l'on privilégie le présent immédiat au lieu du futur. Quand les taux d'intérêt sont bas cela veut dire que le futur ne vaut rien ! Qu'il n'y a pas de projets ! Et que l'espoir est à son plus bas niveau. Carpe Diem ! Vivons l'immédiat ! Même si cet immédiat n'est pas rose ! Mais imaginer le futur demande trop de vision. Et beaucoup d'engagement !
Endormons l'opinion publique pour qu'elle ne s'aperçoive pas que l'on va dans le mur. Et quoi de meilleur par exemple qu'une bonne épidémie. Cela fait peur. En plus cela va dans le sens des lobbies de la santé, qui est une industrie puissante et qui a besoin de relais de croissance. Le coup du tabac s'épuise, le cancer se banalise, le stress et les dépressions il y a des moyens de s'en sortir sans médicaments ni médecins. Vite une bonne pandémie ! Et en plus, politiquement c'est gagnant sur tous les tableaux : si l'épidémie n'est pas ravageuse, on se félicitera des mesures prises. Si elle est ravageuse, on vous dira heureusement que nous avons investi pour que cela ne devienne pas une catastrophe mondiale.
Endormons l'opinion publique avec les bonus, les paradis fiscaux et toutes choses sans intérêt mais qui flatte l'esprit revanchard et jaloux du public.
Cela permettra de justifier les hausses d'impôts pour couvrir les déficits du budget (plus de 100 milliards en France) consécutifs aux plans de soutien à l'économie ; plans ravageurs et court-termistes. Car une fois de plus on a privilégié le court terme au long terme, renvoyant joyeusement aux générations pas si futures que cela, le poids de nos errements. Dormez bonne gens, le guet veille. Sur votre santé, vos avoirs et votre bonheur !
Certes cette stratégie de la peur a des échos dans des populations vieillissantes, qui possèdent quelque chose et ne veulent pas le perdre et qui n'ont aucun goût du risque : l'éthique de la repentance, de la peur, de l'émotion et du bannissement du concept même de la mort convient à une population endormie. Un exemple, la solidarité tant vantée ! Cela revient à détourner les ressources destinées à la croissance vers la paix sociale. En un mot cela revient à favoriser les « pauvres » d'aujourd'hui en créant la pauvreté de demain !
Et pendant ce temps ….
Pendant ce temps, les pays non occidentaux, dont les populations travaillent et ont le goût du risque, bâtissent leurs économies sur notre solidarité et notre fainéantise. Ici aussi les taux d'intérêt sont un bon indicateur : des taux d'intérêts bas indiquent le faible niveau de risque d'une économie et donc son faible taux de profits et de croissance et la faible appétence pour le risque. A titre d'exemple pour le premier trimestre 2009 (chiffre OCDE, taux annuels interbancaires au jour le jour, USA : 0.18%, zone euro : 1.06 %Brésil : 18.41%, Chine : 6% , Inde : 6%, Russie : 13%).
Mais que tout cela ne vous empêche pas de vous intéresser aux marchés financiers. Il y a de l'argent à gagner. La preuve, c'est actuellement la principale source de profit pour les banques. Et n'oubliez pas de venir au salon du trading où je ferai une conférence sur l'intuition en matière de trading (invitation http://salonat.com). La suite de cet article la semaine prochaine. (à suivre).