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Andréa Brignone : Joyeux noël, economie et espoirs

jeudi 20 décembre 2007 à 19h02
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Le catastrophisme ambiant hérisse notre esprit contrarien et nous fait penser que les choses ne vont pas aussi mal sur la planète que l'on veut bien le dire ou tout au moins on peut l'espérer en cette fin d'année. Annus horribilus penseront les banquiers et tant d'autres. Surtout ceux qui se sont aperçus que la nature a horreur de la continuité. Les modèles mathématiques ne se trompent pas. Mais ils fonctionnent dans des conditions précises et quand ces conditions ne sont plus réalisées nous entrons dans le domaine de l'aberration. Ce ne sont pas les « quants » (spécialistes des salles de marché en charge de l'utilisation des modèles mathématiques de pricing et autres) qui sont responsables des erreurs mais ceux qui sont censés vérifier que les modèles continuent à s'appliquer dans des conditions qui ont changé et des hypothèses qui s'éloignent de la réalité.

Souhaitons que cette fin d'année voit revenir le bon sens et que dans la finance comme ailleurs, les intervenants réfléchissent un peu plus que des moutons de Panurge. Mais il est vrai que dans l'environnement informationnel moderne, rien ne les y contraint. Cependant l'exemple de Goldman Sachs est à méditer : en jouant à l'envers du reste du marché, ils ont accumulé de bien jolies plus-values et ils n'ont pas été les seuls.

La morale de cette histoire est que l'on peut gagner en suivant le marché mais il faut sortir à temps et la morale de la morale est que l'on peut gagner beaucoup plus non seulement en sortant à temps mais en prenant la position inverse.

La souplesse d'esprit est l'une des règles de la réussite sur les marchés. L'opérateur doit être en permanence attentif à changer son fusil d'épaule et à prendre le contre-pied de sa position passée. Certains signes informent le bon chasseur ; a lui de savoir les lire et de bien les interpréter.

Autre grande catastrophe annoncée, le changement climatique. Je ne suis pas un grand spécialiste en matière d'arboriculture ni un diplômé de l'Ecole des Eaux et Forêt. Mais tout ce gaz carbonique (pardon tout ce dioxyde de carbone pour parler comme les anglo-saxons et les media!) me fait penser au joyeux temps du Carbonifère. Et si cela était une chance pour nous ! Mais encore faut ‘il prendre le taureau par les cornes et planter des arbres. Il en a été planté plus que prévu par le plan de l'Onu (autour d'un milliard) mais il en faudrait encore plus. L'investisseur hardi de long terme a ici une opportunité. Le bois est une matière première dont on est loin d'avoir exploité toute la potentialité. Surtout avec les traitements modernes. Et en plus cela est une source d'énergie importante. De très nombreuses maisons sont chauffées au bois en France avec des pellets (compact de sciures). Tout ce gaz carbonique est donc une ressource. Encore faut-il que les hommes politiques ne s'en mêlent pas trop.

Toujours dans les catastrophes à venir : l'énergie. Complètement intoxiqués par nos monopoles qui ne cessent de monter les coûts de l'énergie, nous ne remarquons même pas ce qui se passe ailleurs. Un exemple en Turquie, tout immeuble récent est couvert de panneau solaire et de cuves à réchauffement solaire. Je n'ai pas vu l'équivalent sur la Côte d'Azur. Que nos grands cerveaux aillent faire un petit tour d'ici delà et pas seulement aux Etats-Unis, Mecque de la pensée européenne.

Un dernier point en cette fin d'année. J'avais cru comprendre que nos penseurs économiques avaient redécouvert ce simple principe : que l'on ne peut augmenter le pouvoir d'achat que si l'on produit plus. Il s'agissait donc de développer une politique dite de l'offre plutôt que la sempiternelle politique de la demande issue d'une mauvaise lecture de Keynes. Patatras ! L'encouragement de l'offre a sombré dans nos structures byzantines et il s'agit de distribuer du pouvoir d'achat qui n'a pas été produit. Comme il n'est pas possible de faire fonctionner la planche à billet (nos partenaires n'aimeraient pas) on tire sur les réserves d'épargne diverses et variées. Réserves d'épargne qui auraient été bien mieux employées à l'investissement. Mais le trimoteur France ne fonctionne que sur le moteur consommation. Alors pour éviter la catastrophe à court terme, il faut vider les besaces.

Nous espérons qu'en cette fin d'année on s'apercevra que 50 % du prix des biens et services français va à l'Etat. Et que l'on ne démarrera pas une vraie politique de l'offre sans réforme de l'Etat. La seule solution est de privatiser l'Etat dans de nombreuses fonctions. On renforcera les entreprises privées et l'on aura un état plus fonctionnel et des fonctionnaires mieux payés et mieux motivés. Ce n'est pas 15000 ou 50000 fonctionnaires de moins qui changeront les choses. Il en faudrait un million et demi de moins pour revenir aux standards européens. Et pour que le prix du pain à Paris soit le même qu'à Madrid. C'est-à-dire deux fois moins cher.

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